Le Bourgeois qui n’était pas gentilhomme

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« Depuis un certain nombre d’années, les artistes se sont embourgeoisés dans leurs institutions culturelles «  … ces propos, sortant, de la bouche d’une personne n’ayant aucun rapport direct le milieu artistique et assez peu de neurones pour réfléchir à ce qu’il y a en amont de deux heures de spectacle auraient pu tomber aux oubliettes … sortis, selon certains auditeurs présents à cette conférence sur les politiques culturelles, de la bouche de l’ administrateur général d’un Opéra National chargé d’épauler un directeur surement jugé trop artiste pour faire ce job administratif tout seul, fait en revanche grincer des dents … surtout en plein vent de colère dans ledit Opéra National.

« Embourgeoisés » dites vous … entendez vous par là monsieur Lombardie qu’ils se la coulent douce en profitant oisivement de la manne ô combien prolifique qui se déverse on le sait bien dans le monde culturel français ? entendez vous monsieur Lombardie qu’ils sont oisifs ces artistes qui on le sait aussi bénéficient d’un statut de fonctionnaire et peuvent rester à vie dans l’institution qui les emploient ? entendez vous monsieur Lombardie qu’ils ne donnent rien en échange du salaire surement gras et écoeurant qui leur tombe tous les mois dans la pitance ?

Alors que vous êtes chargé si j’ai bien compris une partie de votre mission, de trouver des mécènes qui, on les comprend,  semblent plutôt fuir votre institution malade de la peste si l’on en croit vos lamento plus douloureux que ceux bien trop bourgeois de la belle Didon, croyez vous que ce genre de propos soit un appel du pied incitant le riche donateur à venir cracher dans votre bassinet ? Alors que vous êtes ici pour aider ce pauvre Marc Minkowski qui se retrouve avec un joli jouet qu’il triture dans tous les sens au point de le casser pour essayer de comprendre comment le faire fonctionner, pensez vous qu’il soit utile de laisser échapper ce genre de propos quand potentiellement 13 de VOS artistes risquent de rester sur le carreau ? Trouvez vous décent quand 30  de VOS artistes usent leur corps du matin au soir en espérant qu’on continue à leur donner des programmes à danser d’user de ce ton méprisant pour parler de personnes qui seulement sur le nombre d’heures effectives de travail sont surement bien plus prolétaires que vous ? Ne trouvez vous pas honteux de dire cela quand il est de notoriété maintenant publique que pour la modique somme de quelques dizaines de milliers d’euros de plus que son « modeste » salaire vous tolérez que le directeur de votre institution se fasse plaisir à diriger (piteusement d’ailleurs) un ballet de fin d’année ? N’est il pas là l’embourgeoisement ? quand on se trouve à la tête d’un château bien doré, bien XVIIIème et que l’on l’asphyxie par manque d’intelligence culturelle et par restriction presque comique de bon sens ? Comment sinon oser dire que les artistes en contrat s’embourgeoisent alors que vous laissez s’ouvrir la saison lyrique par la plus bobo des manifestations avec blocage d’une rue, promenade du directeur en calèche sous l’oeil des badauds, cavalcade grand guignolesque et copinage à gogo autour de petits fours sous couvert du concept artistique le plus creux que l’on ait pu pondre ces dix dernières années !

Embourgeoisés les artistes ? quand ils ont leur classe le matin, leurs répétitions la journée et spectacle le soir ? qu’ils remplissent VOS salles et enthousiasment VOS clients (dont au passage on s’abstient de récupérer par une quelconque enquête le degré de satisfaction !) pour se voir tenir en retour des discours mensongers, voir leurs postes négociés avec surement moins de considération que des sacs de riz sur un marché flottant du Mékong et voir suspendre leur directeur de ballet par des procédés ne relevant pour le coup plus de la bourgeoisie mais bien d’une monarchie absolue d’ancien régime …

Il est souvent plus aisé de voir la paille dans l’oeil du voisin qu’une poutre dans le sien, souffrez cher Monsieur Lombardie, si vous avez tenu ces propos qui peuvent se défendre remis dans leur contexte mais restent totalement déplacés vu la crise que traverse l’Opéra de Bordeaux, que par ce petit billet je vous ouvre l’oeil sur votre ridicule incohérence, votre bourgeoise suffisance et mon indignation par rapport à ce que vous et vos sbires faites de l’Opéra de Bordeaux. Mais effectivement si votre but est de ne plus héberger de petits bourgeois prenant leurs aises sous les dorures de ce vieux Victor Louis chassez les bonnes personnes et envisagez qu’aussi bien pour le ballet que pour le lyrique l’avenir du théâtre dont vous avez la responsabilité est peut être plus dans la notion de troupe que dans une gestion bêtement comptable et l’absence totale de vision cohérente de l’avenir.

