Mârouf, savetier du Caire … c’était l’Orient d’avant

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Mârouf, opéra en 5 actes de Henri Rabaud, a fait après sa création  à l’Opéra Comique (1913)  le tour du monde nous apprend le programme de salle riche en anecdotes passionnantes ; il a même égayé la scène du Grand Théâtre de la ville lors de 14 séries entre 1920 et 1979 … avouer l’ignorance même de cette oeuvre vous renvoie donc au rang de néophyte voire d’inculte à en juger par la popularité annoncée de l’oeuvre … avouons le au risque d’être ridicule : nous n’en avions jamais entendu parler ! A notre décharge, le silence radio qui a suivi cet extraordinaire engouement dès les années 80, où nous n’avions encore même pas idée d’une possibilité d’extase lyrique, peut expliquer cela … et faire craindre aussi que si « disparition » il y a eu, raison valable il y eût surement aussi ! Malgré la bonne tenue de la production, cette raison valable semble être que cette partition sonne étrangement d’une autre époque et parait avoir un peu (mal) vieilli. Des voix superbes et des costumes bariolés aident à faire passer la pilule d’une ligne de chant loin d’être inoubliable et d’une intrigue bien peu pimentée.  Lire la suite « Mârouf, savetier du Caire … c’était l’Orient d’avant »

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Un Ballo in Maschera … noir gustavien !

 

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Le style gustavien a beau être marqué par des couleurs claires, des tons neutres et apaisants, c’est pourtant dans une ambiance sombre pour ne pas dire d’un noir profond que nous plonge la production parisienne du Bal Masqué de Verdi pour évoquer une intrigue basée sur l’assassinat du roi Gustave III de Suède lors d’une soirée déguisée. Radicalement épurée, cette mise en scène de Gilbert Deflo, portée par un cast globalement convaincant, va à l’essentiel du drame et dessine au scalpel les enjeux de chaque personnage. Esthétique, claire et sans détours, cette reprise (2007) ne révolutionne pas l’oeuvre mais a l’avantage d’en souligner la construction parfaite et la dramaturgie efficace sans se détourner inutilement de cet objectif : l’assurance d’une soirée réussie.

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Jephtha … le retour sur terre de Claus Guth

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Chat échaudé craint l’eau froide … et spectateur satellisé craint le retour de Claus Guth à la mise en scène après sa mise en orbite de Puccini ! aussi allions nous sur la pointe des pieds voir le pourtant très attendu Jephtha, un des ultimes oratorios de G F Handel ; très attendu car rare : imaginez que cela faisait 59 ans que l’oeuvre n’avait pas été donnée sur la scène de l‘Opéra de Paris, autant dire que c’est l’opéra qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie … il fallait donc y être même avec la crainte d’assister une nouvelle fois à un sabotage en bonne et due forme. Et bien non !! à croire que le sujet n’a que modestement inspiré le metteur en scène allemand qui est resté sage et assez peu loquace face à ce récit biblique. Et il faut bien l’avouer, des fois, le manque d’idée fait du bien et permet de voir et ressentir l’oeuvre d’un compositeur pour ce qu’elle est et pas pour ce qu’on voudrait qu’elle soit. Une regain de justice en quelque sorte…
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Le Comte Ory … béni des dieux

 

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Un Comte Ory ça ne se boude pas … surtout quand il offre l’occasion de découvrir la salle de l’Opéra Comique encore jamais visitée, quand la mise en scène est signée Denis Podalydès en collaboration scénographique et vestimentaire avec Eric Ruf et Christian Lacroix et quand la distribution s’avère aussi alléchante. Mais un Comte Ory ça peut décevoir quand on n’a dans l’oreille que la version sublime enregistrée par Juan Diego Flores ou l’autre bijou filmé au Met avec le même phénomène vocal, Diana Damrau et Joyce di Donato … C’était un peu l’état d’esprit maniaco-dépressif qui régnait avant le spectacle … mais en sortant euphorie, extase et bonne humeur pour les siècles et les siècles … Amen, amen, amen !! Un dieu fut bien parmi nous ce soir là … Lire la suite « Le Comte Ory … béni des dieux »

La Bohème … Objectif Lune !

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Ami tintinophile réjouis toi !! le metteur en scène d’opéra aborde enfin les aventures de ton reporter préféré pour recycler les tubes lyriques empoussiérés dans des mises en scène tarte à la crème depuis d’interminables années. C’est « On a marché sur le lune » qui, audacieusement accolé à La Bohème, inaugure la série de paraphrases opératiques sur les péripéties du belge à houpette sur la scène de l’Opéra Bastille, aux dimensions dignes, il faut bien l’avouer d’une plate forme de Kourou. Mais avant de subir Tosca et les Picaros, Traviata au Tibet ou une Salomé à l’oreille cassée fumant les cigares du pharaon, revenons sur cette transposition lunaire pas idiote dans le fond mais s’avérant rapidement stérile, sans issue et avant tout nuisible au contenu de l’oeuvre.   Lire la suite « La Bohème … Objectif Lune ! »

Don Carlos … second cast mais pas de seconde main

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La présentation d’une nouvelle production de Don Carlos de Verdi par l’Opéra National de Paris, dans sa version française et quasi intégrale (il ne manque que la musique de ballet) soit une soirée de plus de 4H45, était un des évènements très attendu de la saison 2017/2018…et pour étrenner ce nouveau spectacle la grande boutique avait prévu deux casts : le premier qui a fait saliver toute la lyricosphère avec plus de stars au mètre carré que sur un tapis à Cannes un soir de palme et un second qui avait déjà un énorme mérite de se présenter en milieu de série pour reprendre le flambeau. La mise en scène de Krzysztof Warlikowski était elle aussi très attendue au tournant par bon nombre de détracteurs qui avaient bêtement commencé par cracher dans la soupe dès l’annonce de la saison il y a plus de 6 mois … Et bien, tout a tenu ses promesses à commencer par le plateau vocal qui a rivalisé crânement avec les Kaufmann, Yoncheva et GarančaLire la suite « Don Carlos … second cast mais pas de seconde main »

Récital Juan Diego Florez … caramba !!

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Rossinien incontournable, c’est avec un album Mozart que le ténor péruvien nous revient cet automne. Il s’arrête au Théatre des Champs Elysées pour un récital mémorable du cycle Grandes Voies. Au ton décontracté mais hyper professionnel, plein d’humour et de générosité, ce récital a permis de parcourir quelques pages de ce nouvel opus mais aussi d’explorer des registres bien éloignés des roucoulades qui ont fait  succès de Juan Diego Florez et de prouver une nouvelle fois que son talent dépasse l’entendement !  Lire la suite « Récital Juan Diego Florez … caramba !! »