Giselle … version cubaine

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@ Nancy Reyes

Le Ballet National de Cuba en tournée en Europe fait escale à la salle Pleyel, désormais salle « polyvalente » et modulable… et cette venue est un petit évènement pour le balletomane en manque de ballet classique. Au menu : un gala accumulant toutes les passages obligés de ce genre de programme (Corsaire, Cygne, Acteon et son fameux slip en peau de léopard, …), et deux ballets « intégral » : Giselle et Don Quichotte. N’ayant pas eu de Giselle cette année et m’apprêtant à voir au moins deux Don Quichotte (Paris Bordeaux … non a priori pas le Mans) la saison prochaine, l’appel du tulle vaporeux a été le plus fort et c’est donc vers la Willi que mon choix s’est porté en ce joyeux week end de juillet. Si foncièrement la chorégraphie d’Alicia Alonso qui a excellé dans ce rôle en tant que prima ballerina ne révolutionne pas la version traditionnelle de Corrali et Perrot, il faut cependant accepter pour apprécier cette production une vision très décalée de notre interprétation européenne  Lire la suite « Giselle … version cubaine »

Un café avec … Eric Ruf, de la Comédie Française

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A quelques volées de marches empourprées du sol des mortels, parcours ponctué d’illustres portraits, se trouve, semblant flotter dans les branches des platanes de la place Colette, une sorte de Wallalah … c’est dans son bureau, en toute décontraction et avec une aptitude déconcertante à vous mettre l’aise de son ton posé et bienveillant, que je retrouve Eric Ruf, administrateur général de la Comédie Française (entre autres activités dont il ne sera malheureusement pas directement question ici). Nommé à ce poste en 2014, il connait la maison comme sa poche et va nous expliquer son rôle de capitaine à la tête de cet immense vaisseau.  Lire la suite « Un café avec … Eric Ruf, de la Comédie Française »

Hippolyte … la revanche sur Phèdre

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@ Caroline Frachet

Parti pour traduire la Phèdre de Sénèque, Robert Garnier l’enrichit des questionnements de son époque (1573) sur le rapport entre le corps et l’âme, la Nature et la Religion, les pulsions et la morale … il livre un texte méconnu, parfois archaïque mais souvent ponctué de fulgurances d’une modernité étonnante, …en tout cas sublime. Partie pour présenter une pièce qui servirait de fil conducteur à l’année passée à la Comédie Française par de jeunes acteurs (trices) et metteuses en scène/Scénographe, l’Académie encadrée par Didier Sandre, sociétaire de la maison depuis 2013, livre un pur bijou de théâtre et un condensé (de deux heures quand même !) d’émotion. Il n’y eu que trois représentations au Studio Théâtre de la CF mais on espère que cette magnifique production , que le format minimaliste permet de faire voyager simplement, aura une autre vie après la fin de l’année de la promotion 2016-2017 de l’Académie. Lire la suite « Hippolyte … la revanche sur Phèdre »

La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là

La Cenerentola (Saison 2016-2017)

Grosse déception que cette nouvelle production de la Cenerentola de Rossini que propose l’Opéra de Paris ; on ne va pas tourner autour du pot pour ménager l’un ou l’autre, mais si l’arrivée de la « vieille » production de JP Ponelle (1968) pour succéder à celle de Jerome Savary (1998) jouée jusqu’en 2002, avait suscité de vives critiques lors des sessions de 2011 puis 2013, cette nouvelle version, tapis rouge déroulé par Stephane Lissner (directeur de l’OdP ndlr)  pour Guillaume Gallienne, risque bien de ne pas survivre aussi longtemps que ses ainées dans les cartons de la grande boutique. Et pour cause ! l’effet pétard détrempé aura été d’autant plus réussi qu’en l’absence de star dans les rangs des interprètes tout l’intérêt de cette série reposait sur LE metteur en scène et cela a priori avec légitimité quand on connait le talent de cet homme de théâtre. Hélas cent fois, mille fois hélas, loin de sublimer cet opéra buffa (dramma giocosa pour être précis) , créé à Rome pour la période de Carnaval et débordant d’une joyeuse théâtralité, Guillaume Gallienne, parfaitement secondé par un plateau poussif et une direction aussi molle qu’une limace sous neuroleptique, a conduit ce petit bijou de bel canto à devenir un pensum aussi sinistre que Pélléas et Mélisande.    Lire la suite « La Cenerentola … ne renaitra pas de ces cendres là »

Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra

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Cette soirée « danseurs/chorégraphes » de feu l’Académie mort née chorégraphique, a fait planer pour diverses raisons le spectre de Benjamin Millepied sur le palais Garnier comme si la fameuse loge 5 du somptueux édifice avait ce soir encore était occupée par un ex- directeur finalement toujours bien présent dans l’esprit de ses ex- administrés. D’abord parce que depuis le Lac des Cygnes et malgré le bref interlude du Songe d’une nuit d’été la programmation enchaîne les soirées de balletS si chères au plus new yorkais des Directeurs de la danse français ensuite parce que les ambiances proposées ici sont souvent un patchwork de l’influence que ce dernier a su insuffler (à tort ou à raison je laisserai à chacun le soin de débattre en son âme et conscience) à la compagnie. Une évidence s’impose : les moyens donnés à cette Académie chorégraphique dont on ne sait finalement pas si le coaching prévu avec William Forsythe a été effectif , sont colossaux pour mettre en avant les velléités chorégraphiques de ces 4 membres du corps de ballet qui n’en sont bien sur pas à leur coup d’essai … 30 minutes chacun, effectif plus que conséquent et pluie d’étoiles plus impressionnante que lors de la traversée des Perséides et surtout que sur les distributions de la Sylphide à venir !! (ce qui pose quand même question sur l’emploi des étoiles actuelles !) Lire la suite « Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra »

La Fresque … légende capillaire

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Angelin Preljocaj aime raconter des histoires ; après Blanche neige il se penche avec la Fresque sur un conte asiatique racontant l’histoire de deux voyageurs trouvant refuge dans un petit temple. Un vieux moine les conduit alors devant une fresque représentant de superbes femmes cueillant des fleurs dans la foret. L’un des deux voyageurs tombe tellement en extase devant la beauté de l’une d’elle qu’il finit par rentrer dans le dessin. Une histoire d’amour se noue entre la jeune fille du monde imaginaire et le voyageur du monde terrestre mais le jeune homme se trouve chassé de la toile à l’arrivée des dieux ayant découvert la présence d’un mortel dans leur monde. Se réveillant devant la fresque, l’amoureux banni du tableau fait remarquer à son compagnon que l’une des filles a changé de coiffure et arbore désormais celle des femmes mariées. Lire la suite « La Fresque … légende capillaire »

Eugène Onéguine … un écrin pour Anna

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Evénement phare de la saison de l’Opéra de Paris, Eugène Onéguine de P.I. Tchaikovski avec dans le rôle de Tatiana LA prima donna assoluta : Anna Netrebko. Majoration du prix des places les soirs où la diva est censée se produire (avec le traditionnel mécontentement des spectateurs ayant craché au bassinet quand l’indomptable russe décide de quitter Paris un jour plus tôt pour raisons personnelles !), coup de plumeau sur la vieille (mais sublime) production de Willy Decker (1995) pourtant renouvelée depuis par celle, beaucoup plus controversée, de Dmitri Tcherniakov, programmation juste après la série triomphale donnée au « Met » de New York, tout était fait pour faire monter l’excitation du lyricomaniaque netrebkophile et il faut bien avouer que le résultat fut à la hauteur des attentes ! Lire la suite « Eugène Onéguine … un écrin pour Anna »