Le Testament de Marie … pour en finir avec la Vierge « javellisée »

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Voila enfin une injustice misogyne réparée !  car si Marie, (oui la « mother » de Jésus), occupe une place de choix dans le paradis des croyants, ses paroles, le récit de ses actions, un bref témoignage même anecdotique de sa présence en dehors des épisodes de la Crèche et du Golgotha sont bien absents des Evangiles. Comme si un « sois sainte et tais toi » avait décidé qu’être la mère du Christ (et au delà être mère tout court) était suffisamment gratifiant et autorisait, par décision  ecclésiastique que tout sentiment humain soit extirpé du coeur de la Madonne pour qu’un avatar aseptisé et javellisé, porteur d’une humanité et d’un don de soi allant jusqu’à l’abnégation la représente pour les siècles et les siècles . Colm Tóibín y remédie de manière magistrale en un long monologue que déverse la pauvre Marie, anéantie par le désastre de sa vie et vivant recluse à Ephèse après la crucifixion de son fils. Le Théâtre de l’Odéon présente cette magnifique pièce interprétée par la miraculeuse Dominique Blanc et amène en douceur, sans blasphème provocateur à une subtile reconsidération du personnage et à travers lui de l’histoire du monde d’hier et d’aujourd’hui, ou de manière plus directe rend un hommage aux mères et au déchirement intérieur de voir partir (de manière plus ou moins radicale, et le mot est ici volontairement choisi) leur fils.  Lire la suite « Le Testament de Marie … pour en finir avec la Vierge « javellisée » »

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Balanchine, Robbins,Cherkaoui … et Ravel

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Dernière soirée typique de la marque Benji 1000ft à l’Opéra de Paris, ce triple bill, format qu’il affectionne au point de nous en avoir gavé comme des oies blanches durant son cours mandat et nouvelle preuve que sans une réflexion poussée et un fil conducteur en béton (ce qui peut paraître un peu étrange comme matière pour un fil on est bien d’accord!), ce genre de soirée est vouée à un ennuyeux échec. Et c’est ce qui se passe dans ce programme Ravel vu par Balanchine, Robbins et Cherkaoui qui pose quelques inutiles questions maintenant que la direction a changé de mains : faut il crier au génie dès que le nom de Balanchine figure dans le programme ? les critiques peuvent il ouvrir leur esprit et imaginer que le Boléro puisse avoir une vie chorégraphique après Béjart ? à force de ne plus danser qu’avec des chorégraphes déstructurant les pas classiques le ballet de l’Opéra de Paris pourra t’il encore rivaliser avec les (rares) grandes compagnies classiques internationales ? La musique peut elle dépasser la chorégraphie et l’orchestre prendre le dessus sur les danseurs ?

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