Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra

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Cette soirée « danseurs/chorégraphes » de feu l’Académie mort née chorégraphique, a fait planer pour diverses raisons le spectre de Benjamin Millepied sur le palais Garnier comme si la fameuse loge 5 du somptueux édifice avait ce soir encore était occupée par un ex- directeur finalement toujours bien présent dans l’esprit de ses ex- administrés. D’abord parce que depuis le Lac des Cygnes et malgré le bref interlude du Songe d’une nuit d’été la programmation enchaîne les soirées de balletS si chères au plus new yorkais des Directeurs de la danse français ensuite parce que les ambiances proposées ici sont souvent un patchwork de l’influence que ce dernier a su insuffler (à tort ou à raison je laisserai à chacun le soin de débattre en son âme et conscience) à la compagnie. Une évidence s’impose : les moyens donnés à cette Académie chorégraphique dont on ne sait finalement pas si le coaching prévu avec William Forsythe a été effectif , sont colossaux pour mettre en avant les velléités chorégraphiques de ces 4 membres du corps de ballet qui n’en sont bien sur pas à leur coup d’essai … 30 minutes chacun, effectif plus que conséquent et pluie d’étoiles plus impressionnante que lors de la traversée des Perséides et surtout que sur les distributions de la Sylphide à venir !! (ce qui pose quand même question sur l’emploi des étoiles actuelles !) Lire la suite « Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra »

La Fresque … légende capillaire

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Angelin Preljocaj aime raconter des histoires ; après Blanche neige il se penche avec la Fresque sur un conte asiatique racontant l’histoire de deux voyageurs trouvant refuge dans un petit temple. Un vieux moine les conduit alors devant une fresque représentant de superbes femmes cueillant des fleurs dans la foret. L’un des deux voyageurs tombe tellement en extase devant la beauté de l’une d’elle qu’il finit par rentrer dans le dessin. Une histoire d’amour se noue entre la jeune fille du monde imaginaire et le voyageur du monde terrestre mais le jeune homme se trouve chassé de la toile à l’arrivée des dieux ayant découvert la présence d’un mortel dans leur monde. Se réveillant devant la fresque, l’amoureux banni du tableau fait remarquer à son compagnon que l’une des filles a changé de coiffure et arbore désormais celle des femmes mariées. Lire la suite « La Fresque … légende capillaire »

Balanchine, Robbins,Cherkaoui … et Ravel

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Dernière soirée typique de la marque Benji 1000ft à l’Opéra de Paris, ce triple bill, format qu’il affectionne au point de nous en avoir gavé comme des oies blanches durant son cours mandat et nouvelle preuve que sans une réflexion poussée et un fil conducteur en béton (ce qui peut paraître un peu étrange comme matière pour un fil on est bien d’accord!), ce genre de soirée est vouée à un ennuyeux échec. Et c’est ce qui se passe dans ce programme Ravel vu par Balanchine, Robbins et Cherkaoui qui pose quelques inutiles questions maintenant que la direction a changé de mains : faut il crier au génie dès que le nom de Balanchine figure dans le programme ? les critiques peuvent il ouvrir leur esprit et imaginer que le Boléro puisse avoir une vie chorégraphique après Béjart ? à force de ne plus danser qu’avec des chorégraphes déstructurant les pas classiques le ballet de l’Opéra de Paris pourra t’il encore rivaliser avec les (rares) grandes compagnies classiques internationales ? La musique peut elle dépasser la chorégraphie et l’orchestre prendre le dessus sur les danseurs ?

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4 TENDANCES … la preuve par 4 qu’ils sont incontournables !

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Le milieu de la saison est le traditionnel rendez vous du Ballet de l’Opéra de Bordeaux et de la danse contemporaine. Cet épisode où la compagnie se confronte à un langage chorégraphique autre que la forme académique et classique qu’elle défend avec brio est toujours l’occasion de voir certaines individualités se détacher du groupe, être mises en avant et sortir de l’uniformité parfaite et recherchée du troupeau de cygnes ou de la bande de jeunes et joyeux villageois ou gentilshommes. 4 Tendances est aussi l’occasion pour le public bordelais d’assister à des créations ou des entrées au répertoire de pièces de chorégraphes d’aujourd’hui et pour les danseurs de construire ces pièces directement à partir du matériau que leur propose un créateur bien vivant ! De ce fait, cet incontournable de la saison depuis maintenant 6 ans est particulièrement intéressant à suivre car il capte l’énergie de la compagnie et condense le talent des uns, en révèle d’autres plus à l’aise dans un univers plus contemporain ; dans tous les cas montre le potentiel de création et d’interprétation de la compagnie … une sorte de bilan de santé annuel ! Lire la suite « 4 TENDANCES … la preuve par 4 qu’ils sont incontournables ! »

