ROMEO ET JULIETTE … l’avenir est à construire

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Le hasard fait parfois bien les choses : en programmant son Romeo et Juliette créé en 2009, Charles Jude, directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux depuis plus de 20 ans n’imaginait sûrement pas que ce serait avec le plus personnel de ses ballets montés pour la compagnie que se terminerait son mandat passionné. Poliment conduit vers une retraite anticipée par une direction générale dont les intentions envers la danse semblent aussi franches qu’une accolade de Tartuffe, ses fonctions se sont en effet arrêtées lors de la première de cette belle série. Le hasard fait souvent bien les choses … cette série a permis de montrer comment après une période un peu bancale suite aux départs de certains piliers il y a quelques années, la compagnie sous l’impulsion de son directeur a su retrouver des solistes et un corps de ballet capables de défendre dignement son rang parmi les rares compagnies à pouvoir proposer ce genre de répertoire dans des productions de qualité.  Lire la suite « ROMEO ET JULIETTE … l’avenir est à construire »

La Sylphide (2) … de ceux dont le talent devrait être mieux récompensé

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Une Sylphide est morte qu’une autre la remplace déjà … et une toute nouvelle : pour Hannah O’ Neill c’est une prise de rôle, fugace qui plus est, car elle hérite du rôle titre pour la dernière représentation uniquement. Tout comme pour son partenaire Vincent Chaillet. « Comment? » vous dites vous .. « il est allé voir deux Sylphides en moins de 24h … Quelle drôle d’idée !! ». « Non point » vous répondrai-je ! faites en l’expérience et vous verrez que rien ne ressemble moins à un ballet que le même ballet dansé par un cast différent. Et cette version de La Sylphide en est une preuve édifiante. Si la veille, les interprètes mettaient l’accent sur la symbolique des personnages, cette nouvelle distribution prend le contre pied et livre une approche beaucoup plus concrète mais diablement efficace.  Lire la suite « La Sylphide (2) … de ceux dont le talent devrait être mieux récompensé »

La Sylphide … des étoiles montantes

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En parallèle de l’entrée au répertoire d’une nouvelle pièce contemporaine d’ATK, l’opéra de Paris propose une alternative classique avec la reprise de la Sylphide, ballet romantique emblématique du répertoire remonté à l’identique de la version de 1832 par Pierre Lacotte. Longtemps tombé dans l’oubli ce ballet ayant élevé « LA » Taglioni au rang d’icône, renait en effet dans les années 1970 et retrouve la place qui lui est dûe comme en témoigne les reprises régulières sur la scène du Palais Garnier. Construit sur le modèle très en vogue au milieu du XIX ème siècle (un acte concret dans le monde réel et un acte dit blanc dans un monde féerique ou surnaturel) la Sylphide de Pierre Lacotte réjouit toujours le balletomane avec ses effets spéciaux, ses créatures ailées et tout son exotisme, l’action se déroulant en … Ecosse !  Lire la suite « La Sylphide … des étoiles montantes »

Giselle … version cubaine

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@ Nancy Reyes

Le Ballet National de Cuba en tournée en Europe fait escale à la salle Pleyel, désormais salle « polyvalente » et modulable… et cette venue est un petit évènement pour le balletomane en manque de ballet classique. Au menu : un gala accumulant toutes les passages obligés de ce genre de programme (Corsaire, Cygne, Acteon et son fameux slip en peau de léopard, …), et deux ballets « intégral » : Giselle et Don Quichotte. N’ayant pas eu de Giselle cette année et m’apprêtant à voir au moins deux Don Quichotte (Paris Bordeaux … non a priori pas le Mans) la saison prochaine, l’appel du tulle vaporeux a été le plus fort et c’est donc vers la Willi que mon choix s’est porté en ce joyeux week end de juillet. Si foncièrement la chorégraphie d’Alicia Alonso qui a excellé dans ce rôle en tant que prima ballerina ne révolutionne pas la version traditionnelle de Corrali et Perrot, il faut cependant accepter pour apprécier cette production une vision très décalée de notre interprétation européenne  Lire la suite « Giselle … version cubaine »

Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra

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Cette soirée « danseurs/chorégraphes » de feu l’Académie mort née chorégraphique, a fait planer pour diverses raisons le spectre de Benjamin Millepied sur le palais Garnier comme si la fameuse loge 5 du somptueux édifice avait ce soir encore était occupée par un ex- directeur finalement toujours bien présent dans l’esprit de ses ex- administrés. D’abord parce que depuis le Lac des Cygnes et malgré le bref interlude du Songe d’une nuit d’été la programmation enchaîne les soirées de balletS si chères au plus new yorkais des Directeurs de la danse français ensuite parce que les ambiances proposées ici sont souvent un patchwork de l’influence que ce dernier a su insuffler (à tort ou à raison je laisserai à chacun le soin de débattre en son âme et conscience) à la compagnie. Une évidence s’impose : les moyens donnés à cette Académie chorégraphique dont on ne sait finalement pas si le coaching prévu avec William Forsythe a été effectif , sont colossaux pour mettre en avant les velléités chorégraphiques de ces 4 membres du corps de ballet qui n’en sont bien sur pas à leur coup d’essai … 30 minutes chacun, effectif plus que conséquent et pluie d’étoiles plus impressionnante que lors de la traversée des Perséides et surtout que sur les distributions de la Sylphide à venir !! (ce qui pose quand même question sur l’emploi des étoiles actuelles !) Lire la suite « Bertaud, Valastro, Bouché, Paul … le fantôme de l’Opéra »

La Fresque … légende capillaire

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Angelin Preljocaj aime raconter des histoires ; après Blanche neige il se penche avec la Fresque sur un conte asiatique racontant l’histoire de deux voyageurs trouvant refuge dans un petit temple. Un vieux moine les conduit alors devant une fresque représentant de superbes femmes cueillant des fleurs dans la foret. L’un des deux voyageurs tombe tellement en extase devant la beauté de l’une d’elle qu’il finit par rentrer dans le dessin. Une histoire d’amour se noue entre la jeune fille du monde imaginaire et le voyageur du monde terrestre mais le jeune homme se trouve chassé de la toile à l’arrivée des dieux ayant découvert la présence d’un mortel dans leur monde. Se réveillant devant la fresque, l’amoureux banni du tableau fait remarquer à son compagnon que l’une des filles a changé de coiffure et arbore désormais celle des femmes mariées. Lire la suite « La Fresque … légende capillaire »

Balanchine, Robbins,Cherkaoui … et Ravel

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Dernière soirée typique de la marque Benji 1000ft à l’Opéra de Paris, ce triple bill, format qu’il affectionne au point de nous en avoir gavé comme des oies blanches durant son cours mandat et nouvelle preuve que sans une réflexion poussée et un fil conducteur en béton (ce qui peut paraître un peu étrange comme matière pour un fil on est bien d’accord!), ce genre de soirée est vouée à un ennuyeux échec. Et c’est ce qui se passe dans ce programme Ravel vu par Balanchine, Robbins et Cherkaoui qui pose quelques inutiles questions maintenant que la direction a changé de mains : faut il crier au génie dès que le nom de Balanchine figure dans le programme ? les critiques peuvent il ouvrir leur esprit et imaginer que le Boléro puisse avoir une vie chorégraphique après Béjart ? à force de ne plus danser qu’avec des chorégraphes déstructurant les pas classiques le ballet de l’Opéra de Paris pourra t’il encore rivaliser avec les (rares) grandes compagnies classiques internationales ? La musique peut elle dépasser la chorégraphie et l’orchestre prendre le dessus sur les danseurs ?

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