FAUST … and furious !

Le Faust de Charles Gounod revient sur la scène de l’Opéra de Paris après une absence qui surprend toujours face à la popularité de ce titre. Il faut dire que, même si Michel Carré et Jules Barbier, les librettistes chargés de l’adaptation de la pièce de Goethe, ont su détourner la quête originale du bon vieux Docteur Faustus d’un savoir absolu vers celle de la jeunesse éternelle, le livret de l’opéra reste malgré tout imprégné d’une moralité religieuse anachronique et poussiéreuse difficile à exploiter ou ignorer. 

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IGRA (Jeux) … set et match !

La bouillonnante Compagnie Kor’sia dirigée par Mattia Russo et Antonio De Rosa revient à Paris dans le cadre du Festival Paris l’Eté après un passage par le Théâtre de Chaillot en juin dernier avec Giselle (hélas restée dans ma wish list par manque de temps). Cette fois, la compagnie ibéro-italienne propose un moyen format (55 minutes) dont le point de départ est Jeux de Nijinski (1913), une pièce au contenu audacieux mais totalement éclipsée par le scandale à venir de son Sacre du Printemps. IGRA (Jeux) ne propose pas vraiment une ré-appropriation de la chorégraphie originale mais ambitionne un pont passé/présent autour du thème principal : le désir et une « réflexion sur le contexte historique et moral dans lequel l’œuvre fut créée ». Fallait-il à tout prix vouloir faire une analyse cérébrale de l’un des plus organiques sentiments humains au risque de jeter sur scène le résultat hétéroclite d’une séance de brainstorming ? Telle est la question que l’on se pose à l’issue de cette pièce un peu brouillonne dans son déroulé et son argumentaire mais loin d’être dénuée d’intérêt.

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JEAN-BAPTISTE, MADELEINE,ARMANDE ET LES AUTRES … restés sur le bord du chemin

Pour clôturer sa saison Molière, la Comédie-Française propose un nouveau spectacle autour de la vie du « saint patron » de la maison. Avec perspicacité, Julie Deliquet, sollicitée pour l’occasion et familière de ce genre de création sur un matériau littéraire mouvant, évite l’écueil d’une grande fresque biographique « à la Mnouchkine » et braque son projecteur sur une période bien précise : les quelques mois qui suivirent la création de l’Ecole des Femmes (1662). Cette pièce fut une petite déflagration dans le paysage dramatique (et néanmoins théâtral – clin d’oeil !) de l’époque avec pour réactions : malaises de prudes endimanchées, hauts cris à l’immoralité et virulents pamphlets de diverses cabales. Molière y répondra par la Critique de l’École des Femmes (1663) et l’Impromptu de Versailles (1663). C’est en partant de ces trois pièces que Julie Deliquet écrit un spectacle centré sur la troupe de Molière (et du « français ») dont la greffe prend moins cependant moins bien que son excellente adaptation de Fanny et Alexandre.

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GISELLE … révélation et illumination

Trouver le juste milieu pour faire de chaque représentation de Giselle une première fois est un art difficile pour le balletomane (un peu comparable au chemin de l’ascète bouddhiste qui doit renoncer à ce qu’il connaît et vénère -s’encombre- pour mieux découvrir et voir le monde). La traditionnelle reprise de ce monument de l’Histoire du Ballet romantique par le Ballet de l’Opéra National de Paris fut l’occasion à travers deux distributions de faire ce chemin. L’objectif ici n’est pas de les comparer, elles sont chacune unique et l’exercice n’aurait aucun sens (aussi peu que de comparer Picasso et Caravage), mais de montrer comment l’une juvénile et fraîche a su ébranler des certitudes et faire aborder la seconde, plus mûrie, en plein doute ; cette dernière débouchant sur une révélation et l’illumination suprême.

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UN CAFE AVEC … César Morgiewicz

Silhouette élancée, chaloupée et discrète, son sac de piscine en bandoulière, c’est ainsi que César Morgiewicz me rejoint. Il a 25 ans et s’est enfui de Sciences-po en 2019 : c’est pas moi qui l’invente, c’est écrit sur la quatrième de couverture de son premier roman. S’évader de Sciences-po, c’est pas non plus s’exfiltrer d’Alcatraz me direz-vous, mais quand vous sortez de Saint-Germain-des-Prés et qu’un parcours presque tout tracé vous y a conduit, cela relève selon moi d’un acte libératoire tout aussi courageux et salvateur.

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