Le (so cuuuute) Songe d’une Nuit d’Eté

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« Les passagers à destination de la Forêt Magique sont attendus porte 2 pour un embarquement immédiat » aurait pu être le message de ralliement engageant les derniers spectateurs à prendre place dans la vaste et austère salle de l’opéra Bastille pour assister à l’entrée au répertoire du Songe d’une Nuit d’été, rare incursion dans le ballet à argument qu’avait tenté Georges Balanchine en 1962 pour le New York City Ballet ! Fidèle spectateur de Disney Channel, petite fille ou petit garçon (ne soyons pas sexiste) amateur de Barbie ballerine à paillettes range ton pancake au nutella ce spectacle est fait pour toi ! Il faut bien l’avouer la présentation de ce ballet porte la marque de Benjamin Millepied qui n’aura finalement jamais été aussi présent que dans cette saison qu’il a programmé avant de « going away » et ce Songe illustre tout ce que l’Amérique a de différent de l’Europe. On imagine aisément ces new yorkaises polies, la bouche remplie d' »amaiiiiiiiiiizing », « so cuuuuuuute  » et autres qualificatifs aussi creux qu’énoncés avec conviction et exubérance, se pâmer devant ce fade assortiment de niaiseries, version cup cake coloré dégoulinant d’un nappage de bonnes mais insipides intentions …

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Bejart Ballet Lausanne … 10 ans après

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@Lauren pasche 

Cela fait déjà 10 ans que Maurice Béjart, chorégraphe incontournable du XXème siècle, veille sur le Ballet Béjart Lausanne depuis des cieux surement bienveillants à son égard car fascinés par son parcours ;  il a avant son dernier envol laissé la direction artistique à l’un de ses anciens danseurs : Gil Roman. Celui ci continue de faire vivre la compagnie entre reprises des ballets du Maitre et créations personnelles. J’avouerai que je suis mal placé pour juger de la qualité de sa direction, qui semble être ou avoir été décriée, car de mémoire de balletomane je ne crois avoir vu qu’une fois la compagnie danser (bon ok c’était le Boléro! mais quitte à voir un spectacle de Béjart autant voir celui là !!) et que je n’ai concrètement approché (entendez par là « en live ») Béjart chorégraphe que par l’Oiseau de Feu remonté à l’Opéra de Paris en 2013. Le BALLET BEJART LAUSANNE passait en terres maritimes (quel bel oxymore!) grâce à la pertinente programmation de la ville d’Arcachon, toujours de belle qualité notamment en matière chorégraphique : il était donc impensable de ne pas aller à sa rencontre …d’autant que le soirée proposait un ballet de l’Elève et une adaptation rassemblant plusieurs extraits de ballets du Maitre  Lire la suite « Bejart Ballet Lausanne … 10 ans après »

Tree of Codes … écrasante soirée

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Je l’ai toujours dit quand le concept et la recherche d’un bel effet veulent s’imposer à la pureté et au naturel d’une émotion, le résultat ne me plait que rarement … on ne va donc pas tourner autour du pot :  Tree of codes de Wayne Mc Gregor a provoqué chez moi un ennui mortel tant et si bien qu’au bout de 20 minutes je regardais déjà ma montre, qu’au bout de 30 j’étais pris d’une douce léthargie avant que dans les dernières et salvatrices 10 minutes la musique totalement dansante de Jamie xx me fasse à nouveau me trémousser sur mon siège et me fasse penser que oui, définitivement, une soirée mousse à Garnier serait totalement décadente et géniale ! Car oui, le ballet de l’Opéra danse aussi sur la musique d’aujourd’hui de ce jeune musicien anglais qui en plus de sa carrière solo et en groupe remixe aussi et produit Drake, Adele ou Alicia Keys …  Lire la suite « Tree of Codes … écrasante soirée »