TOSCA … 100% made in Italy

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Une fois n’est pas coutume (Venise l’an dernier!), c’est en Italie que débute la saison lyrique du Vicomte, à Florence plus précisément ; dans le cadre du festival d’avant saison placé sous la respectable figure de Puccini. C’est avec Tosca que ce festival d’automne se termine montrant au spectateur étranger combien le public est ici étonnamment jeune et décomplexé laissant supposer que l’Opéra florentin est loin d’être symbole d’un élitisme et d’une bourgeoisie s’agrippant à leurs vieux souvenirs d’antan. Il n’y a qu’à voir l’accueil enthousiaste et la bonne humeur générale aux deux entractes au cours desquels pour compléter le plaisir auditif le public se rue en masse pour faire ripaille dans les foyers de ce magnifique « nouveau » Théâtre du Maggio musicale aux lignes sobres et contemporaines.  Lire la suite « TOSCA … 100% made in Italy »

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La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là

La Cenerentola (Saison 2016-2017)

Grosse déception que cette nouvelle production de la Cenerentola de Rossini que propose l’Opéra de Paris ; on ne va pas tourner autour du pot pour ménager l’un ou l’autre, mais si l’arrivée de la « vieille » production de JP Ponelle (1968) pour succéder à celle de Jerome Savary (1998) jouée jusqu’en 2002, avait suscité de vives critiques lors des sessions de 2011 puis 2013, cette nouvelle version, tapis rouge déroulé par Stephane Lissner (directeur de l’OdP ndlr)  pour Guillaume Gallienne, risque bien de ne pas survivre aussi longtemps que ses ainées dans les cartons de la grande boutique. Et pour cause ! l’effet pétard détrempé aura été d’autant plus réussi qu’en l’absence de star dans les rangs des interprètes tout l’intérêt de cette série reposait sur LE metteur en scène et cela a priori avec légitimité quand on connait le talent de cet homme de théâtre. Hélas cent fois, mille fois hélas, loin de sublimer cet opéra buffa (dramma giocosa pour être précis) , créé à Rome pour la période de Carnaval et débordant d’une joyeuse théâtralité, Guillaume Gallienne, parfaitement secondé par un plateau poussif et une direction aussi molle qu’une limace sous neuroleptique, a conduit ce petit bijou de bel canto à devenir un pensum aussi sinistre que Pélléas et Mélisande.    Lire la suite « La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là »

Eugène Onéguine … un écrin pour Anna

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Evénement phare de la saison de l’Opéra de Paris, Eugène Onéguine de P.I. Tchaikovski avec dans le rôle de Tatiana LA prima donna assoluta : Anna Netrebko. Majoration du prix des places les soirs où la diva est censée se produire (avec le traditionnel mécontentement des spectateurs ayant craché au bassinet quand l’indomptable russe décide de quitter Paris un jour plus tôt pour raisons personnelles !), coup de plumeau sur la vieille (mais sublime) production de Willy Decker (1995) pourtant renouvelée depuis par celle, beaucoup plus controversée, de Dmitri Tcherniakov, programmation juste après la série triomphale donnée au « Met » de New York, tout était fait pour faire monter l’excitation du lyricomaniaque netrebkophile et il faut bien avouer que le résultat fut à la hauteur des attentes ! Lire la suite « Eugène Onéguine … un écrin pour Anna »

(G) Rigoletto … ou la facilité du jeu de mot

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Pour cette reprise de la production de Claus Guth (2016), l’Opéra de Paris a fait appel à un trio alléchant sur le papier pour les trois rôles principaux destinés à faire vivre ce décor de carton (au sens strict du terme), ce qui ne sera pas toujours chose facile tant le concept du metteur en scène peut avoir tendance à se saborder lui même. La production, évitant toutefois le piège de la relecture sous LSD ou de  la transposition douteuse, reste plaisante à regarder mais c’est surtout le plateau vocal et l’implication théâtrale des chanteurs qui rend la soirée digne du plus grand interêt. Lire la suite « (G) Rigoletto … ou la facilité du jeu de mot »

Les Pêcheurs de Perles … un truc de nouveau directeur !

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Amusant de voir qu’en 1996/97,  Thierry Fouquet présentait dans sa première saison qui allait déboucher sur un véritable règne à la tête de l’opéra de Bordeaux (20ans et toute ma jeunesse !) Les Pêcheurs de Perles de Georges Bizet et qu’en 2016/17 les barques des pêcheurs de Ceylan accostent à nouveau au Grand Théâtre de Bordeaux pour la première saison de son nouveau directeur, Marc Minkowski. Voir dans ce TOC de  programmation une projection inconsciente sur l’évolution de la notoriété de Bizet, ouvertement critiqué à la création de ses Pêcheurs et finissant par devenir l’un ces compositeurs les plus célèbres au monde avec Carmen, relève surement de la psychologie de comptoir … mais l’inconscient est parfois tellement facétieux ! Plus sérieusement, avec cette reprise de la production de l’Opéra comique, l’Opéra de Bordeaux clôture sans fausse note une saison lyrique de transition globalement plaisante mais assez peu vibrante : un peu à l’image de cet opéra. Lire la suite « Les Pêcheurs de Perles … un truc de nouveau directeur ! »

La Fille de Neige : la magie du dégel

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En attendant une autre page russe, cultissime celle là (Eugène Onéguine), l’Opéra de Paris propose de découvrir ce printemps un opéra plutôt méconnu de Rimski Korsakov … mais en même temps (technique réthorique macronienne) quel opéra de ce cher Nikolaï est suffisamment monté en France pour être mieux connu à défaut d’être populaire… quand même sa sublime Shéhérazade est sous exploitée ? mise en scène par le poil à gratter russe Dmitri Tcherniakov qui s’était illustré par un retentissant et polémique diptyque Iolanta/Casse Noisette, cette curiosité m’interpelle et faisant fi des quolibets de mes amis pensant que j’allais voir la version importée de Broadway de la Reine des neiges, j’avais donc inscrit dans mon parcours parisien la FILLE DE NEIGE (Snegourotchka pour les initiés) Lire la suite « La Fille de Neige : la magie du dégel »

ORFEO … ou le spectateur frustré

NANCY : Opera pre Generale Orpheo

Il est dans la vie d’un spectateur des rendez vous ratés … pour diverses raisons aussi banales qu’une ligne de métro stoppée par un colis suspect sur le quai, une clé qui se casse dans la serrure au moment de partir, un petit rat enragé qui vous mord alors que vous passez devant l’entrée des artistes, une platée de linguine all’amatriciana trop copieuse qui vous reste sur l’estomac … mais parfois aussi pour des raisons plus mathématiques  liée  à la gestion de la donnée « durée »  incriminant ou bien le compositeur qui n’a pas su anticiper que son opéra serait remonté 370 ans plus tard et donc avec une façon d’assister au spectacle différente ou bien le programmateur qui, trop audacieux, jauge mal la capacité d’écoute de son spectateur. Que la raison en soit le spectateur lui même reste bien sur inenvisageable…!!  Orfeo est le premier opéra donné en France sur une idée de Mazarin qui souhaita importer ce divertissement italien pour la cour du roi de France. Luigi Rossi s’attela donc à écrire un opéra  monumental et surement à grand spectacle sur le thème mythique d’Orphée… on raconte que le jeune Louis XIV avait baillé durant ce spectacle fleuve de plus de 6 heures … par chance la version remontée par Raphael Pichon a été savamment amputée de plus de moitié mais hélas, le fantôme des baillements du roi soleil n’a pas déserté ma loge… et j’en suis bien frustré !

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