Balanchine, Martins, Robbins : NYCB à Paris (suite)

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Etrange programme que cette association de ballets que rien ne semble relier !

Difficile de voir un programme du NYCB sans se retaper au moins un Balanchine : ce programme avait l’avantage de présenter des pièces que je ne connaissais pas et qui me paraissaient teintées de plus de réalisme en tout cas d’exotisme, le brave Georges se penchant ici sur les Etats Unis « typiques » d’esprit western et pourtant éloignés de cet Eldorado culturel que le pays a pu représenter pour lui puis sur une danse italienne montée en hommage à Bournonville, chorégraphe français devenu par la suite chef de file de la danse scandinave !! Y était associé un fleuron de la culture américaine du music hall : West Side Story et des pièces du directeur de la compagnie : Peter Martins.

Balanchine 

Western Symphony. Dans ce ballet le chorégraphe nous plonge dans un village du grand ouest américain avec des filles de saloon, des cow boys …Plus de collant ni de chaussettes blanches qui collent à l’image du maitre mais alors quel kitsch !! Sur une musique traditionnelle du far west tel qu’on le fantasme le ballet est construit sur un vocabulaire classique intégrant des « tics » de la danse « country ». Une fois passé le choc visuel liée au côté totalement ringard du décor et des costumes on se laisse prendre à ce rythme frénétique en enlevé et l’on se retient de pousser des « yeee-aaah » en se tapant la cuisse. Mais bon clairement çà n’est pas mon répertoire ! Sara Mearns se dégage du lot de cow girls par une danse pleine d’une personnalité forte. Le corps de ballet se montre encore assez disparate physiquement et techniquement me faisant me questionner à savoir si préférer un corps de ballet plus homogène en gabarit fait de moi un conservateur poussiéreux  !

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Tarentella. Cette courte pièce de 8 minutes est un petit bijou technique malheureusement moyennement servi par Erica Pereira et Gonzalo Garcia que je ne trouve pas assez rapides et légers. La musique est géniale et fait vivre l’Italie de manière instantanée. Le chorégraphe y allie éléments folkloriques (tambourin, dentelle sur la tête et jupe à volants) et hommage appuyé à Auguste Bournonville qui a basé son style chorégraphique sur des enchaînements de pas rapides et sautillants, plein d’énergie et dont je raffole !! L’interprétation présentée ce soir, si elle se distingue par la complicité du couple pèche par son manque de piquant … et quand on sait que la tarentelle est la danse que l’on fait pour éviter de mourir après une piqure de tarentule on saisit tout l’intérêt du « piquant ».

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Peter Martins : 

Le directeur de la compagnie, ancien danseur du NYCB s’est fait garant avec Jérome Robbins de défendre le répertoire de Balanchine à sa mort en 1983. Il est aussi chorégraphe … et comme je dis souvent à trop vouloir en faire …
The Infernal Machine n’a trouvé aucune grâce à mes yeux. Ce ballet construit sur la base d’un mouvement perpétuel réussit le pari d’être en effet infernal et l’on a de cesse d’espèrer que cela va bientôt s’arrêter. Pourtant interprété par deux danseurs tout à faits louables : Amar Ramasar et Ashley Laracey, ce pensum écrit sur une musique insupportable donne l’impression d’être vieux alors qu’il ne date que de 2002. Cette machine infernale ne dure que 7 minutes mais c’est déjà trop long pour la désamorcer

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Barber Violin concerto reste largement inspiré du style Balanchine et de l’école américaine et en ce sens ne respire pas l’originalité avec pourtant un « argument » qui est un bon point de départ. Un couple de danseurs classiques rencontre un couple de danseurs modernes, les partenaires s’échangent , des liens chorégraphiques se tissent. Cela donne un ballet plutôt poétique, en tout cas très esthétique et teinté d’humour avec notamment un troisième mouvement  totalement loufoque et captivant. Megan Fairchild, Teresa Reichlen (remarquable sur l’ensemble des deux soirées) Jared Angle et Russell Janzen (au superbe lignes classiques) se partagent la tâche de faire cohabiter leurs styles que tout oppose pour mieux les mettre d’accord.

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Jerome Robbins

West Side Story suite m’a conforté dans l’idée que je ne suis pas non plus fan des comédies musicales bien que le Fantôme de l’Opéra vu à Broadway et bientôt à Paris m’ait totalement bluffé. Ce saucissonage de l’oeuvre de Bernstein n’apporte rien au programme et ne fait pas dire « ah oui ça les américains ils le font bien » … enfin …a priori si vu l’enthousiasme du public autour de moi … Certes le numéro est plaisant mais la partie vocale est plutôt médiocre, les scènes de bagarre impressionnent la première fois mais leur répétition tourne rapidement à l’ennui. Grand fan de Robbins mais pas de çà …

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Soirée Balanchine Martins Robbins – NEW YORK CITY BALLET Theatre du Chatelet Samedi 9 Juillet 2016

Credit Photo NYCB 
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