Un break à Mozart 1.1 … laisse donc Mozart tranquille

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Kader Attou avait eu l’an passé l’idée de confronter, et le mot est volontairement choisi car à aucun vrai moment on ne trouvera de fusion ni même de cohabitation naturelle, Mozart et le hip-hop. Enrôlant des musiciens de l’orchestre des Champs Elysées, piochant dans quelques pages du Don Giovanni, du Requiem (rien que çà) et de trois ou quatre sérénades pour cordes d’un Wolfie décidément mangeable à toutes les sauces, et s’entourant d’une bande de solides gaillards, Un break à Mozart 1.1 ne donne pas envie à l’issue d’un second visionnage de voir la mise à jour 1.2 s’il devait y en avoir une. Présenté l’an dernier au festival Cadences, ce ballet, heureusement de format court, n’avait séduit que par de trop rares moments d’abandon des corps virils et agressifs … à y revoir et passé l’effet de surprise de ce bizarre assemblage, la pièce ne décolle pas et devient aussi longue qu’une messe à Rome.

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Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO !

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Objectivement, cette soirée de ballet n’inspirait déjà sur le papier qu’un intérêt concentré sur la reprise du Sacre du Printemps de Pina Bausch qui semblait à lui seul pouvoir faire avaler la pilule de Agon, Nième Georges Balanchine, chorégraphe qui semble aussi indispensable à une soirée de ballet de l’Opéra de Paris qu’un suppo glycériné à la vieille dame constipée et de Grand Miroir, la création conceptuelle de Saburō Teshigawara sur un poème de Baudelaire. Le pressentiment est confirmé sur scène  ;  nous allons voir comment et pourquoi … au risque de se faire excommunier pour blasphème envers le dieu Georges Balanchine tout d’abord et de se voir taxé de rétrograde ensuite pour n’avoir pas su apprécié la modernité du japonais. Mais en Vicomte noble et droit dans ses bottes, le propos défendu ici sera malgré tout totalement assumé  Lire la suite « Balanchine, Teshigawara, Bausch …victoire du printemps par KO ! »

Un café avec … Julien Benhamou

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Une cagette de tomates-cerises et une barquette de framboises sous le bras…c’est à la sortie du marché que Julien Benhamou se présente, simple et décontracté, pour parler de danse mais à travers un oeil un peu particulier. Julien a reçu son premier appareil photo à 13-14 ans et a eu le déclic (je m’étais pourtant dit que je ne ferai pas cette blague facile) : il serait photographe. C’est donc à travers un objectif que nous allons voir la danse, le mouvement et la beauté des corps. Découvert au travers de ses photos de spectacles et des danseurs de l’Opéra de Paris, ce photographe m’a dès le début interpelé par le mouvement qu’il insuffle à ses clichés les rendant d’autant plus réussis que paradoxaux vus qu’ils subliment le mouvement en le figeant. Il paraissait de ce fait important d’éclairer cet étrange phénomène non pour en ternir la magie, car ces photos relèvent pour certaines d’un monde aussi poétique qu’irréel mais plus pour cerner le processus créatif de cet artiste utilisant d’autres artistes pour exprimer son art.

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Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe

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On ne saura jamais vraiment quel fut le point de départ de l’idée d’associer Carolyn Carlson, Sidi Larbi Cherkaoui et Serge Lifar dans une même soirée ni s’il y avait d’ailleurs une logique particulière dans cet assemblage hétéroclite hormis l’idée de sembler faire du nouveau en mélangeant des parties de programmes des saisons passées pimentées de l’entrée au répertoire d’une nouvelle version du Prélude à l’après midi d’un faune, mais qu’importe !  …si j’avais été grincheux bien sur j’aurais eu tendance à dire « à quand une soirée avec l’acte 1 de la Belle au bois dormant, l’acte 2 de Giselle clôturé par l’apparition de Pétrouchka poursuivi par le Casse Noisette au détour d’une banc de brouillard ! » mais c’est d’humeur gaie et vierge de toute impression antérieure que je décidai d’aborder ce premier programme de la saison du Ballet de l’Opéra de Bordeaux plongé dans l’attente de la nomination de son futur directeur (cousue de fil blanc on suppose) et tout juste sorti de sa crise sociale (vierge, gai mais aussi naïf pour finir de passer pour l’idiot du village!!) … me voila donc parti joyeux, pur et innocent pour deux soirées au Grand Théatre de Bordeaux !  Lire la suite « Carlson, Cherkaoui, Lifar … l’individu et le groupe »

Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace !

