IGRA (Jeux) … set et match !

La bouillonnante Compagnie Kor’sia dirigée par Mattia Russo et Antonio De Rosa revient à Paris dans le cadre du Festival Paris l’Eté après un passage par le Théâtre de Chaillot en juin dernier avec Giselle (hélas restée dans ma wish list par manque de temps). Cette fois, la compagnie ibéro-italienne propose un moyen format (55 minutes) dont le point de départ est Jeux de Nijinski (1913), une pièce au contenu audacieux mais totalement éclipsée par le scandale à venir de son Sacre du Printemps. IGRA (Jeux) ne propose pas vraiment une ré-appropriation de la chorégraphie originale mais ambitionne un pont passé/présent autour du thème principal : le désir et une « réflexion sur le contexte historique et moral dans lequel l’œuvre fut créée ». Fallait-il à tout prix vouloir faire une analyse cérébrale de l’un des plus organiques sentiments humains au risque de jeter sur scène le résultat hétéroclite d’une séance de brainstorming ? Telle est la question que l’on se pose à l’issue de cette pièce un peu brouillonne dans son déroulé et son argumentaire mais loin d’être dénuée d’intérêt.

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GISELLE … révélation et illumination

Trouver le juste milieu pour faire de chaque représentation de Giselle une première fois est un art difficile pour le balletomane (un peu comparable au chemin de l’ascète bouddhiste qui doit renoncer à ce qu’il connaît et vénère -s’encombre- pour mieux découvrir et voir le monde). La traditionnelle reprise de ce monument de l’Histoire du Ballet romantique par le Ballet de l’Opéra National de Paris fut l’occasion à travers deux distributions de faire ce chemin. L’objectif ici n’est pas de les comparer, elles sont chacune unique et l’exercice n’aurait aucun sens (aussi peu que de comparer Picasso et Caravage), mais de montrer comment l’une juvénile et fraîche a su ébranler des certitudes et faire aborder la seconde, plus mûrie, en plein doute ; cette dernière débouchant sur une révélation et l’illumination suprême.

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MYTHOLOGIES .. mortifère collaboration

Présentée il y a 4 ans comme un axe majeur de la programmation et de la vie du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux, la collaboration de cette compagnie avec le Ballet Preljocaj, se clôture avec la création de Mythologies, un ballet pour 20 danseurs issus paritairement de chacune des deux compagnies. A travers cette création, Angelin Preljocaj souhaite explorer « nos rituels contemporains et les mythes fondateurs qui forment notre imaginaire collectif ». Précision de l’argument au final inutile et contre-productive car à trop vouloir comprendre ce qu’il y voit, l’esprit du spectateur s’égare et s’épuise à tenter d’identifier les épisodes mythologiques en question et à sonder son inconscient en quête d’une connexion avec  un spectacle foutraque et une chorégraphie fourre-tout.

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LA BAYADERE … ou l’éloge de l’immoralité

Peut-on et doit-on encore représenter La Bayadère à notre époque ? C’est en substance la question saugrenue qui ouvrait l’une de mes récentes lectures autour de la reprise parisienne de ce ballet testament remonté pour l’Opéra de Paris par Rudolf Noureev. Cette superproduction pose en effet plusieurs problèmes aux gens si bien-pensants, que, tout concentrés qu’ils sont sur leurs pensées ne voient pas plus loin que le bout de leur nez et oublient, à tout vouloir intellectualiser et politiser, la finalité des choses. Adepte de la cancel culture vous n’avez décidément rien compris à ce qui motive un spectateur de ballet classique. 

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GERNIKA … entre tradition et contemporanéité

Nos régions ont du talent, nous ne cessons de le dire et sans partenariat rémunéré avec quelconque marque de la grande distribution. Le collectif Bilaka en est une nouvelle preuve. Œuvrant à « l’activation contemporaine de la danse et la musique traditionnelle du Pays basque », la compagnie intervient aussi bien à travers des bals populaires pour créer du lien social et faire vivre un patrimoine séculaire que dans une démarche de création comme en témoigne Gernika, fruit d’une intéressante collaboration avec Martin Harriague, chorégraphe contemporain décidément très productif.

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