FAUST … and furious !

Le Faust de Charles Gounod revient sur la scène de l’Opéra de Paris après une absence qui surprend toujours face à la popularité de ce titre. Il faut dire que, même si Michel Carré et Jules Barbier, les librettistes chargés de l’adaptation de la pièce de Goethe, ont su détourner la quête originale du bon vieux Docteur Faustus d’un savoir absolu vers celle de la jeunesse éternelle, le livret de l’opéra reste malgré tout imprégné d’une moralité religieuse anachronique et poussiéreuse difficile à exploiter ou ignorer. 

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TRILOGIE MOZART/DA PONTE … une étrange schizophrénie

Au moment de me lancer dans cette chronique, je me demandais ce qui serait le plus compliqué : de monter la trilogie des opéras de Mozart/da Ponte à l’instar d’Ivan Alexandre secondé musicalement par Marc Minkowski ou d’essayer de faire un récit suffisamment édifiant des 3 soirées qu’ils ont su créer tant il y aurait à dire sur ce triptyque. C’est donc avec Le Nozze di Figaro, Don Giovanni, et Cosi fan Tutte, proposés sur 4 séries de 3 soirées, que l’Opéra National de Bordeaux, nous accueille au Grand Théâtre, écrin tout à propos, pour ce pari réussi au cas par cas mais tournant peut-être un peu en rond dans sa globalité.

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ELEKTRA … un voyage au bout de la nuit

Elektra de Richard Strauss est un double voyage : un voyage à travers un mythe, hérité d’Eschyle, Euripide et Sophocle convoquant la perte, la vengeance et le sang et un voyage aux frontières des répertoires musicaux au-delà desquels je m’aventure peu. Car pour mettre en musique cette sordide histoire de famille, Strauss étire presque jusqu’à l’atonalité ses lignes musicales, fait pousser à l’orchestre des cris stridents et émaille ses accents viennois d’âpres dissonances. Malgré cela, Elektra fut très tôt, avec Salomé, l’un de mes opéras préférés (il me fallut paradoxalement bien plus de temps pour affronter Wagner et l’apprécier !). Robert Carsen signait, il y a « quelques années », mon premier opéra mis en scène ; il a depuis jalonné mon parcours de spectateur de productions restées comme des références. Autant dire que la réunion de cet opéra et de cet homme à l’Opéra National de Paris était d’un événement attendu de ma saison.

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GIULIO CESARE IN EGGITO… à un fil de la perfection !

Cohorte de stars, légion de prises de rôle, première bataille d’un émérite soldat dans la fosse d’orchestre, le Théâtre des Champs-Élysées a su créer une démesure « péplumesque » autour de cette nouvelle production de Giulio Cesare in Egitto de Haendel. Damiano Michieletto, qui en signe la mise en scène, n’a pas vraiment suivi le mouvement et s’est même diamétralement éloigné de l’esprit cinémascope pour livrer une mise en scène aussi minimaliste et ramassée que la célèbre formule Veni Vedi Vici.

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LE NOZZE DI FIGARO … une pas si folle journée

Avec Le Nozze di Figaro Mozart révolutionne l’histoire de l’opéra en y introduisant un vrai sens du théâtre. La démonstration en est frappante dans le final de l’acte 2 qui commence par un duo pour évoluer au fil d’une scène riche en rebondissements vers une véritable conversation musicale à sept personnages. Elle est plus subtile dans l’acte 4 qui voit la musique doubler avec génie le marivaudage auquel se livrent les personnages . Quoi de plus naturel alors que de célébrer la théâtralité de l’œuvre dans une mise en scène décrivant la vie d’un théâtre et de plonger, pour cette nouvelle production de l’Opéra National de Paris, dans les coulisses du palais Garnier.

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