En réponse à des propos rapportés par certains auditeurs comme tenus par Monsieur Olivier Lombardie, administreur général de l’Opéra National de Bordeaux lors d’une conférence à Sciences Po Bordeaux le 14 février 2017

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2 réflexions sur “Le Bourgeois qui n’était pas gentilhomme

  1. Cher nombril,
    Les réseaux sociaux donnant la possibilité de dire et faire dire n’importe quoi à n’importe qui, merci de publier sur votre blog une réponse à vos bons mots qui, pour en être satiriques et ironiques, n’en sont pas moins diffamants et dénués de toute vérité, vérité il est vrai dont vous devez n’avoir que faire puisqu’il était aisé de vérifier mes propos.
    Depuis maintenant 30 ans je gère à des titres divers des institutions relevant de la tutelle du ministère de la Culture, Sciences Po et Terra Nova m’ont pour cette raison aimablement invité à m’exprimer sur la politique culturelle en France.
    En compagnie de plusieurs intervenants nous avons eu un débat que les étudiants avec qui j’ai pu converser ensuite ont trouvé riche et fructueux, les opinions contradictoires s’y sont exprimés , quelquefois vivement mais de façon courtoise .Il est vrai que nous osions exprimer nos opinions à visage découvert, que nous partagions la même passion pour les arts et la culture, et que personne ne prétendait détenir la vérité à lui seul.
    Alors oui, j’ai dit que la France pouvait s’enorgueillir de sa politique culturelle qui de Malraux à Azoulay en passant par Lang et Aillagon a permis de bâtir un maillage remarquable d’institutions culturelles sur l’ensemble du territoire et pour toutes les disciplines ainsi que des processus de financement de la production et de la diffusion artistique unique au monde.
    Oui, j’ai dit que tous les gouvernements de droite comme de gauche ont poursuivi cet effort et qu’il serait bon de s’en féliciter.
    Oui, j’ai dit que, pour autant, tout n’était pas parfait et que les dirigeants des institutions culturelles s’étaient peut-être un peu embourgeoisés, que nous devions nous remettre en cause en permanence pour continuer à améliorer la démocratisation culturelle et adapter notre offre afin de permettre à tous d’avoir accès au plus haut de la création artistique sans que ce soit uniquement une question de hausse de budget.
    Oui j’ai affirmé que la culture est une question de foi et que j’avais foi envers les artistes pour inventer, offrir et partager le meilleur de ce qu’ils sont capables de produire car l’art n’est pas une question de comptabilité et de nombre. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est capital de donner aux artistes la possibilité de diriger eux-mêmes les institutions chargés de produire les œuvres qui doivent éclairer et cultiver leurs concitoyens.
    J’ai enfin attiré l’attention des étudiants sur la méfiance qu’ils devaient développer envers les fausses informations, la fausse culture et les opinions anonymes dénuées de toute crédibilité et de légitimité que l’on peut trouver sur l’importe quel réseau social.
    Un des plus grands enjeux de notre société actuelle est de bâtir, grâce à l’action publique, des repères a tous les niveaux tout en préservant la débat et la diversité d’opinion nécessaire à toute société démocratique.
    Pour cela il faut avoir confiance en nos artistes et plus largement en nous .

    Olivier Lombardie
    Un dirigeant d’institution culturelle au service des artistes et du public.

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    1. Cher monsieur,
      Il s’avère juste que je n’ai pas entendu personnellement les propos relatés mais qu’après VÉRIFICATION (car j’ai qd même faut qq recherches) ces mots qui semblaient s’être diffusés après votre intervention à sciences po ont été entendus par certaines personnes présentes et pas relevés par d’autres !!

      Il semble à vous lire qu’ils se justifiaient dans un contexte tout autre que celui secouant l’Opera de Bordeaux …comme je n’en ai jamais douté car ces propos abrupts semblaient choquants de prime abord … cela n’enlève rien au fait que si certains « dirigeants » et programmateurs d’institutions culturelles ont pu se laisser tenter par une routine bourgeoise en aucun cas les artistes de leurs maison n’ont eu de statut privilégié leur permettent de se laisser eux même porter par une douce torpeur bourgeoise ! D’où ma réaction un peu violente j’en conviens !
      Je vous présente donc mes excuses pour cette distorsion qui je le conçois peut paraitre diffamante de vos propos qui, je le reconnaissais, étaient pris hors contexte et pouvaient se justifier repris dans le fil du débat …
      en revanche je vous remercie de rappeler avec insistance que n’importe qui peut écrire n’importe quoi sur les réseaux sociaux … cela ne semble plus choquer personne … quant au manque de légitimité des anonymes pour écrire je suis persuadé que vous ne pensiez pas à moi !
      Cela me rappelle que je dois encore écrire un compte rendu du Misanthrope … et sa fâcheuse aventure du sonnet !
      En tant que fidèle lecteur je suis persuadé que vous avez lu mes chroniques « un café avec … »
      je vous invite donc publiquement si vous souhaitez y participer

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