Don Quichotte … version Charles Jude

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Bordeaux, devenant parisienne grâce à la LGV,  a donc décidé de se caler sur la programmation de sa grande soeur pour les fêtes de fin d’année et propose, elle aussi,  un Don Quichotte sur la scène de son Opéra National. Charles Jude, retraité de la direction du ballet de ladite maison, y lègue sa version de l’oeuvre, subtil mélange de respect de la tradition et d’émancipation surréaliste ; le rôle titre devenant ici un esprit illuminé proche d’un Salvador Dali en armure. Si le spectacle est enlevé et fait passer une belle soirée, à y regarder dans le détail on décèle rapidement les points faibles que le nouveau directeur aura à corriger pour maintenir la qualité qu’exige une compagnie classique destinée à défendre le répertoire du grand ballet narratif. 

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La trame du ballet reste inchangée : Don Quichotte en quête de sa Dulcinée, sorte de muse/amante imaginaire et fanstamée croise sur son chemin Basilio et l’espiègle Kitri qui s’aiment et voudraient se marier contre l’avis de Lorenzo, le tuteur de la belle castillane (oups pardon …catalane … il semble que l’action se déroule à Barcelone). Celui ci préfèrerait tirer profit du mariage de la jeune fille en la donnant à Gamache, riche bourgeois de la ville. Don Quichotte croit voir en elle sa Dulcinée … profitant d’un moment de confusion sur la place de la ville Basilio et Kitri s’enfuient rapidement poursuivis par Lorenzo et Gamache en colère, Don Quichotte énamouré et enivré de ce parfum d’aventure et Sancho, son valet. A la faveur de la nuit, les deux amants débarquent dans un camp de gitans qui, sensibles à leur histoire, les cachent tandis que les autres arrivent. Lorenzo et Gamache sont orientés dans une fausse direction tandis que Don Quichotte retombe en extase devant Kitri. Habilement, le chef des gitans la substitue par une belle gitane. Don Quichotte ne voit pas cet échange d’un bon oeil et lance l’assaut sur le camp. S’attaquant à un moulin à vent, sa lance se prend dans le rouage entrainant le malheureux qui retombe du haut du moulin. Assommé, il a une vision : au pays des dryades, Cupidon lui livre Dulcinée. A son réveil, c’est Sancho qu’il a face à lui … Ragaillardi, il se relance à la poursuite de sa muse. Se croyant sauvés, Basilio et Kitri retrouvent leurs amis au bar à tapas du coin … ils sont rapidement rejoints par les deux rabats joie. Basilio, comprenant que son mariage est définitivement compromis, fait mine de se suicider. Kitri demande alors à Don Quichotte arrivé sur les lieux d’obliger son père à lui accorder un mariage posthume … celui ci accepte et voila déjà Basilio qui bondit bien vivant. Gamache, furieux,  est chassé du bouiboui et le mariage peut avoir lieu. Don Quichotte, comprenant que Kitri n’était pas son élue, repart pour de nouvelles aventures.

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Charles Jude donne à son personnage les traits d’un Dali auquel la scénographie fait quelques allusions. Tout s’articule autour d’un fragile équilibre entre le rêve, le fantasme éveillé et la vie réelle représentée par les scènes de foule. Kase Craig, vu les deux soirs, a du mal à faire ressortir cette profondeur d’esprit mêlant la nostalgie d’un monde passé (les grandes épopées chevaleresques) et l’imaginaire créatif et déconnecté du monde d’un Don Quichotte, véritable puits de culture qui peint, qui rêve, qui se perd dans la lecture. Sans pencher ni d’un côté ni de l’autre, il livre un personnage un peu pâlot qui se laisse porter et devient du coup un personnage de second plan alors qu’il devrait faire vivre cette histoire au travers de son regard illuminé dont, nous spectateurs, partagerions la folie, seul filtre garantissant que toutes ces caricatures hispanisantes ne soient pas une simple espagnolade mais plutôt un fantasme d’Espagne, que les moulins soient vraiment terrifiants, que ces décors aux accents (encore une fois) surréalistes soient perçus comme tel.

