FRANCOIS ALU … ETOILE ET TOILE !

Cà y est ! François Alu faisait cette semaine son retour dans le rôle, taillé sur mesure, de Solor anti-héros de La Bayadère, ballet testament de Rudolf Noureev. Ça y est ! Il a été, ce samedi 23 avril 2022, nommé Étoile du Ballet de l’Opera de Paris. Il aurait pu l’être lors de l’avant dernière reprise de cette production vitrine de l’institution, série dans laquelle il avait été fabuleux ; il aurait, en fait, pu l’être à bien d’autres occasions …

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Et si cet été on lisait un livre ?

Une fois n’est pas coutume, mais comme même Elle et le Cosmo’ du mois de juillet s’y sont mis, montrons nous pour une fois conformiste et partageons nos dernières lectures et celles à venir avec l’envie de vous donner envie de mettre cet objet curieux qu’est le livre dans votre sac de plage, votre paquetage de randonnée ou votre malle de voyage tant le bruit du ressac sur la grève, une soirée dans une refuge perdu au Bhoutan ou l’air du large sur le pont du Queen Elizabeth sont propices à se laisser emporter (ou pas) par l’imaginaire et les idées d’un autre. Poursuivre la lecture de « Et si cet été on lisait un livre ? »

Les Pêcheur de Perles

Faisant suite à une série de représentations lilloises et parisiennes, cet enregistrement vient rajeunir l’offre discographique de cet opéra qui semble revenir en force sur la scène lyrique. Ecrite par un Georges Bizet encore jeune (1863), il faut bien admettre que la partition un peu fourre tout niveau style permet à tous les amateurs d’opéra d’y trouver leur bonheur : des choeurs dignes du grand Verdi, des arias flirtant avec le bel canto bellinien, des relans de Gounod … Et ceux qui, en ce printemps tristounet, rêvent d’aventures exotiques sous les palmiers ne seront pas laissés sur la touche avec un argument simpliste mais regroupant prêtresse hindoue transgressant le voeu de chasteté, prêtre intégriste agitant le spectre de la vengeance des dieux sur un peuple crédule, rivalité amoureuse entre deux amis et bien sur le flashback qui va bien pour dénouer l’intrigue ! Ce nouvel opus paru chez Pentatone ne sera surement pas LA nouvelle version de référence mais est à écouter d’urgence ! La distribution rassemble ce qui l’imminente crème  du chant français : Cyrille Dubois donne au héros Nadir un teinte vraiment nouvelle avec une voix caractérisée par un phrasé souple et envoutant comme une volute d’encens dans un temple hindou. Ses aigus sont doux et suaves, se prolongent dans des pianissimi dont l’auditeur se délecte sans mesure. Florian Sempey excelle dans ce registre et donne de sa superbe voix grave une belle consistance à Zurga, hélas parfois abordé de manière caricaturale. Ici, c’est avec subtilité et une certaine dose d’originalité que le baryton français montre que le personnage peut être psychologiquement plus complexe que ce que le livret semble vouloir nous dire. Luc Berthin Hugaut est Nourabad, le prêtre et arrive avec véhémence à imposer son statut de grand gourou. Julie Fuchs prête sa voix à Leila, la prêtresse, en y apportant une belle sensualité et le cadre vocal nécessaire à aborder ces deux styles de chant qui caractérisent son rôle avec un premier air très « colorature » suivi d’une partition plus lyrique. Alexandre Bloch, conduit sans détour un Orchestre national de Lille aux belles sonorités. L’ensemble est vif, alerte et enrobé comme dans une super production américaine. A défaut d’un excès de finesse, on y trouve une efficacité appréciable au disque (peut être plus critiquable lors d’une version scénique). Alors bien sur l’album n’est pas dénué de quelques défauts : les aigus parfois écourtés de Julie Fuchs, un vibrato un parfois un peu trop prononcé et un penchant à jouer le rôle plus comme une Juliette  frétillante que comme une prêtresse virginale des choses de l’Amour, les possibles limites  de Cyrille Dubois dans certains (rares) passages, un épisodique manque de densité dans les graves de Florian Sempey, quelques moments où la diction (notamment dans le choeur) fait défaut … si l’on veut pinailler !

mais tout est tellement interprété et homogène qu’on se laisse sans faire la fine bouche emporter « sous le soleil des tropiques » !

Classes ouvertes à l’éstba … l’art de l’acteur

Sous le regard bienveillant et surement intimidant de Jean Yves Ruf, comédien, metteur en scène et pédagogue, les 14 élèves de l’Ecole Supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine ont chacun choisi un texte (monologue de théâtre ou texte non « dramatique ») et ont vécu avec lui et leur « mentor » durant 5 semaines. Le but :  essayer de situer ce qu’est l’art de l’acteur. Vaste question à laquelle il faut, pour répondre, surement plus une vie entière que quelques semaines … en tout cas, au cours de 3 journées en classe libre, les jeunes comédiens restituent leur texte et leur parcours à travers lui devant un « public ».

Il ne s’agit aucunement d’une représentation avec mise en scène de l’extrait et toute la machinerie qui va avec ; juste une ultime séance de travail finalement beaucoup plus édifiante qu’une représentation elle même. Il est en effet assez troublant de voir que notre oeil de spectateur se décale dans cet exercice, ne cherchant plus à appréhender son rapport propre au texte à travers le comédien mais bien le rapport direct du comédien  à « son » texte. Après avoir donné sa « tirade », l’élève est repris par le professeur qui re-développe devant nous les diverses approches travaillées au cours des semaines passées : l’association de mouvements au monologue pour en souligner le rythme intérieur ou les changements de direction, sa traduction en une langue imaginaire, la restitution du soliloque en le récitant bouche fermée ou encore le travail sur l’ouverture du corps… Les « apprentis comédiens » permettent ainsi au public d’appréhender les divers problèmes que peut trouver l’acteur face au texte ; le travail de Jean Yves Ruf est de les aiguiller sur d’autres pistes de réflexion ou de les amener à travers des exercices à éviter l’enfermement dans le texte, la perte de connexion avec le public, à planter un décor sur un plateau nu rien qu’avec des mots ! Cette activité atypique de spectateur est assez troublante (car elle place le spectateur dans un état d’intimité assez inhabituel avec le comédien) et compliquée à restituer de part la diversité des situations et des textes choisis ; elle n’en demeure pas moins passionnante dans cette réflexion personnelle menée sur ce grand mystère de l’interprétation et de la magie de la naissance d’une émotion sincère à partir d’une situation imaginaire. Il reste encore une séance demain : je ne peux que vous engager à aller faire cette expérience et  partager ce moment avec les 14 magnifiques acteurs en devenir.

Classes ouvertes – Estba – Studio de création TNBA – Jeudi 19 Avril 2018

Photo © Franck Manzoni

Enemies in Love

En attendant un album solo du jeune contre ténor qui a explosé lors d’une séance d’enregistrement pour France Musique lors du dernier festival d’Aix en Provence (buzz classique surement en grande partie lié à son joli museau et sa belle dégaine en short et chemise négligemment mais « finement » entrouverte … le pouvoir de l’image! il ne savait pas que ça allait être filmé du coup il est arrivé au naturel a avoué le chérubin !) voici l’occasion plutôt réussie de retrouver sa douce voix dans cet album partagé avec la mezzo soprano Natalia Kawalek