L’Heritier de Village ou Marivaux chez les Groseille

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Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux n’a pas écrit que des chefs d’oeuvre … et cet Héritier de Village publié en 1729 pour se railler notamment des déboires des victimes de la déroute du système financier mis en place dans les années 1720 par John Low, génial inventeur du billet de banque et du capitalisme et du premier crack boursier, ruinant par la même la nation française en est la preuve ! Sandrine Anglade se lance donc dans l’entreprise de monter cette pièce dont le contenu digne d’une farce de village est bien loin de la subtile analyse des coeurs des pièces maitresses de Marivaux. L’attrait des hommes pour l’argent y est ici analysée à grand coup de truelle et ça n’est pas une mise en scène dépourvue de toute finesse qui viendra redresser la barre.

L’argument est simple : Blaise, paysan au langage fleuri vient d’hériter de son frère. En chemin vers chez lui il engage Arlequin à son service car il sied à un « grand » monsieur d’avoir un laquais. Deux nobles du village apprenant la nouvelle : le chevalier et Madame Damis flairant la poule aux oeufs d’or voient soudain le paysan d’un autre oeil et envisage d’épouser l’un Colette, l’autre Colin, les enfants de Blaise. Par malheur, le banquier au lieu de faire fructifier l’argent de l’héritage se barre avec la caisse, laissant Blaise ruiné avant d’agir pu jouir de son bien. On l’a bien compris l’idée est de se moquer des nouveaux riches à travers le changement de ton de Blaise qui finit par convaincre son épouse et par l’appât de gains faciles à travers le deux nobles intéressés. La mise en scène a quelques bonnes idées notamment dans sa scénographie avec cet énorme tas de linge sur lequel est posé une machine à laver qu’utilisera Blaise pour expliquer l’interêt du placement bancaire, quelques jeux d’ombre … Mais un texte non remis au gout du jour et conservé en l’état rend les dialogues fastidieux à suivre voire incompréhensibles, le jeu plutôt brut de décoffrage des acteurs et une mise en scène très premier degré ne permettent pas à la pièce de décoller plongeant le spectateur perdu dans un ennui profond …

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S’il vous vient l’envie d’hériter, allez donc voir ailleurs … ce Marivaux oublié aurait du le rester !

L’héritier de village de Marivaux – TNBA – Salle Vitez – Mardi 7 février 2017

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