Un demi citron avec … Christophe Montenez

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C’est à la sortie du Petit-Maitre Corrigé de Marivaux que je cueille Christophe Montenez, jeune pensionnaire de la Comédie Française (depuis l’été 2014), bonnet bien calé sur la tête, d’un abord simple et convivial et au discours sans détour malgré sa « timidité » avouée. Cela ne surprendra donc pas qu’avec cet abord naturel et sympathique un mot plusieurs fois utilisé durant notre entretien soit « CONFIANCE ». De confiance, il est en déjà question quand il évoque son premier « maitre »,  Francis Azema qui lui a « tout » appris du plateau à Toulouse où le jeune homme fait ses vrais premiers pas dans le théâtre. On sent à la fièvre encore palpable quand il en parle que cette immersion dans ses premiers rôles fut totale et sans retenue (dans Anouilh … comme moi et presque au même âge .. toute ressemblance  avec un personnage existant et au pseudonyme nobiliaire s’arrête là !). Lire la suite « Un demi citron avec … Christophe Montenez »

Barbe Bleue …la curiosité n’est pas (toujours) un vilain défaut

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Chaque année Cenon (33) accueille le Mois de la Danse avec diverses manifestations alliant stages avec des professionnels reconnus, conférences et surtout spectacles tout type de danse confondu. Cette année offrait entre autre l’occasion de découvrir ou de revoir Barbe Bleue, ballet créé par Emmanuelle Grizot en 2015 lors du festival Cadences. Familière des grands ballets narratifs classiques qu’elle a vécu en première ligne, la danseuse étoile du Ballet de l’Opéra de Bordeaux s’est pourtant écarté de la forme traditionnelle de ces  ballets issus de contes pour enfant et a su, malgré la commande initiale estampillée « jeune public », proposer une approche engagée  de la terrifiante légende du premier hipster, comprendre bourgeois fâché avec son barbier, de l’Histoire. Lire la suite « Barbe Bleue …la curiosité n’est pas (toujours) un vilain défaut »

La Dame aux camélias …confrontation facile d’Eros et Thanatos

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C’est une lecture taillée à la machette que livre Régis Obadia dans son interprétation du chef d’oeuvre d’Alexandre Dumas. Sa Dame aux camélias n’a ni le côté mélancolique et suranné du ballet de John Neumeier ni la découpe dramatiquement percutante de l’opéra de Verdi. Son approche est frontale et assez binaire : amour et mort. La note d’intention du chorégraphe mentionne quelques succédanés à ces deux alternatives : désir, passion, secrets et trahisons. Si vous attendiez un ballet narratif, vous avez du être déçus : par chance je me suis fais depuis longtemps à l’idée que la narration pour une création contemporaine est une notion bien trop archaïque et m’étais en ce sens préparé à ne recevoir que la quintessence du récit, un peu comme Georges Clooney nous propose l’essence même du café dans une dosette Nespresso. Lire la suite « La Dame aux camélias …confrontation facile d’Eros et Thanatos »

NOBODY … angoissante virtualisation du monde réel

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Jean Personne travaille dans une agence de consulting en restructuration d’entreprise (rien que l’intitulé du métier vous donne des vertiges si comme moi vous en êtes restés à pouvoir simplement appréhender l’activité professionnelle de métiers concrets comme boucher, plombier, vendeur de shit… éventuellement notaire encore que cela reste un peu plus flou). Il est le héros d’une performance filmique définie selon le Dogme 95 établi par le cinéaste danois Lars von Trier. Lire la suite « NOBODY … angoissante virtualisation du monde réel »

Le Petit-Maître (tellement bien) corrigé

LE PETIT MAITRE CORRIGE -

Marivaux écrit le Petit-Maître corrigé et présente la pièce à la Comédie Française en 1734. Suite à une cabale, mais aussi peut être à un certain manque d’allant dans sa nouvelle pièce qui s’étire un peu en longueur, l’oeuvre est retirée de la programmation après la seconde représentation du 7 novembre … pour ne plus jamais y être rejouée !! Comme toujours, on se dit que si ces pièces, opéras, tableaux d’artistes de renom… sont restés dans l’ombre durant des siècles il y a sûrement une voire plusieurs bonnes raisons. S’il fallait en trouver au Petit -Maître cela serait sûrement une écriture un peu moins alerte que dans les autres grands chefs d’oeuvre de Marivaux avec notamment un acte 3 qui étire le dénouement jusqu’à plus soif, une peinture de la « haute société »  peut être mois anodine qu’il n’y parait à l’aube de la révolution française et un manque d’action malgré les « x » rebondissements qui peut desservir la pièce si elle n’est pas présentée avec une certaine « personnalité »

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Impressing the Czar …surprenant capharnaüm!

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Un joyeux fouillis plus ou moins poussiéreux et au milieu une pépite ! 

Quand William Forsythe propose Impressing the Czar au Ballet de Francfort en 1988, l’idée est de proposer une soirée de ballet complète en alternative à une succession de ballets isolés (format « triple bill » si cher au coeur américain). Sous prétexte de construire un ballet sur le format des classiques de Marius Petipa genre 4 actes un prologue, croulants sous de somptueux décors et autres luxueux accessoires pour éblouir le Tsar et sa Cour, le chorégraphe américain se lance dans une déconstruction de toute l’histoire de l’Art européen mais le fait dans les règle de l’Art, c’est à dire dans un ballet d’action sans action en 4 actes et 5 tableaux !!  Lire la suite « Impressing the Czar …surprenant capharnaüm! »