LOUIS STETTNER : révéler l’invisible

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Ce qui frappe d’emblée dès les premiers clichés de ce Paris des années 40/50 c’est que l’on ressent le lieu, qu’on a l’impression d’avoir toujours couru dans ses rues débouchant sur le Square de Châtillon, d’avoir grandi dans ces petits matins laissant les rues désertes ; on sait d’emblée que c’est Paris… ces rues, cette lumière grise ne peuvent être nulle part ailleurs. Les prises de vue de Louis Stettner pourraient facilement tourner à la tarte à la crème nostalgique version Amélie Poulain et à la carte postale déballée au kilomètre aux abords de Montmartre …au contraire elles atteignent le sublime en diffusant l’âme de ce Paris perdu. Lire la suite « LOUIS STETTNER : révéler l’invisible »

Balanchine, Martins, Robbins : NYCB à Paris (suite)

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Etrange programme que cette association de ballets que rien ne semble relier !

Difficile de voir un programme du NYCB sans se retaper au moins un Balanchine : ce programme avait l’avantage de présenter des pièces que je ne connaissais pas et qui me paraissaient teintées de plus de réalisme en tout cas d’exotisme, le brave Georges se penchant ici sur les Etats Unis « typiques » d’esprit western et pourtant éloignés de cet Eldorado culturel que le pays a pu représenter pour lui puis sur une danse italienne montée en hommage à Bournonville, chorégraphe français devenu par la suite chef de file de la danse scandinave !! Y était associé un fleuron de la culture américaine du music hall : West Side Story et des pièces du directeur de la compagnie : Peter Martins. Lire la suite « Balanchine, Martins, Robbins : NYCB à Paris (suite) »

Balanchine en noir et blanc : prélude d’une américaine saison parisienne

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Si vous avez assisté à la soirée vous n’avez pu que me remarquer tellement j’ai été l’élément totalement atypique que vous avez pu croiser dans cette représentation regroupant des ballets emblématiques ou du moins totalement caractéristiques du style de Georges Balanchine. Balanchine ? mais si ! vous savez, ce chorégraphe russe ayant bâti sa carrière aux States à partir des années 20, une sorte d’Anna Wintour de la chorégraphie néo classique, un fétichiste du décor fait d’un cyclo bleu qui vous rappelle vos dernières vacances à Santorin, celui qui quand la compagnie n’est pas en tutu colle aux gars des chaussettes blanches remontées jusqu’au dessus des chevilles et met ses danseuses en collant académique genre oui un rien m’habille et je suis gracieuse même dans un bout de polyester/élastane. Bon vous avouerez que pour le premier ballet, le plus ancien ce soir de sa prolifique production, il était encore à tâtonner quant aux tenues à adopter … tellement indécis que finalement le gars se trouve à moitié à poil … Bon en même temps, le gars c’est Apollon, donc il peut se le permettre. Sauf que Apollon ce soir c’est Chase Finlay … prototype du beau gosse américain … et il sait ! Lire la suite « Balanchine en noir et blanc : prélude d’une américaine saison parisienne »

Soirée Forsythe : une si française Amérique

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Impossible d’échapper à la déferlante américaine en ce mois de juillet

Entre la venue du New York City Ballet dans le cadre des étés de la danse au théâtre du Chatelet, la soirée Peck/Balanchine à l’Opéra Bastille et la soirée Forsythe à l’Opéra Garnier toutes les influences de la danse américaine se partagent Paris en ce mois de juillet comme un débarquement chorégraphique sur Paris plage, comme une sorte de « sauvons le soldat Benji » qui veut montrer que la danse US c’est grave coooooool !
Je vais rompre la chronologie de mon immersion états unienne par le récit de la soirée Forsythe pour prendre plus de temps de réflexion pour vous parler du NYCB (un fidèle lecteur et ami m’ayant pour le compte rendu de la soirée Balanchine en noir et banc imposé une contrainte stylistique… avouez que ça vous rend soudain impatient de le lire) !
William Forsythe est un chorégraphe universellement connu au point que le programme de la soirée ne contient aucun élément biographique (tout le monde connait sa vie son oeuvre par coeur il faut croire!) mais nous livre la bio de ces 5 assistant(e)s qui ont planché sur la soirée. Si l’Opéra de Paris comptait éduquer son public en resituant le chorégraphe dans l’histoire, c’est raté ! Heureusement il y a la 3ème scène sur le site de l’Opéra pour donner envie au néophyte … pas convaincu ? moi non plus !!

Au programme : une entrée au répertoire : Of any if and , une reprise Approximate sonata et une création pour le ballet de l’Opéra Blake works 1 
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La Traviata : aller à l’essentiel est souvent une qualité

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Pourquoi s’offusquer d’une mise en scène aussi conventionnelle ?

C’est la question que l’on peut se poser en se remémorant la volée de bois vert qu’avait subi Benoit Jacquot lors de la création de cette production il y a deux ans et en lisant les critiques de cette troisième reprise par l’Opéra de Paris. Au bout de 458 représentations dans la « grande boutique » du mythique opéra de Verdi, on peut s’imaginer que tout a été dit et fait sur ce chef d’oeuvre ; alors pourquoi chercher midi à quatorze heures et ne pas juste aller à l’essentiel, à styliser le contenu de chacun des trois actes et à laisser le spectateur se concentrer sur la musique qui contient de toute façon tout ce qu’il faut comprendre  et retrace à elle seule toute l’évolution de la malheureuse Violetta. Et cela de manière totalement inouïe car elle arrive à nous faire avaler toutes les invraisemblances de l’acte 2 où chacun des personnages passent d’un extrême à l’autre au niveau de ses sentiments …

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