Les Damnés : une révolution à la Comédie Française

160702_rdl_1461

Lourde tâche que de résumer cette secousse sismique à la Comédie Française. S’attaquer à un scénario de film était une première dans l’Illustre Maison, c’est ce qu’a proposé le belge Ivo van Hove pour le retour de la troupe au festival d’Avignon cet été et c’est avec ce coup de pied dans la fourmilière qu’Eric Ruf ouvre sa saison en tétanisant le public de la salle Richelieu. Car oui, on savait le « spectacle » violent en ayant parcouru vite fait la presse estivale pour ne pas trop en lire non plus mais c’est absolument choqué, sonné , KO que le spectateur se retrouve dans son siège à l’issue de la représentation face à des acteurs eux mêmes visiblement éprouvés aux saluts ! Avec les Damnés, la troupe de la Comédie Française entame une révolution dans sa façon de faire du théâtre qui posera surement question aux acteurs confrontés à cette aventure lorsqu’il se retrouveront sur des productions plus « conventionnelles ».

Lire la suite « Les Damnés : une révolution à la Comédie Française »

ELIOGABALO ou le « barocker » sage

 

ob_52254c_1

Le gros coup de l’Opéra de Paris

Il était audacieux de programmer en début de saison un opéra de Cavalli quasiment jamais joué (il a fallu attendre plus de 300 ans après sa création en 1668 pour voir l’opéra présenté à un public à la fin des années 90 , la création initiale de l’oeuvre ayant rapidement été suivie de son interdiction en raison du caractère un peu subversif du personnage preuve que tout n’est pas permis durant le carnaval de Venise). Il était aussi très audacieux, mais tentant il faut bien l’avouer, de faire appel à Thomas Jolly, médiatiquement révélé par son décapage des épopées shakespeariennes (Henry VI et ses 18h de théâtre au festival d’Avignon puis Richard III d’une durée plus modeste de 4H30 au Théâtre de l’Odéon) pour mettre en scène cet opéra basé sur  la fin  de règne d’un empereur romain « ado », mégalomane, à l’appétit bisexuel insatiable (mais a t’on idée de nommer empereur un garçon en pleine poussée hormonale). De ses premiers pas dans la mise en scène d’opéra et du potentiel de débordement que lui autorisait la personnalité plus que borderline du tyrannique anti-héros érotomane, il était donc légitime d’attendre un spectacle des plus baroques et rock’n’roll. Lire la suite « ELIOGABALO ou le « barocker » sage »

Désordres :… et pourtant tellement bien en place !

 

3e-etage-desordres-final-photo-karli-cadel-3
Désordres (final) @ Karli Cadel

Pour clore le festival, l’équipe du Festival Cadences a frappé un grand coup en invitant 3ème Etage, compagnie fondée par Samuel Murez avec des danseurs de l’Opéra de Paris. Ce qui est intéressant dans son idée c’est l’explosion de la hiérarchie de l’Opéra (à laquelle je suis pourtant très attachée en bon vestige nobiliaire de l’Ancien régime !!) et le mélange étoiles, premiers danseurs et membres du corps de ballet dans le but de désintégrer leur aire de jeu pour les placer dans des inspirations chorégraphiques inhabituelles sur la scène du Palais Garnier. Cette idée de rupture semble assez présente dans l’envie de Samuel Murez qui signe avec Désordres un spectacle complet qui n’est pas une simple succession de numéros comme dans un gala habituel, qui est plus qu’une soirée de ballet par son ouverture à l’expression théâtrale sans toutefois avoir un fond narratif ni être totalement abstrait et vide d’histoire … en fait c’est une forme complètement hybride capable de bousculer le spectateur et de renverser certains codes établis sans tomber dans la provocation ou le lourdingue facile, ni enfoncer des portes ouvertes comme souvent quand il s’agit de prendre du recul sur la danse classique. Tout est fait avec une grande finesse, une grande maîtrise et du coup, le public qui se trouve confronté à autre chose que ce à quoi il pouvait s’attendre en voyant l’AOC « Opéra de Paris » n’en est ni choqué ni frustré mais bien au contraire totalement captivé et séduit… et surement prêt si l’occasion lui en est donnée d’aller voir ses mêmes danseurs dans leur « maison ».

Lire la suite « Désordres :… et pourtant tellement bien en place ! »

Actéon/Didon et Enée : une leçon de musique baroque

theatregalerie-450-710x0

Le théâtre des Champs Elysées n’est pas mon théâtre parisien préféré ni pour son architecture art déco que je trouve totalement kitch ni pour son public globalement fade et trop bien élevé et encore moins pour sa programmation qui offre de superbes distributions et de beaux opéras mis en scène ou en version de concert mais selon un calendrier totalement inadapté au passionné qui n’habite pas la capitale. Une programmation parisienne pour des parisiens donc… un petit écart dans leurs habitudes a programmé ces deux bijoux baroques un samedi soir ! il ne fallait pas plus pour que le Vicomte passe outre ses réticences et s’engouffre dans une microscopique loge pour se replonger dans les splendeurs de Versailles !

Lire la suite « Actéon/Didon et Enée : une leçon de musique baroque »