Récital Juan Diego Florez … caramba !!

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Rossinien incontournable, c’est avec un album Mozart que le ténor péruvien nous revient cet automne. Il s’arrête au Théatre des Champs Elysées pour un récital mémorable du cycle Grandes Voies. Au ton décontracté mais hyper professionnel, plein d’humour et de générosité, ce récital a permis de parcourir quelques pages de ce nouvel opus mais aussi d’explorer des registres bien éloignés des roucoulades qui ont fait  succès de Juan Diego Florez et de prouver une nouvelle fois que son talent dépasse l’entendement !  Lire la suite « Récital Juan Diego Florez … caramba !! »

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Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO !

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Objectivement, cette soirée de ballet n’inspirait déjà sur le papier qu’un intérêt concentré sur la reprise du Sacre du Printemps de Pina Bausch qui semblait à lui seul pouvoir faire avaler la pilule de Agon, Nième Georges Balanchine, chorégraphe qui semble aussi indispensable à une soirée de ballet de l’Opéra de Paris qu’un suppo glycériné à la vieille dame constipée et de Grand Miroir, la création conceptuelle de Saburō Teshigawara sur un poème de Baudelaire. Le pressentiment est confirmé sur scène  ;  nous allons voir comment et pourquoi … au risque de se faire excommunier pour blasphème envers le dieu Georges Balanchine tout d’abord et de se voir taxé de rétrograde ensuite pour n’avoir pas su apprécié la modernité du japonais. Mais en Vicomte noble et droit dans ses bottes, le propos défendu ici sera malgré tout totalement assumé  Lire la suite « Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO ! »

Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe !

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Programmer Il Pirata dans une saison lyrique aussi courte soit-elle est toujours un acte louable. Bellini  y a écrit des pages magnifiques et si certaines maisons d’opéra programment des oeuvres et des compositeurs « méconnus » dans un but pédagogique,  inclure ce bon Vincenzo dans une saison n’est que rendre justice à l’un des piliers de l’histoire de l’Opéra. Compositeur majeur de l’opéra italien, il a su mettre en place une petite révolution qui passe aujourd’hui inaperçue dans le flot bel cantiste mais qui à l’époque a du en choquer plus d’un. Choisissant de rendre plus « vrai » le style de Rossini dont il garde certaines lignes et ornements, il demande à ses interprètes de ressentir ce qu’ils chantent et de ne plus se contenter des roucoulades que le public attend d’eux. Il modifie pour cela en profondeur la ligne mélodique qui sous tend le chant en de longues phrases liées et ondulantes, rendues bouleversantes par les sonorités émouvantes des bois très sollicités dans ses partitions. Cette évolution stylistique conduira à l’explosion du plus médiatique Verdi … excusez du peu.  Lire la suite « Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe ! »

Haute surveillance …sublimes voyous

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L’oeuvre de Jean Genet est subversive, peuplée de voyous fascinants, portés aux portes de dérangeants paradis érotiques par la sacralisation de leurs méfaits et la transformation du cachot en un sanctuaire proche d’un lupanar pompéien. Cédric Gourmelon, spécialiste du genre, s’empare de Haute Surveillance, courte pièce incandescente dont la première version date de 1942 (l’auteur était alors à la maison d’arrêt de Fresnes) et remaniée jusqu’en 1985. L’oeuvre n’est pas facile mais le Studio du Carousel du Louvre offre le cadre idéal pour ce huis clos sous tension et la distribution proposée par la Comédie Française est alléchante … rendez vous directement en prison, ne passez pas par la case départ et oubliez vos 20.000 francs !

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Un café avec … Julien Benhamou

François Alu

Une cagette de tomates-cerises et une barquette de framboises sous le bras…c’est à la sortie du marché que Julien Benhamou se présente, simple et décontracté, pour parler de danse mais à travers un oeil un peu particulier. Julien a reçu son premier appareil photo à 13-14 ans et a eu le déclic (je m’étais pourtant dit que je ne ferai pas cette blague facile) : il serait photographe. C’est donc à travers un objectif que nous allons voir la danse, le mouvement et la beauté des corps. Découvert au travers de ses photos de spectacles et des danseurs de l’Opéra de Paris, ce photographe m’a dès le début interpelé par le mouvement qu’il insuffle à ses clichés les rendant d’autant plus réussis que paradoxaux vus qu’ils subliment le mouvement en le figeant. Il paraissait de ce fait important d’éclairer cet étrange phénomène non pour en ternir la magie, car ces photos relèvent pour certaines d’un monde aussi poétique qu’irréel mais plus pour cerner le processus créatif de cet artiste utilisant d’autres artistes pour exprimer son art.

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Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce

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Bien que peuplé d’une faune un peu trop mondaine à mon goût (le quartier s’y prête entre les boutiques Chanel, St Laurent et les lumineux balcons des suites du Plaza Athénée), il faut bien reconnaitre que le Théatre des Champs Elysées a une programmation des plus attractives même s’il fait tout pour écarter des évènements majeurs le public de province en prenant soin de les programmer le plus souvent en semaine ! Par un heureux miracle c’est un samedi soir que Philippe Jaroussky emplissait de sa blanche voix la salle de l’avenue Montaigne dans un programme Haendel… et le temps s’est arrêté bien avant le changement d’heure officiel de ce dernier samedi d’octobre. Lire la suite « Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce »

Les Fourberies de Scapin … de main de maître

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Bien sur vous les avez lues en 5ème, bien sur vous aviez trouvé çà un peu tarte, bien sur vous vous souvenez des répliques cultes que vous ânonniez en cours de français, bien sur vous trouvez bizarre d’aller voir ce genre de pièce en dehors de toute obligation scolaire, mais je vous le dis … bien sur vous allez courir voir cette nouvelle production de la Comédie Française (enfin lors de la prochaine reprise ou au cinéma car je crois que tout est complet depuis septembre et jusqu’en février) et elle vous fera revoir tout vos a priori sur le théâtre classique et celui de Molière en particulier. La Comédie Française rend avec cette nouvelle mise en scène signée Denis Podalydès le plus bel hommage que l’on puisse faire à la drôlerie mais aussi à la profondeur subtile de ce texte révélant çà et là quelques facettes intimes de son génial auteur.

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