Jephtha … le retour sur terre de Claus Guth

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Chat échaudé craint l’eau froide … et spectateur satellisé craint le retour de Claus Guth à la mise en scène après sa mise en orbite de Puccini ! aussi allions nous sur la pointe des pieds voir le pourtant très attendu Jephtha, un des ultimes oratorios de G F Handel ; très attendu car rare : imaginez que cela faisait 59 ans que l’oeuvre n’avait pas été donnée sur la scène de l‘Opéra de Paris, autant dire que c’est l’opéra qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie … il fallait donc y être même avec la crainte d’assister une nouvelle fois à un sabotage en bonne et due forme. Et bien non !! à croire que le sujet n’a que modestement inspiré le metteur en scène allemand qui est resté sage et assez peu loquace face à ce récit biblique. Et il faut bien l’avouer, des fois, le manque d’idée fait du bien et permet de voir et ressentir l’oeuvre d’un compositeur pour ce qu’elle est et pas pour ce qu’on voudrait qu’elle soit. Une regain de justice en quelque sorte…
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Après la pluie … huis clos fumant

APRES LA PLUIE - Belbel - Baur - Theatre du Vieux-Colombier - Comedie-Francaise

Ecrite en 1993 par Sergi Belbel, Après la pluie est proposée de manière assez surprenante par la Comédie Française que l’on n’attend pas forcement dans ce registre mais qui (j’allais dire « une fois encore ») affirme ses infinies ressources et son adaptabilité à de nouveaux terrains. Huis clos en plein air, ce qui est déjà un petit exploit, cette pièce pourrait paraitre déjà has been et cliché (ce qui était un futur post-moderne dans les années 90 est presque une réalité), pourrait aussi passer à côté d’une actuelle sensibilité française décalée par rapport à la mouvance espagnole de l’époque (on flirte avec les plus déjantés des Almodovar) mais l’habile mise en scène de Lilo Baur et un plateau de comédiens sans cesse capables de surprendre et d’éblouir par leur maitrise de l’art théâtral réussissent à faire prendre une sauce qui tient en haleine sur l’heure 45 de spectacle. Lire la suite « Après la pluie … huis clos fumant »

Don Quichotte … version Noureev

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Dernière soirée de cette longue série de Don Quichotte à l’Opéra National de Paris et l’occasion de dédier cet épilogue riche en changements de distribution à Rudolf Noureev disparu il y a tout juste 25 ans. L’occasion de rappeler dans le bref avis déclamé en début de spectacle que l’ancien directeur du ballet restait bien présent dans le répertoire et le coeur de la compagnie… on verra ça dans la programmation de la prochaine saison (qui compterait déjà son ballet Cendrillon). Dernière soirée et un invité tout autant « de marque » que « de dernière minute » en la personne d’Isaac Hernandez, appelé un peu en catastrophe pour remplacer Josuah Hoffalt... dernière soirée et le retour d’Alice Renavand dans un grand et vrai ballet classique ! Ca sentait le beau cadeau sur le papier … et la promesse fut tenue. Lire la suite « Don Quichotte … version Noureev »

Le Comte Ory … béni des dieux

 

LE COMTE ORY -

Un Comte Ory ça ne se boude pas … surtout quand il offre l’occasion de découvrir la salle de l’Opéra Comique encore jamais visitée, quand la mise en scène est signée Denis Podalydès en collaboration scénographique et vestimentaire avec Eric Ruf et Christian Lacroix et quand la distribution s’avère aussi alléchante. Mais un Comte Ory ça peut décevoir quand on n’a dans l’oreille que la version sublime enregistrée par Juan Diego Flores ou l’autre bijou filmé au Met avec le même phénomène vocal, Diana Damrau et Joyce di Donato … C’était un peu l’état d’esprit maniaco-dépressif qui régnait avant le spectacle … mais en sortant euphorie, extase et bonne humeur pour les siècles et les siècles … Amen, amen, amen !! Un dieu fut bien parmi nous ce soir là … Lire la suite « Le Comte Ory … béni des dieux »

Don Quichotte … version Charles Jude

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Bordeaux, devenant parisienne grâce à la LGV,  a donc décidé de se caler sur la programmation de sa grande soeur pour les fêtes de fin d’année et propose, elle aussi,  un Don Quichotte sur la scène de son Opéra National. Charles Jude, retraité de la direction du ballet de ladite maison, y lègue sa version de l’oeuvre, subtil mélange de respect de la tradition et d’émancipation surréaliste ; le rôle titre devenant ici un esprit illuminé proche d’un Salvador Dali en armure. Si le spectacle est enlevé et fait passer une belle soirée, à y regarder dans le détail on décèle rapidement les points faibles que le nouveau directeur aura à corriger pour maintenir la qualité qu’exige une compagnie classique destinée à défendre le répertoire du grand ballet narratif.  Lire la suite « Don Quichotte … version Charles Jude »