Un café avec … Julien Benhamou

François Alu

Une cagette de tomates-cerises et une barquette de framboises sous le bras…c’est à la sortie du marché que Julien Benhamou se présente, simple et décontracté, pour parler de danse mais à travers un oeil un peu particulier. Julien a reçu son premier appareil photo à 13-14 ans et a eu le déclic (je m’étais pourtant dit que je ne ferai pas cette blague facile) : il serait photographe. C’est donc à travers un objectif que nous allons voir la danse, le mouvement et la beauté des corps. Découvert au travers de ses photos de spectacles et des danseurs de l’Opéra de Paris, ce photographe m’a dès le début interpelé par le mouvement qu’il insuffle à ses clichés les rendant d’autant plus réussis que paradoxaux vus qu’ils subliment le mouvement en le figeant. Il paraissait de ce fait important d’éclairer cet étrange phénomène non pour en ternir la magie, car ces photos relèvent pour certaines d’un monde aussi poétique qu’irréel mais plus pour cerner le processus créatif de cet artiste utilisant d’autres artistes pour exprimer son art.

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Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce

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Bien que peuplé d’une faune un peu trop mondaine à mon goût (le quartier s’y prête entre les boutiques Chanel, St Laurent et les lumineux balcons des suites du Plaza Athénée), il faut bien reconnaitre que le Théatre des Champs Elysées a une programmation des plus attractives même s’il fait tout pour écarter des évènements majeurs le public de province en prenant soin de les programmer le plus souvent en semaine ! Par un heureux miracle c’est un samedi soir que Philippe Jaroussky emplissait de sa blanche voix la salle de l’avenue Montaigne dans un programme Haendel… et le temps s’est arrêté bien avant le changement d’heure officiel de ce dernier samedi d’octobre. Lire la suite « Récital Philippe Jaroussky … Haendel en grâce »

Les Fourberies de Scapin … de main de maître

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Bien sur vous les avez lues en 5ème, bien sur vous aviez trouvé çà un peu tarte, bien sur vous vous souvenez des répliques cultes que vous ânonniez en cours de français, bien sur vous trouvez bizarre d’aller voir ce genre de pièce en dehors de toute obligation scolaire, mais je vous le dis … bien sur vous allez courir voir cette nouvelle production de la Comédie Française (enfin lors de la prochaine reprise ou au cinéma car je crois que tout est complet depuis septembre et jusqu’en février) et elle vous fera revoir tout vos a priori sur le théâtre classique et celui de Molière en particulier. La Comédie Française rend avec cette nouvelle mise en scène signée Denis Podalydès le plus bel hommage que l’on puisse faire à la drôlerie mais aussi à la profondeur subtile de ce texte révélant çà et là quelques facettes intimes de son génial auteur.

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Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe

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On ne saura jamais vraiment quel fut le point de départ de l’idée d’associer Carolyn Carlson, Sidi Larbi Cherkaoui et Serge Lifar dans une même soirée ni s’il y avait d’ailleurs une logique particulière dans cet assemblage hétéroclite hormis l’idée de sembler faire du nouveau en mélangeant des parties de programmes des saisons passées pimentées de l’entrée au répertoire d’une nouvelle version du Prélude à l’après midi d’un faune, mais qu’importe !  …si j’avais été grincheux bien sur j’aurais eu tendance à dire « à quand une soirée avec l’acte 1 de la Belle au bois dormant, l’acte 2 de Giselle clôturé par l’apparition de Pétrouchka poursuivi par le Casse Noisette au détour d’une banc de brouillard ! » mais c’est d’humeur gaie et vierge de toute impression antérieure que je décidai d’aborder ce premier programme de la saison du Ballet de l’Opéra de Bordeaux plongé dans l’attente de la nomination de son futur directeur (cousue de fil blanc on suppose) et tout juste sorti de sa crise sociale (vierge, gai mais aussi naïf pour finir de passer pour l’idiot du village!!) … me voila donc parti joyeux, pur et innocent pour deux soirées au Grand Théatre de Bordeaux !  Lire la suite « Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe »

Les Damnés (reprise) … le même choc !

