Un café avec … Eric Ruf, de la Comédie Française

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A quelques volées de marches empourprées du sol des mortels, parcours ponctué d’illustres portraits, se trouve, semblant flotter dans les branches des platanes de la place Colette, une sorte de Wallalah … c’est dans son bureau, en toute décontraction et avec une aptitude déconcertante à vous mettre l’aise de son ton posé et bienveillant, que je retrouve Eric Ruf, administrateur général de la Comédie Française (entre autres activités dont il ne sera malheureusement pas directement question ici). Nommé à ce poste en 2014, il connait la maison comme sa poche et va nous expliquer son rôle de capitaine à la tête de cet immense vaisseau.  Lire la suite « Un café avec … Eric Ruf, de la Comédie Française »

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Hippolyte … la revanche sur Phèdre

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@ Caroline Frachet

Parti pour traduire la Phèdre de Sénèque, Robert Garnier l’enrichit des questionnements de son époque (1573) sur le rapport entre le corps et l’âme, la Nature et la Religion, les pulsions et la morale … il livre un texte méconnu, parfois archaïque mais souvent ponctué de fulgurances d’une modernité étonnante, …en tout cas sublime. Partie pour présenter une pièce qui servirait de fil conducteur à l’année passée à la Comédie Française par de jeunes acteurs (trices) et metteuses en scène/Scénographe, l’Académie encadrée par Didier Sandre, sociétaire de la maison depuis 2013, livre un pur bijou de théâtre et un condensé (de deux heures quand même !) d’émotion. Il n’y eu que trois représentations au Studio Théâtre de la CF mais on espère que cette magnifique production , que le format minimaliste permet de faire voyager simplement, aura une autre vie après la fin de l’année de la promotion 2016-2017 de l’Académie. Lire la suite « Hippolyte … la revanche sur Phèdre »

Le Testament de Marie … pour en finir avec la Vierge « javellisée »

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Voila enfin une injustice misogyne réparée !  car si Marie, (oui la « mother » de Jésus), occupe une place de choix dans le paradis des croyants, ses paroles, le récit de ses actions, un bref témoignage même anecdotique de sa présence en dehors des épisodes de la Crèche et du Golgotha sont bien absents des Evangiles. Comme si un « sois sainte et tais toi » avait décidé qu’être la mère du Christ (et au delà être mère tout court) était suffisamment gratifiant et autorisait, par décision  ecclésiastique que tout sentiment humain soit extirpé du coeur de la Madonne pour qu’un avatar aseptisé et javellisé, porteur d’une humanité et d’un don de soi allant jusqu’à l’abnégation la représente pour les siècles et les siècles . Colm Tóibín y remédie de manière magistrale en un long monologue que déverse la pauvre Marie, anéantie par le désastre de sa vie et vivant recluse à Ephèse après la crucifixion de son fils. Le Théâtre de l’Odéon présente cette magnifique pièce interprétée par la miraculeuse Dominique Blanc et amène en douceur, sans blasphème provocateur à une subtile reconsidération du personnage et à travers lui de l’histoire du monde d’hier et d’aujourd’hui, ou de manière plus directe rend un hommage aux mères et au déchirement intérieur de voir partir (de manière plus ou moins radicale, et le mot est ici volontairement choisi) leur fils.  Lire la suite « Le Testament de Marie … pour en finir avec la Vierge « javellisée » »

LUCRECE BORGIA …ou l’impossible rédemption

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La Comédie Française reprend ce printemps Lucrèce Borgia qui avait fait salle comble durant plusieurs saisons en partie grâce à la présence de Guillaume Gallienne dans le rôle titre. Pour cette reprise Eric Ruf propose une nouvelle distribution (elle aussi prometteuse) rendant aux deux rôles principaux (Lucrèce et Gennaro) des acteurs du sexe de leur personnage. En effet à la création Guillaume Gallienne irradiait et donnait une patte vraiment particulière à Lucrèce tandis que Suliane Brahim prêtait ses traits fins à la jeunesse du gentilhomme Gennaro. Voir Elsa Lepoivre, au caractère si trempé dans les Damnés, dans le rôle de la plus redoutable veuve noire de la Renaissance imposait de refaire un détour par cette belle tragédie de Victor Hugo.  Lire la suite « LUCRECE BORGIA …ou l’impossible rédemption »

Bajazet … dans un sérail glacial

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En montant Bajazet de Racine pour remplacer la Cruche cassée annulée dans la salle du vieux Colombier, Eric Ruf s’attaque à une tragédie mal aimée du maitre et me fait pourtant un énorme plaisir … car si Bajazet est souvent méprisé (il n’y a qu’à voir depuis quand la pièce était absente de la scène de la Comédie Française) il n’en demeure pas moins sublime à mes yeux. Tout le génie racinien y est porté à son paroxysme, plus bestial que dans Phèdre en effet, moins élégant certes que dans Bérénice, n’atteignant pas leur sublime mais intriquant magnifiquement les ressorts tragiques de ces deux chefs d’oeuvre : la passion amoureuse et le pouvoir.   Lire la suite « Bajazet … dans un sérail glacial »

La résistible ascension d’Arturo Ui…ou comment l’histoire n’est que recommencement

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En pleine période électorale c’est une saison engagée que présente Eric Ruf à la Comédie française ; après la claque donnée en début de saison avec les Damnés (d’ailleurs maintes fois nommée aux prochains Molière), la Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertold Brecht continue, surement plus que les stériles débats télévisés, d’interroger le spectateur sur le pouvoir, comment y accéder et comment en (ab)user. A la lecture, la pièce, truffée de personnages et de rebondissements assez déstabilisants a de quoi rebuter ; la mise en scène proposée par Katharina Talbach bien au contraire dégage avec une limpidité déconcertante et décortique non sans humour les froids mécanismes alliant magouille et populisme qui permettent d’accéder au sommet et dissèque comment Arturo Ui, gangster en perte de vitesse finit par imposer sa mafia sur le commerce du chou fleur à l’ensemble des Etats Unis (!!). Présenté comme cela, il y a de quoi trouver cela loufoque vous en conviendrez … le parallèle voulu par Brecht avec l’arrivée d’Hitler à la tête du Reich n’en est que plus glaçant.  Lire la suite « La résistible ascension d’Arturo Ui…ou comment l’histoire n’est que recommencement »

Comme une pierre qui … roule bien au delà d’une simple reconstitution

hd1516_commeunepierreQuelle plus belle rencontre avec Bob Dylan peut on rêver que de revivre l’enregistrement de son mythique « Like a rolling stone » ? … je suis sur que cette phrase sortant de la bouche d’un Vicomte à la culture musicale plutôt classique surprendra les habitués et pourtant …   Lire la suite « Comme une pierre qui … roule bien au delà d’une simple reconstitution »