Britannicus :géniale autopsie d’une névrose

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Britannicus est l’une des pièces de Racine les plus représentées parait-il …

Cela faisait pourtant plus de 10 ans que la pièce n’avait pas été donnée à la Comédie Française et je doute que cela soit la plus connue mais bon les statistiques le disent alors ne les contredisons pas. Ce que je compte contredire ce sont tous ces mécontents qui ont reproché à cette nouvelle production sa froideur et son côté « clinique » arguant qu’ils n’avaient pas trouvé la passion racinienne dans cette mise en scène !! « Bécasses » aurait crié la monumentale Maité …Britannicus n’est pas une pièce où il est question de passion amoureuse … les personnages principaux, hormis le rôle titre, sont au contraire des personnes en manque d’amour et tout leur combat dans la pièce est la recherche de cette reconnaissance qu’ils espèrent obtenir en gagnant (ou pour gagner) le pouvoir. On est bien loin des déchirements de Phèdre ou d’Andromaque, ou même du questionnement sur la primauté de la raison d’état sur le sentiment amoureux superbement traduit dans Bérénice … dans Britannicus il est question d’aller chercher de force cet amour qui fait défaut, cette reconnaissance de l’autre nécessaire à la pleine jouissance du pouvoir.

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Le Corsaire ou comment çà dépote quand les anglais passent à l’abordage

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Tordons le cou aux intellos du ballet classique qui ne jurent que par l’approche freudienne des femmes cygnes et autres créatures ailées !!

le ballet classique c’est aussi ce genre de superproduction hollywoodienne avant l’heure (amusant d’ailleurs de voir que l’épicentre du blockbuster est passé de la Russie à la Californie en passant de la danse au cinéma) … et qu’on ne me dise pas qu’il n’y a pas d’histoire … il y en a une … certes aussi stupide que celle de la Fille du Pharaon (vision prémonitoire du Retour de la Momie) , de Paquita ou de Flammes de Paris mais à avoir eu l’occasion de revoir plusieurs versions de ce ballet en peu de temps j’ai finalement fini par trouver un semblant d’argument. Je sens que vous bouillez d’impatience ooooh novices lecteurs dont le titre de ce ballet évoque déjà pour vous mers du sud, trésors et Jack  Sparrow en collant et vous aussi balletomanes qui avez toujours regardé ce ballet comme une curiosité en vous demandant « mais pourquoi en parle t’on encore de ce ballet idiot ?!! »  Lire la suite « Le Corsaire ou comment çà dépote quand les anglais passent à l’abordage »

Le Messie : quand le corps montre l’âme

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Pour être franc, je n’avais pas gardé un souvenir impérissable

de ce Messie, musique de G. F. Haendel, chorégraphié par Mauricio Wainrot proposé lors de la saison 2006 et quand je l’avais vu programmé en fin de saison 2016 cela ne m’avait pas plus enthousiasmé que çà. Cela m’avait tout au plus permis de voir que les prix avaient augmentés de 15 euros en 10 ans … Je partais donc sans entrain particulier assister au dernier spectacle de ma saison bordelaise, le temps était lourd, ma journée avait été fatigante  … cela sentait le raté …

Et Andrea Quinn est entrée dans a fosse ! Alors on va préciser de suite à ma voisine de parterre que les femmes chef d’orchestre existent maintenant depuis quelques années et qu’on ne va peut être pas passer la soirée à dire que « quand même ça fait bizarre », « en plus elle parait toute petite », « c’est dingue quand même, une femme qui mène tout ce petit monde à la baguette » … et se concentrer sur l’ouverture sublime de cet oratorio trop injustement résumé à son Halleluia final ! Lire la suite « Le Messie : quand le corps montre l’âme »

Giselle 5 … Et si c’était moi ?

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Et si c’était moi ? … non la question n’est pas de savoir si comme Flaubert et sa Bovary, il y a en moi une part de Giselle mais bien de savoir si comme pour tous ces grands mythes je n’ai pas une vision tellement personnelle du personnage, que ma perception des interprétations qui m’ont été proposées ces derniers temps en est pénalisée. Cela serait grave pour mon « Moi affectif et émotionnel » et cela déboucherait sur une cure obligée de désintoxication gisellienne afin de pouvoir redevenir naïf et du coup plus sensible aux effets de ce nectar hallucinogène capable de faire pleurer devant des créatures semblables à des volutes de fumée et face à la manifestation miséricordieuse et posthume d’un amour pur et innocent. Vous l’aurez compris cette dernière Giselle de ma longue série n’était pas MA Giselle. Toutefois il semble bien, et c’est une bonne chose, qu’après des débuts timides , l’Opéra de Paris a fini par se ré-approprier ce ballet emblématique pourtant longtemps resté dans les tiroirs de la compagnie. Plusieurs couples étaient distribués dans les rôles titres et ce soir Myriam Ould Braham et Mathias Heymann officiaient. Lire la suite « Giselle 5 … Et si c’était moi ? »

Un café (et même deux!) avec … Fabio Lopez

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Mozart à 2 – Thierry Malandain (Crédit photo Olivier HOUEIX)

Suite à une hernie discale, Fabio Lopez décide en 2015 de mettre un terme à sa carrière de danseur au sein du Malandain Ballet Biarritz. Il a alors tout juste 29 ans et incarne suffisamment l’image et l’esprit de la compagnie pour que ses « adieux » prématurés à la scène se fassent au cours d’une soirée spéciale. C’est avec de solides bases dans le style « académico-contemporain » qu’il intègre le MBB  en 2006 ; bases acquises lors d’un été à la célèbre Juilliard School où il est admis dès sa sortie du Conservatoire National du Portugal apprenant au même moment que l’école de Maurice Béjart lui ouvre aussi ses portes. La possibilité de travailler avec l’un des derniers « monuments » vivants fait encore briller ses yeux lorsqu’il évoque les trois créations auxquelles il participé avec Béjart. En 2006, pensant signer avec une compagnie parisienne (car Fabio est un danseur des villes, capable d’ironiser sur le côté « déchu » d’un vicomte des champs), il découvre la côte basque et Biarritz lorsqu’il est retenu par le MBB. Lire la suite « Un café (et même deux!) avec … Fabio Lopez »

Giselle comme vous ne l’avez jamais entendue

 

Yuri Fyodorovich Fai(y)er fut le chef d’orchestre attitré du ballet du Bolchoi pendant 40 ans (1923-1963) , autant dire que la direction de ballet il connait çà ! Dansomanie a déniché cet enregistrement de Giselle qui contient tout ce que maintes explications de texte ne pourraient pas verbaliser…

7173GBg+OFL._SY355_De l’ouverture où l’on redécouvre une harpe, à la scène de la folie où la musique donne toutes les respirations à la ballerine et illustre à merveille la brisure qui se passe dans la tête de la jeune paysanne , en passant par une réhabilitation musicale du rôle essentiel d’Hilarion dont la pantomime est souvent bâclée sur des tempi de grand prix de formule 1 et un acte 2 complètement irréel à vous donner la chair de poule rien qu’à l’écoute cette version devrait être distribuée à tous les jeunes chefs de ballet et autres lauréats de conservatoire osant s’aventurer dans la forêt de Giselle, le soir à la tombée de la nuit …
Il existe a priori d’autres enregistrements de ce chef, ami de Prokofiev : Cendrillon, Raymonda, Don Quichotte, Coppelia, et une suite du Lac des Cygnes … courrons les dénicher
Et merci à Dansomanie pour cette découverte