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Credit Photo J Benhamou

Joyaux ! tout un programme en un seul mot, enluminé par Christian Lacroix en plus … sous les ors de Garnier pour ne rien gâcher … en période de révision de l’impôt sur la fortune on n’est pas loin de l’acte militant et protestataire … mais c’est aussi ça l’Opéra de Paris ! Et pourtant la compagnie a attendu l’an 2000 pour faire rentrer ce triple bill habilement déguisé au répertoire, l’oeuvre datant de 1967 … l’étrangeté de cet assortiment de pierres précieuses explique t’elle cette entrée tardive dans le fond de commerce parisien,  je ne sais pas mais en tout cas re-voila les trois pierres de Georges Balanchine : Emeraudes évoquant le style et l’élégance français (au fait qui a dit que le vert dans un théâtre c’était un peu comme un chat noir passant sous une échelle un vendredi 13?), Rubis tout teinté du jazz et de clinquant américain et Diamants rendant hommage au grand style classique russe. Nous voici donc parti tel des Philéas Fogg en collant pour notre tour du monde du saut de chat, de l’arabesque et du rond de jambe. Lire la suite « Joyaux … Diabolo menthe, Redbull et Vodka glace ! »

François Alu Hors cadre … et hors sujet?

Hors Cadre (c) Julien Benhamou avec François Alu (8)

Mon Dieu donnez moi la force de résister à la volée de bois vert qui va me tomber dessus s’il advient, chose heureusement peu probable, que la nuée de balletomanes conquis d’avance (moi le premier) et ayant assiégé le charmant Théatre Antoine en ce jour béni de Terpsichore, comprenne mal le propos qui va suivre ! A la fin de l’été François Alu annonçait la création d’un spectacle qui le présenterait « Hors cadre » comprenez libéré de toute l’étiquette pesante et ampoulée de son port d’attache : le Ballet de l’Opéra de Paris. Pour re-situer le contexte, ce danseur au charisme et à l’énergie insolents (insolente pour ceux qui défendent l’écriture inclusive) enflamme les salles de l’Opéra à chacune de ses apparitions mais reste trop souvent, aux yeux des spectateurs interloqués, cantonné à des seconds rôles et ne voit jamais arriver de nomination stellaire. La faute à son caractère explosif et son esprit rebelle et fol parait-il … L’idée semblait donc être de bâtir avec son acolyte Samuel Murez et la compagnie 3ème étage, un spectacle dans un théâtre privé (restant quand même sur la ligne 8 reliant Garnier et Bastille) lui permettant de livrer sans contrainte sa personnalité à ses admirateurs. Que croyez vous qu’il arriva ? …  Lire la suite « François Alu Hors cadre … et hors sujet? »

ROMEO ET JULIETTE … l’avenir est à construire

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Le hasard fait parfois bien les choses : en programmant son Romeo et Juliette créé en 2009, Charles Jude, directeur du Ballet de l’Opéra de Bordeaux depuis plus de 20 ans n’imaginait sûrement pas que ce serait avec le plus personnel de ses ballets montés pour la compagnie que se terminerait son mandat passionné. Poliment conduit vers une retraite anticipée par une direction générale dont les intentions envers la danse semblent aussi franches qu’une accolade de Tartuffe, ses fonctions se sont en effet arrêtées lors de la première de cette belle série. Le hasard fait souvent bien les choses … cette série a permis de montrer comment après une période un peu bancale suite aux départs de certains piliers il y a quelques années, la compagnie sous l’impulsion de son directeur a su retrouver des solistes et un corps de ballet capables de défendre dignement son rang parmi les rares compagnies à pouvoir proposer ce genre de répertoire dans des productions de qualité.  Lire la suite « ROMEO ET JULIETTE … l’avenir est à construire »