Don Quichotte … version Noureev

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Dernière soirée de cette longue série de Don Quichotte à l’Opéra National de Paris et l’occasion de dédier cet épilogue riche en changements de distribution à Rudolf Noureev disparu il y a tout juste 25 ans. L’occasion de rappeler dans le bref avis déclamé en début de spectacle que l’ancien directeur du ballet restait bien présent dans le répertoire et le coeur de la compagnie… on verra ça dans la programmation de la prochaine saison (qui compterait déjà son ballet Cendrillon). Dernière soirée et un invité tout autant « de marque » que « de dernière minute » en la personne d’Isaac Hernandez, appelé un peu en catastrophe pour remplacer Josuah Hoffalt... dernière soirée et le retour d’Alice Renavand dans un grand et vrai ballet classique ! Ca sentait le beau cadeau sur le papier … et la promesse fut tenue. Lire la suite « Don Quichotte … version Noureev »

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Le Comte Ory … béni des dieux

 

LE COMTE ORY -

Un Comte Ory ça ne se boude pas … surtout quand il offre l’occasion de découvrir la salle de l’Opéra Comique encore jamais visitée, quand la mise en scène est signée Denis Podalydès en collaboration scénographique et vestimentaire avec Eric Ruf et Christian Lacroix et quand la distribution s’avère aussi alléchante. Mais un Comte Ory ça peut décevoir quand on n’a dans l’oreille que la version sublime enregistrée par Juan Diego Flores ou l’autre bijou filmé au Met avec le même phénomène vocal, Diana Damrau et Joyce di Donato … C’était un peu l’état d’esprit maniaco-dépressif qui régnait avant le spectacle … mais en sortant euphorie, extase et bonne humeur pour les siècles et les siècles … Amen, amen, amen !! Un dieu fut bien parmi nous ce soir là … Lire la suite « Le Comte Ory … béni des dieux »

Don Quichotte … version Charles Jude

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Bordeaux, devenant parisienne grâce à la LGV,  a donc décidé de se caler sur la programmation de sa grande soeur pour les fêtes de fin d’année et propose, elle aussi,  un Don Quichotte sur la scène de son Opéra National. Charles Jude, retraité de la direction du ballet de ladite maison, y lègue sa version de l’oeuvre, subtil mélange de respect de la tradition et d’émancipation surréaliste ; le rôle titre devenant ici un esprit illuminé proche d’un Salvador Dali en armure. Si le spectacle est enlevé et fait passer une belle soirée, à y regarder dans le détail on décèle rapidement les points faibles que le nouveau directeur aura à corriger pour maintenir la qualité qu’exige une compagnie classique destinée à défendre le répertoire du grand ballet narratif.  Lire la suite « Don Quichotte … version Charles Jude »

Le Petit-Maître Corrigé … le charme de(s) l’ancien(s)

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La Comédie Française reprend salle Richelieu la création d’un inédit de Marivaux … et pour cause jusqu’à sa sortie des tiroirs l’an passé ce Petit-maitre Corrigé n’avait été joué que deux fois en 1734 avant d’être immédiatement retiré suite au fracassant naufrage de sa création. On y hua tellement, se dit-il, qu’on n’aurait même pas entendu « Dieu tonner » ! Quelle idée, donc, de vouloir donner une seconde vie à ce texte si vivement conspué ?! surement l’envie de Clement Hervieu Léger de montrer que le théâtre de Marivaux est encore appréciable par le public contemporain et de plonger dans une sorte de fantasme de ce que pouvait être le théâtre au XVIII ème siècle … pari réussi malgré un texte ne pouvant sur deux heures masquer ses faiblesses ! Lire la suite « Le Petit-Maître Corrigé … le charme de(s) l’ancien(s) »

La Bohème … Objectif Lune !

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Ami tintinophile réjouis toi !! le metteur en scène d’opéra aborde enfin les aventures de ton reporter préféré pour recycler les tubes lyriques empoussiérés dans des mises en scène tarte à la crème depuis d’interminables années. C’est « On a marché sur le lune » qui, audacieusement accolé à La Bohème, inaugure la série de paraphrases opératiques sur les péripéties du belge à houpette sur la scène de l’Opéra Bastille, aux dimensions dignes, il faut bien l’avouer d’une plate forme de Kourou. Mais avant de subir Tosca et les Picaros, Traviata au Tibet ou une Salomé à l’oreille cassée fumant les cigares du pharaon, revenons sur cette transposition lunaire pas idiote dans le fond mais s’avérant rapidement stérile, sans issue et avant tout nuisible au contenu de l’oeuvre.   Lire la suite « La Bohème … Objectif Lune ! »

Festen … lente et amère digestion

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Après le succès de Nobody, Cyril Teste retrouve les principes du « dogme » de Thomas Vinterberg et de plus près encore puisqu’il s’attaque directement à la mise en scène théâtrale de Festen, que le réalisateur danois avait présenté en 1998 au cinéma. Le challenge est de représenter une pièce de théâtre en la filmant pour en restituer en même temps sur écran géant une version captée caméra au poing et montée en direct, poussant ainsi à l’extrême le rôle intrusif de la vidéo dans la mise en scène. Cette prouesse technique et artistique, renforce la curieuse impression d’absence de drame dans ce qui se joue sous nos yeux de spectateur doublement voyeur, alors que pourtant, ce diner auquel nous assistons devrait être une terrifiante onde de choc … autant dire que le repas reste sur l’estomac, la subtilité de son assaisonnement ne se révélant qu’après une longue digestion.  Lire la suite « Festen … lente et amère digestion »

Un break à Mozart 1.1 … laisse donc Mozart tranquille

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Kader Attou avait eu l’an passé l’idée de confronter, et le mot est volontairement choisi car à aucun vrai moment on ne trouvera de fusion ni même de cohabitation naturelle, Mozart et le hip-hop. Enrôlant des musiciens de l’orchestre des Champs Elysées, piochant dans quelques pages du Don Giovanni, du Requiem (rien que çà) et de trois ou quatre sérénades pour cordes d’un Wolfie décidément mangeable à toutes les sauces, et s’entourant d’une bande de solides gaillards, Un break à Mozart 1.1 ne donne pas envie à l’issue d’un second visionnage de voir la mise à jour 1.2 s’il devait y en avoir une. Présenté l’an dernier au festival Cadences, ce ballet, heureusement de format court, n’avait séduit que par de trop rares moments d’abandon des corps virils et agressifs … à y revoir et passé l’effet de surprise de ce bizarre assemblage, la pièce ne décolle pas et devient aussi longue qu’une messe à Rome.

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