Don Carlos … second cast mais pas de seconde main

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La présentation d’une nouvelle production de Don Carlos de Verdi par l’Opéra National de Paris, dans sa version française et quasi intégrale (il ne manque que la musique de ballet) soit une soirée de plus de 4H45, était un des évènements très attendu de la saison 2017/2018…et pour étrenner ce nouveau spectacle la grande boutique avait prévu deux casts : le premier qui a fait saliver toute la lyricosphère avec plus de stars au mètre carré que sur un tapis à Cannes un soir de palme et un second qui avait déjà un énorme mérite de se présenter en milieu de série pour reprendre le flambeau. La mise en scène de Krzysztof Warlikowski était elle aussi très attendue au tournant par bon nombre de détracteurs qui avaient bêtement commencé par cracher dans la soupe dès l’annonce de la saison il y a plus de 6 mois … Et bien, tout a tenu ses promesses à commencer par le plateau vocal qui a rivalisé crânement avec les Kaufmann, Yoncheva et GarančaLire la suite « Don Carlos … second cast mais pas de seconde main »

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Récital Juan Diego Florez … caramba !!

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Rossinien incontournable, c’est avec un album Mozart que le ténor péruvien nous revient cet automne. Il s’arrête au Théatre des Champs Elysées pour un récital mémorable du cycle Grandes Voies. Au ton décontracté mais hyper professionnel, plein d’humour et de générosité, ce récital a permis de parcourir quelques pages de ce nouvel opus mais aussi d’explorer des registres bien éloignés des roucoulades qui ont fait  succès de Juan Diego Florez et de prouver une nouvelle fois que son talent dépasse l’entendement !  Lire la suite « Récital Juan Diego Florez … caramba !! »

Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe !

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Programmer Il Pirata dans une saison lyrique aussi courte soit-elle est toujours un acte louable. Bellini  y a écrit des pages magnifiques et si certaines maisons d’opéra programment des oeuvres et des compositeurs « méconnus » dans un but pédagogique,  inclure ce bon Vincenzo dans une saison n’est que rendre justice à l’un des piliers de l’histoire de l’Opéra. Compositeur majeur de l’opéra italien, il a su mettre en place une petite révolution qui passe aujourd’hui inaperçue dans le flot bel cantiste mais qui à l’époque a du en choquer plus d’un. Choisissant de rendre plus « vrai » le style de Rossini dont il garde certaines lignes et ornements, il demande à ses interprètes de ressentir ce qu’ils chantent et de ne plus se contenter des roucoulades que le public attend d’eux. Il modifie pour cela en profondeur la ligne mélodique qui sous tend le chant en de longues phrases liées et ondulantes, rendues bouleversantes par les sonorités émouvantes des bois très sollicités dans ses partitions. Cette évolution stylistique conduira à l’explosion du plus médiatique Verdi … excusez du peu.  Lire la suite « Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe ! »

Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce

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Bien que peuplé d’une faune un peu trop mondaine à mon goût (le quartier s’y prête entre les boutiques Chanel, St Laurent et les lumineux balcons des suites du Plaza Athénée), il faut bien reconnaitre que le Théatre des Champs Elysées a une programmation des plus attractives même s’il fait tout pour écarter des évènements majeurs le public de province en prenant soin de les programmer le plus souvent en semaine ! Par un heureux miracle c’est un samedi soir que Philippe Jaroussky emplissait de sa blanche voix la salle de l’avenue Montaigne dans un programme Haendel… et le temps s’est arrêté bien avant le changement d’heure officiel de ce dernier samedi d’octobre. Lire la suite « Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce »

TOSCA … 100% made in Italy

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Une fois n’est pas coutume (Venise l’an dernier!), c’est en Italie que débute la saison lyrique du Vicomte, à Florence plus précisément ; dans le cadre du festival d’avant saison placé sous la respectable figure de Puccini. C’est avec Tosca que ce festival d’automne se termine montrant au spectateur étranger combien le public est ici étonnamment jeune et décomplexé laissant supposer que l’Opéra florentin est loin d’être symbole d’un élitisme et d’une bourgeoisie s’agrippant à leurs vieux souvenirs d’antan. Il n’y a qu’à voir l’accueil enthousiaste et la bonne humeur générale aux deux entractes au cours desquels pour compléter le plaisir auditif le public se rue en masse pour faire ripaille dans les foyers de ce magnifique « nouveau » Théâtre du Maggio musicale aux lignes sobres et contemporaines.  Lire la suite « TOSCA … 100% made in Italy »

La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là

La Cenerentola (Saison 2016-2017)

Grosse déception que cette nouvelle production de la Cenerentola de Rossini que propose l’Opéra de Paris ; on ne va pas tourner autour du pot pour ménager l’un ou l’autre, mais si l’arrivée de la « vieille » production de JP Ponelle (1968) pour succéder à celle de Jerome Savary (1998) jouée jusqu’en 2002, avait suscité de vives critiques lors des sessions de 2011 puis 2013, cette nouvelle version, tapis rouge déroulé par Stephane Lissner (directeur de l’OdP ndlr)  pour Guillaume Gallienne, risque bien de ne pas survivre aussi longtemps que ses ainées dans les cartons de la grande boutique. Et pour cause ! l’effet pétard détrempé aura été d’autant plus réussi qu’en l’absence de star dans les rangs des interprètes tout l’intérêt de cette série reposait sur LE metteur en scène et cela a priori avec légitimité quand on connait le talent de cet homme de théâtre. Hélas cent fois, mille fois hélas, loin de sublimer cet opéra buffa (dramma giocosa pour être précis) , créé à Rome pour la période de Carnaval et débordant d’une joyeuse théâtralité, Guillaume Gallienne, parfaitement secondé par un plateau poussif et une direction aussi molle qu’une limace sous neuroleptique, a conduit ce petit bijou de bel canto à devenir un pensum aussi sinistre que Pélléas et Mélisande.    Lire la suite « La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là »

Eugène Onéguine … un écrin pour Anna

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Evénement phare de la saison de l’Opéra de Paris, Eugène Onéguine de P.I. Tchaikovski avec dans le rôle de Tatiana LA prima donna assoluta : Anna Netrebko. Majoration du prix des places les soirs où la diva est censée se produire (avec le traditionnel mécontentement des spectateurs ayant craché au bassinet quand l’indomptable russe décide de quitter Paris un jour plus tôt pour raisons personnelles !), coup de plumeau sur la vieille (mais sublime) production de Willy Decker (1995) pourtant renouvelée depuis par celle, beaucoup plus controversée, de Dmitri Tcherniakov, programmation juste après la série triomphale donnée au « Met » de New York, tout était fait pour faire monter l’excitation du lyricomaniaque netrebkophile et il faut bien avouer que le résultat fut à la hauteur des attentes ! Lire la suite « Eugène Onéguine … un écrin pour Anna »