Même la Russie bolchévique n’avait pas osé dire çà …

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Le Ballet de l’Opéra de Bordeaux est en pleine représentation de Coppélia dans la version de son directeur Charles Jude. La compagnie s’y illustre avec une rare perfection ainsi qu’une envie de danser et une joie communicatives à en juger par les sourires des spectateurs à la sortie et l’enthousiasme lors des saluts. Et pourtant sous les sourires et les strass couve un grave problème : Sept (certains parlent de dix) postes de danseurs du ballet seront gelés (comprendre non renouvelés) l’année prochaine amputant la compagnie d’un effectif non négligeable. La cause est bien évidemment financière : « nous n’avons pas les moyens de maintenir un effectif de 39 danseurs » déclare dans le quotidien SUD OUEST le conseil d’administration de la régie personnalisée de l’Opéra de Bordeaux. Lire la suite « Même la Russie bolchévique n’avait pas osé dire çà … »

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Coppelia …on était trop sérieux il y a 17 ans

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Déjà 17 ans que Charles Jude a monté son Coppélia pour le Ballet de l’Opéra de Bordeaux. A l’époque, seul le côté kitsch et l’américanisation du propos flirtant ouvertement avec la comédie musicale, l’univers des cartoons et la magie à trois francs six sous m’avait marqué … et de là, ce ballet ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable. Le revoir régulièrement programmé n’était pas franchement source d’excitation balletomaniaque … et cette saison, son annonce pour Noel m’a paru être un rendez vous moins pire qu’une trois cent soixante quinzième dose de Casse Noisette mais bon … et puis …LA surprise !! Le Ballet de l’Opéra de Bordeaux connait depuis quelques années déjà une fructueuse phase de renouvellement et possède dans ses rangs des talents prometteurs dont certains ont déjà atteint le firmament de la hiérarchie comme la délicieuse Sara Renda qui réalise sa première saison en tant qu’Etoile du Ballet. Si le sommet de la pyramide va devoir rapidement être étoffé pour retrouver une parité homme/femme , le corps de ballet dont dispose la compagnie est à son apogée depuis l’an dernier, où une réelle maturité a pu être à maintes reprises constatée. Des « partenariats » particulièrement équilibrés se sont créés, une parfaite unité de style préservant malgré tout les particularités de chacun a su se mettre en place et une cohésion efficace et sympathique s’est installée. Et tout cela se ressent dans cette reprise de Coppélia qui devient un ballet qui ne frappe plus par son côté kitsch mais bien par sa vitalité, son humour et une sacrée dose de bonne humeur !

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La Belle et la Bête … Sois Belle et tais toi

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Après un mémorable Cendrillon, Thierry Malandain se lance dans un nouveau ballet narratif et un nouveau conte dont le thème est finalement assez proche du précédent : la gentille fille, brimée par ses soeurs qui finit par épouser le beau Prince sauvé/touché par sa pureté d’âme. En s’attaquant au conte de la Belle et la Bête, le chorégraphe et directeur du sympathique Malandain Ballet Biarritz a en tête le film de Jean Cocteau et souhaite aborder l’argument un peu « niais », il faut bien l’avouer, sous un angle plus subtil que la morale bien pensante et chrétienne initialement insufflée par Jeanne Marie Leprince de Beaumont (sortez vos serre têtes en velours!) . Lire la suite « La Belle et la Bête … Sois Belle et tais toi »

Le Lac des Cygnes … où quand la plume n’est pas toujours légère !

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La messe est (déjà) dite …

Comme à chaque reprise de cette production de 1984 que Rudolf Noureev avait construite pour l’Opéra de Paris, toute la presse plus ou moins spécialisée y va de son avis sur le « chef d’oeuvre », s’empressant souvent d’en hyperboler les charmes, oubliant régulièrement d’en souligner les lourdeurs mais rivalisant surtout dans le décorticage (ce qui semble être une obligation quand il s’agit de ballet de Noureev), de son sens psychanalytique … Alors forcement quand il s’agit de l’histoire d’un fils à maman (Siegfried) qui fait son caprice au moment de choisir une princesse de bonne famille et préfère aller guincher dans les roseaux avec une femme à plumes (Odette), se faisant au passage avoir par sa jumelle (Odile) beaucoup plus physique que platonique avant selon les versions de :

  • se jeter dans ledit lac en s’accrochant au cygne qui, ne sachant pas nager coule avec lui avec dans certaines versions la possibilité d’en ressortir ressuscité et les cheveux secs dans une apothéose digne de Walt Disney

  • voir l’animal se transformer en femme qui, hélas conserve de grands pieds palmés et chausse du 43 ce qui est assez rédhibitoire pour une princesse
  • se réveiller d’un mauvais rêve mais avec l’angoissante impression que son précepteur (Wolfang/Rothbart) envisage un peu de le coincer dans le vestiaire après sa partie de chasse (comme dans la version présentée ici)

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