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La reprise des Damnés, spectacle monté pour la troupe de la Comédie Française par Ivo Van Hove sur la base du film de Visconti, retrouve les planches de la salle Richelieu en ce début de saison. Et il ne fut jamais question d’hésitation quand il fallut au Vicomte pointer les spectacles à mettre dans son panier d’abonné … retourner voir cette production qui vous balance le plus gros coup de poing que vous ayez jamais pu recevoir dans la gueule était certes un acte de masochisme émotionnel mais une nécessité comme déjà celle qui l’avait conduit à revoir une seconde fois la pièce l’an dernier après avoir pourtant fini au premier round scotché sur son fauteuil, hagard, sonné, réalisant à peine que les autres spectateurs applaudissaient voire commençaient en bon parisiens pressés à déserter le théâtre sitôt le rideau tombé et surtout juré que ce spectacle était d’une telle violence qu’il était hors de question de le revoir et d’en subir à nouveau la claque. Cette claque se reproduirait elle d’ailleurs une fois les coutures de la pièce transformées en fil blanc …? Sans détour la réponse est OUI ! et la claque fut peut être plus violente encore  Lire la suite « Les Damnés (reprise) … le même choc ! »

Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace !

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Credit Photo J Benhamou

Joyaux ! tout un programme en un seul mot, enluminé par Christian Lacroix en plus … sous les ors de Garnier pour ne rien gâcher … en période de révision de l’impôt sur la fortune on n’est pas loin de l’acte militant et protestataire … mais c’est aussi ça l’Opéra de Paris ! Et pourtant la compagnie a attendu l’an 2000 pour faire rentrer ce triple bill habilement déguisé au répertoire, l’oeuvre datant de 1967 … l’étrangeté de cet assortiment de pierres précieuses explique t’elle cette entrée tardive dans le fond de commerce parisien,  je ne sais pas mais en tout cas re-voila les trois pierres de Georges Balanchine : Emeraudes évoquant le style et l’élégance français (au fait qui a dit que le vert dans un théâtre c’était un peu comme un chat noir passant sous une échelle un vendredi 13?), Rubis tout teinté du jazz et de clinquant américain et Diamants rendant hommage au grand style classique russe. Nous voici donc parti tel des Philéas Fogg en collant pour notre tour du monde du saut de chat, de l’arabesque et du rond de jambe. Lire la suite « Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace ! »

François Alu Hors cadre … et hors sujet?

Hors Cadre (c) Julien Benhamou avec François Alu (8)

Mon Dieu donnez moi la force de résister à la volée de bois vert qui va me tomber dessus s’il advient, chose heureusement peu probable, que la nuée de balletomanes conquis d’avance (moi le premier) et ayant assiégé le charmant Théatre Antoine en ce jour béni de Terpsichore, comprenne mal le propos qui va suivre ! A la fin de l’été François Alu annonçait la création d’un spectacle qui le présenterait « Hors cadre » comprenez libéré de toute l’étiquette pesante et ampoulée de son port d’attache : le Ballet de l’Opéra de Paris. Pour re-situer le contexte, ce danseur au charisme et à l’énergie insolents (insolente pour ceux qui défendent l’écriture inclusive) enflamme les salles de l’Opéra à chacune de ses apparitions mais reste trop souvent, aux yeux des spectateurs interloqués, cantonné à des seconds rôles et ne voit jamais arriver de nomination stellaire. La faute à son caractère explosif et son esprit rebelle et fol parait-il … L’idée semblait donc être de bâtir avec son acolyte Samuel Murez et la compagnie 3ème étage, un spectacle dans un théâtre privé (restant quand même sur la ligne 8 reliant Garnier et Bastille) lui permettant de livrer sans contrainte sa personnalité à ses admirateurs. Que croyez vous qu’il arriva ? …  Lire la suite « François Alu Hors cadre … et hors sujet? »