Faute d’être entrainé par l’interprète dans cette direction là, le spectateur s’intéresse de manière plus « basique » à l’intrigue de Basilio et Kitri dans une Espagne qui parait du coup caricaturée à grand coup de plat à paella par ce qui reste de la version de Marius Petipa et du gout de l’époque pour la charlotade version chorizo, tortilla y sangria. Déferlement donc de toreros de pacotille, de diseuses de bonne aventure enfoulardées, de gitans et autres goyescas … Et malheureusement l’impression générale est qu’il faudrait d’urgence organiser une sortie du corps de ballet en Espagne !! (ça sert aussi à çà les tournées monsieur l’administrateur !)

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Si l’on passe au premier acte sur les quelques approximations techniques dans les ensembles masculins par ailleurs assez peu raccord (défaut flagrant sur la première date, mieux réglé sur la seconde) et surement pas à imputer uniquement aux interprètes mais plus au rythme effréné d’un chef qui semblait avoir peur de finir après le dernier tram ou qui, déjà atteint par la traditionnelle gastro-entérite des fêtes de fin d’année, avait peur de ne pas garantir l’intégralité de son froc avant la fin de l’acte, il n’en ressort pas moins que l’incarnation des personnages n’y est pas du tout. Un membre du corps de ballet a t’il déjà vu un torero, une danseuse de flamenco, une belle sévillane ??  difficile de croire que oui !! Si dans les toréros, UN (sur les 6 et l’espada) a cette attitude noble, cette prestance virile et orgueilleuse et rappelle les toreros peints par Buffet ou le plus local Jean Ducasse, les autres ne renvoyaient pas cette morgue, ce côté majestueusement hautain qui fait un torero. Ce manque de préparation à l’appropriation intrinsèque du rôle fut particulièrement frappant chez Marin Jalut-Motte, totalement dépassé dans le rôle de l’Espada. Outre les difficultés techniques dévoilant par moment la verdeur du jeune et élégant danseur remarqué dans Suite en Blanc mais envoyé au casse pipe dans ce rôle redoutable, on ne peut que déplorer l’absence évidente de tout encadrement  dans la construction dramatique du personnage. Austin Lui, plus aguerri, se tire avec plus de bonheur des pièges de chacune des variations du chef des toreros et propose un personnage plus « couillu », plus viril et tout de suite plus crédible. Le problème est le même pour la fille des rues : cette fille est une sorte de Carmen, une fusion de tout ce que la femme peut inspirer de désir, de sensualité, de force attractive ; c’est le pendant ovarien de ce que l’Espada doit avoir de phallique. Laure Lavisse, part déjà avec le défaut d’être blonde ce qui sur la grand place de Barcelone est un handicap, mais jamais on ne devrait lui laisser passer en répétition cette sorte de Willis ibérisée qu’elle propose. en la ré-orientant vers la Carmen de Roland Petit par exemple. Techniquement elle est bien évidemment parfaite mais elle n’est pas la fille des rues. Anna Gueho, se lâche plus, se montre plus entreprenante et s’avère plus convaincante en séductrice capable de mettre tous les gars de la place dans les froufrous de son jupon ; aussi lui passe t’on quelques « faux pas ». Tout ces défauts dont le reproche doit être fait aux répétiteurs font que l’acte 1 manque de punch, de gouaille et de crédibilité malgré toute la fausse énergie que dégage une partition réglée sur un métronome décidément complètement hors de contrôle.

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L’acte 2 est plus convaincant sur les deux dates. Austin Lui est un chef des gitans débordant d’énergie et insuffle à ses variations tout le charisme qu’il faut au personnage. Neven Ritmanic rayonne dans ce rôle taillé sur mesure : l’oeil diablement sombre, il explose dans ces sauts, irradie de testostérone et ne fait qu’une bouchée du rôle … et face à ce bouillonnant chef de tribu on se prend à le rêver en Spartacus (s’il faut une idée pour la prochaine saison). Si Emilie Cerruti est une gitane de laquelle ressort quelque chose de puissant et mystérieux il lui manque peut être ce je ne sais quoi de ce que les danseurs flamenco appelle le duende ; cette lueur d’inspiration qui fait que tout devient magique. Stéphanie Roublot est toujours aussi troublante dans ce rôle : séductrice, inquiétante, envoutante elle dégage dans sa variation toute une palette d’émotions renvoyant à ce que l’inconscient collectif attend d’une gitane. Laure Lavisse se transcende en reine de Dryades tandis que Marina Kudryashova, à la technique pourtant parfaite (superbes fouettés arabesques) paraît un peu moins vaporeuse.  Alice Leloup fait de Cupidon une parfaite allégorie de l’Amour, tout en finesse et légèreté alors que Diane Le Floc’h plus (trop?) souriante y apporte davantage la notion de plaisir et de frivolité , illustrant parfaitement tout l’univers des possibles quand on interprète un rôle.

