Die Zauberflöte … la flûte désenchantée

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Non pas désenchantée dans son message mais désenchantée dans le sens débarrassée de  ces sortilèges qui rendent hybride le dernier opéra de Mozart où l’on a toujours du mal à faire cohabiter les références maçonniques (indubitables) et les allures de conte pour enfant sur lesquelles est basé le livret de cette Flute enchantée, cette reprise n’a semble t’il pas plus enthousiasmé les critiques que sa présentation parisienne en 2014 (un an après sa création à Baden Baden). Et pourtant c’est avec un grand plaisir que je suis allé revoir cette production dont je gardais un excellent souvenir en tant que moment théâtral. Lire la suite « Die Zauberflöte … la flûte désenchantée »

Così fan tutte …épure et lisibilité

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Confier le plus « plat » des opéras de Mozart à une chorégraphe était une idée saugrenue … le livret de cette dernière collaboration du compositeur avec le librettiste Da Ponte est en effet bien peu riche en péripéties après les tourbillonnants Nozze di Figaro et Don Giovanni et les errances sentimentales, bien que subtilement décrites par l’une des partitions opératiques les plus pures du divin Wolfgang, ne semblent pas de prime abord être très propices à une illustration chorégraphique. C’est pourtant à Anna Teresa de Keersmaeker que l’Opéra de Paris a laissé le soin de proposer une nouvelle production de Cosi fan Tutte pour remplacer celle de Patrice Chéreau … et le spectateur, en l’occurence moi, de se demander comment cette chorégraphe dont le peu que j’ai vu m’a fait souffrir le martyr, saurait réussir à apporter une cohérence à cette oeuvre là où Patrice Chéreau qui reste quand même un dieu en matière de mise en scène, avait partiellement échoué… Lire la suite « Così fan tutte …épure et lisibilité »

Tree of Codes … écrasante soirée

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Je l’ai toujours dit quand le concept et la recherche d’un bel effet veulent s’imposer à la pureté et au naturel d’une émotion, le résultat ne me plait que rarement … on ne va donc pas tourner autour du pot :  Tree of codes de Wayne Mc Gregor a provoqué chez moi un ennui mortel tant et si bien qu’au bout de 20 minutes je regardais déjà ma montre, qu’au bout de 30 j’étais pris d’une douce léthargie avant que dans les dernières et salvatrices 10 minutes la musique totalement dansante de Jamie xx me fasse à nouveau me trémousser sur mon siège et me fasse penser que oui, définitivement, une soirée mousse à Garnier serait totalement décadente et géniale ! Car oui, le ballet de l’Opéra danse aussi sur la musique d’aujourd’hui de ce jeune musicien anglais qui en plus de sa carrière solo et en groupe remixe aussi et produit Drake, Adele ou Alicia Keys …  Lire la suite « Tree of Codes … écrasante soirée »

Le Bourgeois qui n’était pas gentilhomme

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« Depuis un certain nombre d’années, les artistes se sont embourgeoisés dans leurs institutions culturelles «  … ces propos, sortant, de la bouche d’une personne n’ayant aucun rapport direct le milieu artistique et assez peu de neurones pour réfléchir à ce qu’il y a en amont de deux heures de spectacle auraient pu tomber aux oubliettes … sortis, selon certains auditeurs présents à cette conférence sur les politiques culturelles, de la bouche de l’ administrateur général d’un Opéra National chargé d’épauler un directeur surement jugé trop artiste pour faire ce job administratif tout seul, fait en revanche grincer des dents … surtout en plein vent de colère dans ledit Opéra National.

