Ailey II … transpirer n’est pas exprimer

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Lancée en 1974 sous le nom de Alvin Ailey Repertory Ensemble, Ailey II est le vivier du Alvin Ailey American Dance Theater regroupant une douzaine de jeunes danseurs sous la houlette de Troy Powell. Sa venue en France est l’occasion de se replonger dans la danse américaine à laquelle nous a désormais bien habitué la programmation contemporaine française. Le constat est que l’on retombe bien vide dans des moules semblant pré-formatés même si l’enthousiasme de la troupe essaie avec plus ou moins de bonheur de montrer toute sa bonne volonté et son talent. Lire la suite « Ailey II … transpirer n’est pas exprimer »

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Don Quichotte … version Noureev

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Dernière soirée de cette longue série de Don Quichotte à l’Opéra National de Paris et l’occasion de dédier cet épilogue riche en changements de distribution à Rudolf Noureev disparu il y a tout juste 25 ans. L’occasion de rappeler dans le bref avis déclamé en début de spectacle que l’ancien directeur du ballet restait bien présent dans le répertoire et le coeur de la compagnie… on verra ça dans la programmation de la prochaine saison (qui compterait déjà son ballet Cendrillon). Dernière soirée et un invité tout autant « de marque » que « de dernière minute » en la personne d’Isaac Hernandez, appelé un peu en catastrophe pour remplacer Josuah Hoffalt... dernière soirée et le retour d’Alice Renavand dans un grand et vrai ballet classique ! Ca sentait le beau cadeau sur le papier … et la promesse fut tenue. Lire la suite « Don Quichotte … version Noureev »

Un break à Mozart 1.1 … laisse donc Mozart tranquille

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Kader Attou avait eu l’an passé l’idée de confronter, et le mot est volontairement choisi car à aucun vrai moment on ne trouvera de fusion ni même de cohabitation naturelle, Mozart et le hip-hop. Enrôlant des musiciens de l’orchestre des Champs Elysées, piochant dans quelques pages du Don Giovanni, du Requiem (rien que çà) et de trois ou quatre sérénades pour cordes d’un Wolfie décidément mangeable à toutes les sauces, et s’entourant d’une bande de solides gaillards, Un break à Mozart 1.1 ne donne pas envie à l’issue d’un second visionnage de voir la mise à jour 1.2 s’il devait y en avoir une. Présenté l’an dernier au festival Cadences, ce ballet, heureusement de format court, n’avait séduit que par de trop rares moments d’abandon des corps virils et agressifs … à y revoir et passé l’effet de surprise de ce bizarre assemblage, la pièce ne décolle pas et devient aussi longue qu’une messe à Rome.

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Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO !

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Objectivement, cette soirée de ballet n’inspirait déjà sur le papier qu’un intérêt concentré sur la reprise du Sacre du Printemps de Pina Bausch qui semblait à lui seul pouvoir faire avaler la pilule de Agon, Nième Georges Balanchine, chorégraphe qui semble aussi indispensable à une soirée de ballet de l’Opéra de Paris qu’un suppo glycériné à la vieille dame constipée et de Grand Miroir, la création conceptuelle de Saburō Teshigawara sur un poème de Baudelaire. Le pressentiment est confirmé sur scène  ;  nous allons voir comment et pourquoi … au risque de se faire excommunier pour blasphème envers le dieu Georges Balanchine tout d’abord et de se voir taxé de rétrograde ensuite pour n’avoir pas su apprécié la modernité du japonais. Mais en Vicomte noble et droit dans ses bottes, le propos défendu ici sera malgré tout totalement assumé  Lire la suite « Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO ! »

Un café avec … Julien Benhamou

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Une cagette de tomates-cerises et une barquette de framboises sous le bras…c’est à la sortie du marché que Julien Benhamou se présente, simple et décontracté, pour parler de danse mais à travers un oeil un peu particulier. Julien a reçu son premier appareil photo à 13-14 ans et a eu le déclic (je m’étais pourtant dit que je ne ferai pas cette blague facile) : il serait photographe. C’est donc à travers un objectif que nous allons voir la danse, le mouvement et la beauté des corps. Découvert au travers de ses photos de spectacles et des danseurs de l’Opéra de Paris, ce photographe m’a dès le début interpelé par le mouvement qu’il insuffle à ses clichés les rendant d’autant plus réussis que paradoxaux vus qu’ils subliment le mouvement en le figeant. Il paraissait de ce fait important d’éclairer cet étrange phénomène non pour en ternir la magie, car ces photos relèvent pour certaines d’un monde aussi poétique qu’irréel mais plus pour cerner le processus créatif de cet artiste utilisant d’autres artistes pour exprimer son art.

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Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe

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On ne saura jamais vraiment quel fut le point de départ de l’idée d’associer Carolyn Carlson, Sidi Larbi Cherkaoui et Serge Lifar dans une même soirée ni s’il y avait d’ailleurs une logique particulière dans cet assemblage hétéroclite hormis l’idée de sembler faire du nouveau en mélangeant des parties de programmes des saisons passées pimentées de l’entrée au répertoire d’une nouvelle version du Prélude à l’après midi d’un faune, mais qu’importe !  …si j’avais été grincheux bien sur j’aurais eu tendance à dire « à quand une soirée avec l’acte 1 de la Belle au bois dormant, l’acte 2 de Giselle clôturé par l’apparition de Pétrouchka poursuivi par le Casse Noisette au détour d’une banc de brouillard ! » mais c’est d’humeur gaie et vierge de toute impression antérieure que je décidai d’aborder ce premier programme de la saison du Ballet de l’Opéra de Bordeaux plongé dans l’attente de la nomination de son futur directeur (cousue de fil blanc on suppose) et tout juste sorti de sa crise sociale (vierge, gai mais aussi naïf pour finir de passer pour l’idiot du village!!) … me voila donc parti joyeux, pur et innocent pour deux soirées au Grand Théatre de Bordeaux !  Lire la suite « Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe »

Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace !

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Credit Photo J Benhamou

Joyaux ! tout un programme en un seul mot, enluminé par Christian Lacroix en plus … sous les ors de Garnier pour ne rien gâcher … en période de révision de l’impôt sur la fortune on n’est pas loin de l’acte militant et protestataire … mais c’est aussi ça l’Opéra de Paris ! Et pourtant la compagnie a attendu l’an 2000 pour faire rentrer ce triple bill habilement déguisé au répertoire, l’oeuvre datant de 1967 … l’étrangeté de cet assortiment de pierres précieuses explique t’elle cette entrée tardive dans le fond de commerce parisien,  je ne sais pas mais en tout cas re-voila les trois pierres de Georges Balanchine : Emeraudes évoquant le style et l’élégance français (au fait qui a dit que le vert dans un théâtre c’était un peu comme un chat noir passant sous une échelle un vendredi 13?), Rubis tout teinté du jazz et de clinquant américain et Diamants rendant hommage au grand style classique russe. Nous voici donc parti tel des Philéas Fogg en collant pour notre tour du monde du saut de chat, de l’arabesque et du rond de jambe. Lire la suite « Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace ! »