Du côté des rôles de caractère, ce n’est que du bonheur en rutilants lingots et le trio Sancho, Lorenzo, Gamache détourne bien souvent les regard dans le coin de la scène !! Pierre Devaux est un Lorenzo hilarant du début à la fin. Bourré de tics, bourru et bougon mais finalement au grand coeur, son personnage vit en permanence. Guillaume Debut incarne un Sancho aux faux airs de Jacques Villeret, glouton, coureur de jupons… Tout est prétexte à des mimiques à vous faire pouffer de rire ; le coup de grâce étant porté quand il fait mine de jouer de la harpe sur la variation finale de Kitri. Alexandre Gontcharouk joue les marquis pincé et snob avec talent. Son Gamache est une petite perle, son jeu est juste et jamais surfait. Chacune de ses apparitions est d’un comique assuré. Truculents et désopilants, ces trois là sont des pépites dont le don pour la comédie pourrait être mis à profit au sein de la compagnie dans l’approche théâtrale des rôles dans le corps de ballet.

Enfin les couples principaux s’avèrent inégaux. Le duo Sara Renda / Roman Mikhalev fonctionne bien même si le côté un peu trop « peste » et enfant gâté que donne l’étoile à sa première Kitri en la surchargeant de roulements d’yeux, de coups d’éventails et de moues boudeuses, sonne faux face à un Basilio plus mature et peu enclin à chahuter. Elle apporte toute sa jeunesse au rôle qui semble ce soir là malgré tout un peu lourd pour elle et la verra flancher sur ses derniers fouettés (ce qui en soit n’est pas bien grave car on pardonne tout à son sourire) ; il lui manque surement encore un peu de maturité pour aborder son personnage de manière moins frontale et primaire. Roman Mikhalev surprend encore dans ce rôle ; partenaire fiable (les deux portés à bout de bras !!), attentif et attentionné il livre des variations d’une sobre élégance et d’une belle légèreté. Le couple Oksana Kucheruk/Oleg Rogachev est moins assorti. L’impression immédiate est que l’étoile dirige son partenaire de bout en bout et qu’il doit se plier à sa façon de faire. Elle l’intimide et cette impression est tellement forte que l’on a du mal à voir leur personnage exister. Oksana Kucheruk parait métamorphosée dans ce rôle ; d’ordinaire froide et immatérielle, elle s’empare à bras le corps de Kitri et se l’approprie à merveille. Souriante, virevoltante, insouciante et libre, elle survole toutes ses variations avec pour seul défaut de relever ses épaules et de pencher à gauche dès que son partenaire la fait tourner. Oleg Rogachev est peut être trop princier pour être un Basilio crédible ; là encore un travail plus en profondeur aurait surement pu le faire changer de cap. Il n’en démérite pas pour autant sur le plan technique réalisant comme à son habitude un parcours sans faute.

L’ombre au tableau fut le chef d’orchestre : Nicolas Brochot ayant surement trempé son métronome dans un bain d’amphétamines  avec pour effet des tempi in-dansables semant une belle zizanie sur scène. Alors certes la musique était vive et entrainante, l’Espagne était bien là … mais à quel prix !

En résumé car jamais article ne fut si long , le spectacle est superbe, on en prend plein les yeux mais par pitié chers maitres de ballet, répétiteurs et nouveau directeur travaillez avec toute la compagnie l’interprétation car un ballet c’est une histoire et des personnages à qui il faut donner vie et pas seulement du mouvement.

