La Fille de Neige : la magie du dégel

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En attendant une autre page russe, cultissime celle là (Eugène Onéguine), l’Opéra de Paris propose de découvrir ce printemps un opéra plutôt méconnu de Rimski Korsakov … mais en même temps (technique réthorique macronienne) quel opéra de ce cher Nikolaï est suffisamment monté en France pour être mieux connu à défaut d’être populaire… quand même sa sublime Shéhérazade est sous exploitée ? mise en scène par le poil à gratter russe Dmitri Tcherniakov qui s’était illustré par un retentissant et polémique diptyque Iolanta/Casse Noisette, cette curiosité m’interpelle et faisant fi des quolibets de mes amis pensant que j’allais voir la version importée de Broadway de la Reine des neiges, j’avais donc inscrit dans mon parcours parisien la FILLE DE NEIGE (Snegourotchka pour les initiés) Lire la suite « La Fille de Neige : la magie du dégel »

LUCRECE BORGIA …ou l’impossible rédemption

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La Comédie Française reprend ce printemps Lucrèce Borgia qui avait fait salle comble durant plusieurs saisons en partie grâce à la présence de Guillaume Gallienne dans le rôle titre. Pour cette reprise Eric Ruf propose une nouvelle distribution (elle aussi prometteuse) rendant aux deux rôles principaux (Lucrèce et Gennaro) des acteurs du sexe de leur personnage. En effet à la création Guillaume Gallienne irradiait et donnait une patte vraiment particulière à Lucrèce tandis que Suliane Brahim prêtait ses traits fins à la jeunesse du gentilhomme Gennaro. Voir Elsa Lepoivre, au caractère si trempé dans les Damnés, dans le rôle de la plus redoutable veuve noire de la Renaissance imposait de refaire un détour par cette belle tragédie de Victor Hugo.  Lire la suite « LUCRECE BORGIA …ou l’impossible rédemption »

Bajazet … dans un sérail glacial

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En montant Bajazet de Racine pour remplacer la Cruche cassée annulée dans la salle du vieux Colombier, Eric Ruf s’attaque à une tragédie mal aimée du maitre et me fait pourtant un énorme plaisir … car si Bajazet est souvent méprisé (il n’y a qu’à voir depuis quand la pièce était absente de la scène de la Comédie Française) il n’en demeure pas moins sublime à mes yeux. Tout le génie racinien y est porté à son paroxysme, plus bestial que dans Phèdre en effet, moins élégant certes que dans Bérénice, n’atteignant pas leur sublime mais intriquant magnifiquement les ressorts tragiques de ces deux chefs d’oeuvre : la passion amoureuse et le pouvoir.   Lire la suite « Bajazet … dans un sérail glacial »

4 TENDANCES … la preuve par 4 qu’ils sont incontournables !

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Le milieu de la saison est le traditionnel rendez vous du Ballet de l’Opéra de Bordeaux et de la danse contemporaine. Cet épisode où la compagnie se confronte à un langage chorégraphique autre que la forme académique et classique qu’elle défend avec brio est toujours l’occasion de voir certaines individualités se détacher du groupe, être mises en avant et sortir de l’uniformité parfaite et recherchée du troupeau de cygnes ou de la bande de jeunes et joyeux villageois ou gentilshommes. 4 Tendances est aussi l’occasion pour le public bordelais d’assister à des créations ou des entrées au répertoire de pièces de chorégraphes d’aujourd’hui et pour les danseurs de construire ces pièces directement à partir du matériau que leur propose un créateur bien vivant ! De ce fait, cet incontournable de la saison depuis maintenant 6 ans est particulièrement intéressant à suivre car il capte l’énergie de la compagnie et condense le talent des uns, en révèle d’autres plus à l’aise dans un univers plus contemporain ; dans tous les cas montre le potentiel de création et d’interprétation de la compagnie … une sorte de bilan de santé annuel ! Lire la suite « 4 TENDANCES … la preuve par 4 qu’ils sont incontournables ! »

La résistible ascension d’Arturo Ui…ou comment l’histoire n’est que recommencement

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En pleine période électorale c’est une saison engagée que présente Eric Ruf à la Comédie française ; après la claque donnée en début de saison avec les Damnés (d’ailleurs maintes fois nommée aux prochains Molière), la Résistible Ascension d’Arturo Ui de Bertold Brecht continue, surement plus que les stériles débats télévisés, d’interroger le spectateur sur le pouvoir, comment y accéder et comment en (ab)user. A la lecture, la pièce, truffée de personnages et de rebondissements assez déstabilisants a de quoi rebuter ; la mise en scène proposée par Katharina Talbach bien au contraire dégage avec une limpidité déconcertante et décortique non sans humour les froids mécanismes alliant magouille et populisme qui permettent d’accéder au sommet et dissèque comment Arturo Ui, gangster en perte de vitesse finit par imposer sa mafia sur le commerce du chou fleur à l’ensemble des Etats Unis (!!). Présenté comme cela, il y a de quoi trouver cela loufoque vous en conviendrez … le parallèle voulu par Brecht avec l’arrivée d’Hitler à la tête du Reich n’en est que plus glaçant.  Lire la suite « La résistible ascension d’Arturo Ui…ou comment l’histoire n’est que recommencement »

Comme une pierre qui … roule bien au delà d’une simple reconstitution

hd1516_commeunepierreQuelle plus belle rencontre avec Bob Dylan peut on rêver que de revivre l’enregistrement de son mythique « Like a rolling stone » ? … je suis sur que cette phrase sortant de la bouche d’un Vicomte à la culture musicale plutôt classique surprendra les habitués et pourtant …   Lire la suite « Comme une pierre qui … roule bien au delà d’une simple reconstitution »

Grève du Ballet de l’Opéra de Bordeaux

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Ce jeudi 30 mars 2017, le Ballet de l’opéra de Bordeaux a choisi de ne pas assurer la représentation de la Première de Quatre Tendances, leur rendez vous annuel avec la danse « contemporaine » (s’il faut encore classer les types de danses) . Quatre talentueux chorégraphes, actuels et donc en pleine immersion avec le monde dans lequel nous vivons, et non pas sortis d’un musée poussiéreux comme on veut nous le faire croire quand on nous parle de ballet, ont fait travailler pendant de longues semaines ces artistes pour présenter 2 créations, une re-création et la reprise d’un ballet emblématique de ces dernières années. Et pourtant, pour défendre leurs contrats malmenés par une direction et une politique culturelle obtuses, ils ont choisi de renoncer ce soir à présenter le fruit de leur travail, de leur souffrance physique, de leur investissement émotionnel et personnel, d’une certaine forme d’abnégation de leur vie privée pour défendre leurs droits, leur carrière, leur place dans la vie culturelle française. Lire la suite « Grève du Ballet de l’Opéra de Bordeaux »