« Embourgeoisés » dites vous … entendez vous par là monsieur Lombardie qu’ils se la coulent douce en profitant oisivement de la manne ô combien prolifique qui se déverse on le sait bien dans le monde culturel français ? entendez vous monsieur Lombardie qu’ils sont oisifs ces artistes qui on le sait aussi bénéficient d’un statut de fonctionnaire et peuvent rester à vie dans l’institution qui les emploient ? entendez vous monsieur Lombardie qu’ils ne donnent rien en échange du salaire surement gras et écoeurant qui leur tombe tous les mois dans la pitance ? Lire la suite « Le Bourgeois qui n’était pas gentilhomme »

L’Heritier de Village ou Marivaux chez les Groseille

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Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux n’a pas écrit que des chefs d’oeuvre … et cet Héritier de Village publié en 1729 pour se railler notamment des déboires des victimes de la déroute du système financier mis en place dans les années 1720 par John Low, génial inventeur du billet de banque et du capitalisme et du premier crack boursier, ruinant par la même la nation française en est la preuve ! Sandrine Anglade se lance donc dans l’entreprise de monter cette pièce dont le contenu digne d’une farce de village est bien loin de la subtile analyse des coeurs des pièces maitresses de Marivaux. L’attrait des hommes pour l’argent y est ici analysée à grand coup de truelle et ça n’est pas une mise en scène dépourvue de toute finesse qui viendra redresser la barre. Lire la suite « L’Heritier de Village ou Marivaux chez les Groseille »

Candide … mais oui tout va pour le mieux

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Fut un temps des metteurs en scène assez emblématiques passaient par Bordeaux et laissaient des productions d’ailleurs jamais (ou presque) reprises comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes et que l’on pouvait se permettre de n’être pas un théâtre de répertoire et de proposer chaque année des (co) productions nouvelles que l’on ne reverrait plus (pour certaines heureusement). Je repense à Robert Carsen et ses superbes Nozze di Figaro de Mozart, (non sans une certaine émotion car cette production fut mon dépucelage lyrique « live ») ou son audacieux Midsummer night’s dream  de Britten co produit avec le festival d’Aix en Provence et à Francesca Zambello qui avait livré au Grand Théatre un vigoureux Fliegenden Höllander et une controversée mais fidèle Traviata suivis à Paris d’une production historique de War and Peace de Prokofiev. C’est donc impatient que j’attendais son Candide de Bernstein déjà rodée au Glimmerglass Festival et auréolée de bons échos lors de la reprise au Capitole de Toulouse. Non pas que proposer  Candide dans une saison lyrique quasi inexistante m’ait semblé être une urgence vitale mais plutôt en me réjouissant de rentrer enfin (fin janvier il est temps) dans cette saison lyrique bordelaise et de ré-aborder ce petit bijou de la littérature que tout bon professeur de français devrait demander à chaque élève de relire une fois sorti du circuit scolaire.

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Petites virtuosités variées …

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3ème étage avait foulé le sol landais en 2006 à Vieux Boucau la patrie de Mathilde Froustey, anciennement membre du corps de Ballet de l’Opéra de Paris actuellement principal au San Francisco Ballet; quelques 10 ans plus tard, la joyeuse troupe retrouve les Landes avec un plaisir visible tant vis à vis de l’accueil d’un public en manque de sensations nouvelles que de celui des organisateurs beaucoup plus impliqués dans le montage du programme que ne le sont leurs collègues dans d’autres usines à spectacles. L’envie de Samuel Murez, presque une mission sacerdotale à en juger par l’enthousiasme avec lequel il en parle, est de proposer à travers une démarche toujours très réfléchie une adaptation contemporaine, (dans le sens « de notre temps ») de la tradition classique  dont il est issu et d’apporter un peu de déséquilibre (folie) dans un milieu gardant dans l’esprit du grand public une image austère, sérieuse et élitiste…  Il parait à ce propos amusant de voir à deux jours d’intervalle Germain Louvet et Léonore Beaulac, jeunes étoiles du ballet de l’OdP, démystifier le « danseur classique »  (et la fameuse gaine !!) dans un show TV large audience , et Samuel Murez triompher avec sa compagnie dans un petit village des Landes pas forcement rompu à l’exercice de la barre ou au travail de l’en dehors.  Lire la suite « Petites virtuosités variées … »