Don Quichotte (Minkus chor. C Jude) – Opéra National de Bordeaux – Mercredi 20 & Jeudi 28 Décembre 2017

Crédit Photo Julien Benhamou    http://www.julienbenhamou.com

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5 réflexions sur “Don Quichotte … version Charles Jude

  1. Bonjour, j’ai vu le ballet et j’ai apprécié, contrairement à vous. C’est bien cela l’art et le spectacle : cela peut plaire ou non.
    En revanche, il serait plus habile et plus honorable de faire une telle critique si négative sans faute d’orthographe… cela donne plus de crédibilité.

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    1. Madame,
      à la relecture de ce compte rendu il ne me semble pas avoir écrit que « je n’ai pas aimé ou apprécié le spectacle » ce qui en soit n’aurait d’ailleurs pas été bien problématique car comme vous le dites c’est un peu le principe de l’Art que de faire ressortir le goût de chacun. Cette critique n’a donc rien de « si négatif » vu les nombreux superlatifs enthousiastes que j’y utilise pour beaucoup de rôles ! je ne fais que souligner ce qui me semble être une dérive potentiellement dangereuse que je ne fais que ressentir en tant que spectateur et dont je n’ai qu’une impression subjective : l’accompagnement du corps de ballet dans l’interprétation au sens théâtral et dans l’appropriation des caractéristiques des personnages interprétés me semble faire défaut dans cette production.
      Je pense avoir corrigé les fautes d’orthographe que vous me signalez et vous remercie de la lecture si attentive de mes propos … s’il en reste n’hésitez pas à me le dire voire même à me faire parvenir une correction.
      Mais s’il vous plait, que vous ne soyez pas d’accord est une chose que j’accepte totalement et je serais ravi de lire votre vision des choses si vous souhaitez en débattre (vous avez mon adresse mail sur la page), en revanche, essayer avant de corriger mes fautes de frappe (regrettables je vous l’accorde) de bien comprendre le contenu de mes propos … et ne pas attribuer un ton « si négatif » et me faire dire que je n’ai pas aimé le spectacle quand le fond de mon article dit foncièrement le contraire.

      Cordialement,

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  2. « Laure Lavisse, part déjà avec le défaut d’être blonde ce qui sur la grand place de Barcelone est un handicap »

    Bonjour,

    nous avons un point commun, l’importance d’être en accord avec soi même et pour être en total accord avec moi même je respecte ma couleur de cheveux de naissance (le blond!) mais je n’avais encore jamais lu ou même entendu pendant mes 20 dernières années de carrière que cela pouvait être un défaut qui se transforme rapidement en handicap!
    Je respecte votre avis concernant la danse (bien que je ne sache pas si vous avez de réelles références en la matière) mais en ce qui concerne vos attaques purement physiques, votre avis me semble agressif. Au delà d’une couleur de cheveux, quelle aurait été votre réaction si ma couleur de peau n’avait pas été adaptée au rôle ? ou encore mon poids ? auriez vous eu les mêmes propos ? cela aurait il été politiquement correct? votre réponse m’intéresse et je ne manquerai pas d’y prêter une grande attention…
    Pour information, les deux princesses d’Espagne et donc la future Reine sont à ce jour très très blondes… Sont elles pour autant handicapées dans leurs futures fonctions ?

    Bien cordialement

    Laure Lavisse

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    1. Bonjour,
      si je devais répondre avec la pointe de cynisme, de second degré et d’humour grinçant qui caractérise ma façon d’écrire à laquelle vous aurez été sensible si vous avez parcouru d’autres articles que celui que vous commentez de manière épidermique, je vous répondrais que la blondeur de la future Reine d’Espagne inquiète le pays et est secrètement en partie responsable de la demande d’indépendance de la Catalogne qui voit d’un oeil angoissé l’avènement prochain au trône d’une telle curiosité capillaire en pays ibère et en plus d’une fille pour couronner (sans jeu de mot) le tout !!
      Mais les mauvaises intentions que vous avez cru déceler dans cet article et le fait que ce plaidoyer vienne de vous, dont j’admire depuis de longues années la carrière bordelaise, me pousse à m’expliquer de manière plus posée et dépourvue d’artifice oratoire sur ce malencontreux rapprochement stylistique entre « blondeur » et « handicap ».

