Macbeth … exsangue et atone !

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Très attendue dans la saison théâtrale parisienne et aussi très bien vendue par une visuel plus qu’alléchant … on parle aujourd’hui de la création de Macbeth par Stéphane Braunschweig à l’Odéon Theâtre de l’Europe. S’attaquer à ce monument doit être impressionnant quand on est metteur en scène, en raison de tout l’inconscient collectif qui tourne autour de la pièce, en raison de tous les angles d’attaque possibles liés à la complexité des personnages de cette sanglante course au pouvoir, en raison des contraintes liées au texte peuplé de sorcières, fantômes, spectres et autre forêt mouvante. Hélas, si le défi scénographique est ici réussi, la production s’avère au final plus décevante qu’un pétard mouillé un 14 juillet pluvieux en Picardie. Ca vend du rêve non ?

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La Tempête … de l’abstraction nait la clarté

La Tempete - Shakespeare - Carsen - Comedie-Francaise - Salle Richelieu

Cette Tempête est, parmi les propositions très alléchantes d’une belle saison, l’un des spectacles très attendus de la Comédie Française avec l’entrée dans la légendaire maison de Robert Carsen, metteur en scène reconnu (et adoré) à l’opéra mais encore peu familier du monde du théâtre. Son adaptation de l’une des pièces de Shakespeare les plus étranges a pour effet de dérouter le spectateur (et les acteurs !) en le(s) sortant du format attendu, et de déranger la critique mais brille surtout par sa cohérence et l’éclairage bénéfique qu’elle apporte au texte. Le spectateur captivé suit cette histoire avec une concentration étonnante et la troupe bien que parfois bridée dans son jeu montre une nouvelle fois la force de ses comédiens. Lire la suite « La Tempête … de l’abstraction nait la clarté »

Après la pluie … huis clos fumant

APRES LA PLUIE - Belbel - Baur - Theatre du Vieux-Colombier - Comedie-Francaise

Ecrite en 1993 par Sergi Belbel, Après la pluie est proposée de manière assez surprenante par la Comédie Française que l’on n’attend pas forcement dans ce registre mais qui (j’allais dire « une fois encore ») affirme ses infinies ressources et son adaptabilité à de nouveaux terrains. Huis clos en plein air, ce qui est déjà un petit exploit, cette pièce pourrait paraitre déjà has been et cliché (ce qui était un futur post-moderne dans les années 90 est presque une réalité), pourrait aussi passer à côté d’une actuelle sensibilité française décalée par rapport à la mouvance espagnole de l’époque (on flirte avec les plus déjantés des Almodovar) mais l’habile mise en scène de Lilo Baur et un plateau de comédiens sans cesse capables de surprendre et d’éblouir par leur maitrise de l’art théâtral réussissent à faire prendre une sauce qui tient en haleine sur l’heure 45 de spectacle. Lire la suite « Après la pluie … huis clos fumant »

Le Petit-Maître Corrigé … le charme de(s) l’ancien(s)

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La Comédie Française reprend salle Richelieu la création d’un inédit de Marivaux … et pour cause jusqu’à sa sortie des tiroirs l’an passé ce Petit-maitre Corrigé n’avait été joué que deux fois en 1734 avant d’être immédiatement retiré suite au fracassant naufrage de sa création. On y hua tellement, se dit-il, qu’on n’aurait même pas entendu « Dieu tonner » ! Quelle idée, donc, de vouloir donner une seconde vie à ce texte si vivement conspué ?! surement l’envie de Clement Hervieu Léger de montrer que le théâtre de Marivaux est encore appréciable par le public contemporain et de plonger dans une sorte de fantasme de ce que pouvait être le théâtre au XVIII ème siècle … pari réussi malgré un texte ne pouvant sur deux heures masquer ses faiblesses ! Lire la suite « Le Petit-Maître Corrigé … le charme de(s) l’ancien(s) »

Festen … lente et amère digestion

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Après le succès de Nobody, Cyril Teste retrouve les principes du « dogme » de Thomas Vinterberg et de plus près encore puisqu’il s’attaque directement à la mise en scène théâtrale de Festen, que le réalisateur danois avait présenté en 1998 au cinéma. Le challenge est de représenter une pièce de théâtre en la filmant pour en restituer en même temps sur écran géant une version captée caméra au poing et montée en direct, poussant ainsi à l’extrême le rôle intrusif de la vidéo dans la mise en scène. Cette prouesse technique et artistique, renforce la curieuse impression d’absence de drame dans ce qui se joue sous nos yeux de spectateur doublement voyeur, alors que pourtant, ce diner auquel nous assistons devrait être une terrifiante onde de choc … autant dire que le repas reste sur l’estomac, la subtilité de son assaisonnement ne se révélant qu’après une longue digestion.  Lire la suite « Festen … lente et amère digestion »

Haute surveillance …sublimes voyous

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L’oeuvre de Jean Genet est subversive, peuplée de voyous fascinants, portés aux portes de dérangeants paradis érotiques par la sacralisation de leurs méfaits et la transformation du cachot en un sanctuaire proche d’un lupanar pompéien. Cédric Gourmelon, spécialiste du genre, s’empare de Haute Surveillance, courte pièce incandescente dont la première version date de 1942 (l’auteur était alors à la maison d’arrêt de Fresnes) et remaniée jusqu’en 1985. L’oeuvre n’est pas facile mais le Studio du Carousel du Louvre offre le cadre idéal pour ce huis clos sous tension et la distribution proposée par la Comédie Française est alléchante … rendez vous directement en prison, ne passez pas par la case départ et oubliez vos 20.000 francs !

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Les Fourberies de Scapin … de main de maître

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Bien sur vous les avez lues en 5ème, bien sur vous aviez trouvé çà un peu tarte, bien sur vous vous souvenez des répliques cultes que vous ânonniez en cours de français, bien sur vous trouvez bizarre d’aller voir ce genre de pièce en dehors de toute obligation scolaire, mais je vous le dis … bien sur vous allez courir voir cette nouvelle production de la Comédie Française (enfin lors de la prochaine reprise ou au cinéma car je crois que tout est complet depuis septembre et jusqu’en février) et elle vous fera revoir tout vos a priori sur le théâtre classique et celui de Molière en particulier. La Comédie Française rend avec cette nouvelle mise en scène signée Denis Podalydès le plus bel hommage que l’on puisse faire à la drôlerie mais aussi à la profondeur subtile de ce texte révélant çà et là quelques facettes intimes de son génial auteur.

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