Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe !

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Programmer Il Pirata dans une saison lyrique aussi courte soit-elle est toujours un acte louable. Bellini  y a écrit des pages magnifiques et si certaines maisons d’opéra programment des oeuvres et des compositeurs « méconnus » dans un but pédagogique,  inclure ce bon Vincenzo dans une saison n’est que rendre justice à l’un des piliers de l’histoire de l’Opéra. Compositeur majeur de l’opéra italien, il a su mettre en place une petite révolution qui passe aujourd’hui inaperçue dans le flot bel cantiste mais qui à l’époque a du en choquer plus d’un. Choisissant de rendre plus « vrai » le style de Rossini dont il garde certaines lignes et ornements, il demande à ses interprètes de ressentir ce qu’ils chantent et de ne plus se contenter des roucoulades que le public attend d’eux. Il modifie pour cela en profondeur la ligne mélodique qui sous tend le chant en de longues phrases liées et ondulantes, rendues bouleversantes par les sonorités émouvantes des bois très sollicités dans ses partitions. Cette évolution stylistique conduira à l’explosion du plus médiatique Verdi … excusez du peu.  Lire la suite « Il Pirata … on n’affronte pas le cap Horn en chaloupe ! »

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Les Pêcheurs de Perles … un truc de nouveau directeur !

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Amusant de voir qu’en 1996/97,  Thierry Fouquet présentait dans sa première saison qui allait déboucher sur un véritable règne à la tête de l’opéra de Bordeaux (20ans et toute ma jeunesse !) Les Pêcheurs de Perles de Georges Bizet et qu’en 2016/17 les barques des pêcheurs de Ceylan accostent à nouveau au Grand Théâtre de Bordeaux pour la première saison de son nouveau directeur, Marc Minkowski. Voir dans ce TOC de  programmation une projection inconsciente sur l’évolution de la notoriété de Bizet, ouvertement critiqué à la création de ses Pêcheurs et finissant par devenir l’un ces compositeurs les plus célèbres au monde avec Carmen, relève surement de la psychologie de comptoir … mais l’inconscient est parfois tellement facétieux ! Plus sérieusement, avec cette reprise de la production de l’Opéra comique, l’Opéra de Bordeaux clôture sans fausse note une saison lyrique de transition globalement plaisante mais assez peu vibrante : un peu à l’image de cet opéra. Lire la suite « Les Pêcheurs de Perles … un truc de nouveau directeur ! »

Les Voyages de Don Quichotte ou Les Moulins de la Frustration

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La montagne accouche d’un petit pois

L’idée très conceptuelle et se voulant très (trop?) fourre tout ne m’inspira guère quand je la découvris dans le programme dégraissé par des coupes budgétaires de la saison lyrique bordelaise. Il s’agissait de fêter l’anniversaire de Cervantes en prolongeant l’esprit festivalier de l’été  et de fédérer les « forces vives » de la maison (comprenez l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine, le Choeur et le Ballet de l’Opéra National de Bordeaux), dans un évènement sortant des murs de l’Opéra (visibilité et ouverture au peuple oblige) tout en investissant les deux salles disponibles (l’Auditorium et le Grand Théâtre) et une fois n’est pas coutume de faire plaisir au nouveau directeur Marc Minkowski en faisant un clin d’oeil à sa passion pour les chevaux !! Lire la suite « Les Voyages de Don Quichotte ou Les Moulins de la Frustration »

The Turn of Screw : point d’orgue d’une ennuyeuse saison

 

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Coup de théâtre …

Qui aurait cru que la musique de Benjamin Britten et Mireille Delunsch seraient mon coup de coeur de la saison lyrique de l’Opéra de Bordeaux qui s’achève ces prochains jours ? L’un parce qu’il n’est absolument pas le prototype d’une musique agréable à mes oreilles, l’autre parce que je n’ai jamais eu de passion pour cette soprano au répertoire couvrant presque l’intégralité des styles de l’histoire de l’opéra (du baroque à cette oeuvre des années 50), fait assez rare pour être signalé, mais dont la voix ne m’a jamais séduit, bien loin de là, dans le grand répertoire. Je lui ai toujours reproché un feulement guttural tâchant son timbre d’une sensation de frottement de la voix que j’ai toujours trouvé très désagréable. Terminer une indigente saison en associant les deux aurait pu se transformer en un nouveau pensum propice à un départ anticipé à la faveur d’un judicieux entracte ! et bien non !!
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