      Mes références sont fort modestes si je m’en tiens au seul spécialiste de l’espagnolade que je connaisse Georges Bizet et son insupportable Carmen et à de vagues connaissances psychanalytiques sur les archétypes et l’inconscient collectif (je vous conseille à ce propos la lecture des travaux passionnants de C G Jung) mais autant l’un que l’autre me poussent à croire que si l’on parle d’une fille des rues espagnole, on visualise immédiatement une sauvageonne brunette plus qu’une blonde diaphane … et ce n’est pas anodin que le premier ait choisi la blonde Michaela pour contrebalancer sa brune Carmen … « ce n’est pas ma faute » (réminiscence des Liaisons dangereuses, Merteuil lettre LCXI). Il n’y a aucune agressivité voulue dans mes propos : juste le constat que dans tout art basé sur l’interprétation, celui qui doit incarner un rôle dont son physique l’écarte de ce qu’attend inconsciemment le spectateur dans ce personnage, devra relever un défi autrement plus difficile pour convaincre que celui qui, même mauvais acteur, aura la tête de l’emploi. Familier du monde lyrique, je ne suis que trop coutumier des physiques ne correspondant pas aux personnages (et n’y voyait surtout aucune discrimination sur le poids ou l’âge). Souhaitant vous faire sourire et rattraper ma maladresse je vous avouerais que l’an passé le Vicomte a apporté par écrit son soutien au soliste du Royal Ballet, Edward Watson, lassé d’être sans cesse présenté comme un roux à la peau de pêche dans la presse. Que vous soyez blonde, rousse ou même chauve, quand vous dansez je m’en fiche. Que vous n’ayez que deux bras et pas de paires d’ailes quand vous êtes une Willis ne me traumatise pas car quand je VOUS vois, je vois une Willi.

      Ma critique, et j’entendais hier dans une rediffusion d’entretiens avec Jean Louis Barrault, que la contestation ne fonctionne que si on aime la personne (et j’ai pensé à vous car je venais de lire votre message) : ma déception venait du fait que sachant que vous étiez à contre emploi en quelque sorte dans ce rôle, je trouve qu’il y a manqué dans votre interprétation (que cela vienne de vous ou de ceux qui vous ont fait travailler je ne peux pas le dire) ce petit plus qui m’aurait permis de voir une danseuse des rues espagnole et pas Laure Lavisse qui danse. Pour couper court à toute autre polémique sur le manque d’interprétation qui est le reproche majeur que je fais à cette série, quand je dis que les toreros ne sont crédibles, il n’y a aucune attaque sur un manque de virilité de l’interprète en ce qu’il est lui directement (cela serait le comble pour le joyeux vicomte que je suis!) il leur manquait juste ce que dans le jargon tauromache on appelle la « planta » torera , un mot difficile à traduire mais qui parle de l’allure générale, de la façon de se tenir.
      Je suis désolé donc que vous ayez vécu cette phrase comme une attaque physique cela n’était pas mon intention. Pour le reste de l’article je pense avoir justifié chaque réserve émise et éviter dans tous mes écrits de faire des remarques désobligeantes gratuites.

      Concernant le « politiquement correct », je pense que mes prises de position vous montrent suffisamment que je m’en soucie assez peu et que je dis ce que j’ai à dire.
      Enfin je serai ravi de discuter avec vous de ce que vous appelez « mes références » en matière de danse ; je n’ai en effet aucune légitimité professionnelle pour porter un jugement, chose que je m’abstiens de faire (lisez la page d’accueil et vous comprendrez le but de ce site) juste quelques années de spectateur assidu et passionné…
      Mais je n’ai aucun problème avec la blondeur : Myriam Ould Braham est une belle Kitri Blonde mais j’avoue que je n’ai jamais autant apprécié Karl Paquette que teint en brun dans le Carmen de R Petit …

      Sur ce, revoyant mes cheveux blonds de quand j’étais enfant, je cours me renseigner sur mes éventuelles prétentions au trône d’Espagne

      J’espère vous avoir convaincu qu’il n’y avait aucune agressivité ou délit de faciès dans mon propos surement mal écrit.
      Avec mes amitiés

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