Thomas Dolié, finaliste de Top Chef

image

Heureuse initiative de l’Opéra de Bordeaux ! les Midis Musicaux permettent de transformer une courte pause déjeuner en un moment de douceur dans ce monde de brute et de stress que représente le monde impitoyable du travail … enfin, j’imagine, étant Vicomte, je suis rentier et le travail est une notion que j’ai eu beaucoup de mal à appréhender malgré de longues heures consacrée à ce concept lors de profonds cours de philosophie … mais je m’égare !

Thomas Dolié avait choisi de rendre cette pause « gourmande » en bâtissant son programme sur le principe d’un menu de restaurant gastronomique alliant amuse bouches germaniques (Beethoven, Malher), entrées dans un pur style français (mélodies de Duparc et Fauré), copieux plats opératiques (airs d’Attila, Carmen, Don Carlos et Tannhauser), desserts nordiques (Hahn et divin Grieg), parcours musical subtilement parachevé par deux mélodies digestives  (Finzi, Poulenc) et un joyeux bis.Le programme était copieux et d’une belle composition, permettant au baryton de présenter les divers versants de ses talents musicaux (certains) et d’interprètes (d’une grande subtilité). Son timbre séduit d’emblée dans un chant extrait du « Aus Goethes Faust » de Beethoven et s’adapte parfaitement à l’humour (aussi surprenant que celui puisse paraitre chez ce compositeur) d’une courte mélodie de Mahler. La mélodie française met en valeur sa capacité à nuancer son phrasé avec des pianissimi surprenants apportant à son interprétation une grande sensibilité. Les choses se gâtent légèrement dans les plats de résistance notamment dans le toast du Toréador de Carmen (sorte de plat signature du menu à en juger par l’enthousiasme du public) où la voix du chanteur n’arrive pas à se projeter et reste bien souvent couverte par le piano volubile de Martine Marcuz. Celle ci, partenaire de grande qualité dans ce récital, sort totalement de son contexte et sublime le début de l’air d’Attila de Verdi « Dagli immortel vertici » qui sonne sous ses doigts terriblement contemporain. On pourra, et je le ferai! (mais cela reste purement lié à mon gout propre) reprocher un voile sur la voix, un certain feulement qui vient rompre le cours limpide et canalisé de la musicalité incontestable du baryton. On pourra lui trouver des aigus un peu tendus mais ses sons presque filés et la finesse de son interprétation rattrapent tout cela et fait que chaque plat fait frétiller les papilles. Une mention spéciale pour le touchant Zur Rosenzeit extrait des Seks Sange op48 de Grieg.

imageLe menu présenté avec simplicité par le baryton, hôte éminemment convivial, ravit  le public venu nombreux malgré un créneau horaire pas forcement favorable. Et une envie en sortant, retrouver Thomas Dolié sur scène pour approfondir la découverte de son répertoire

Thomas Dolié , récital Opéra de Bordeaux – Grand Théâtre , jeudi 21 avril 2016  

Publicités

Une réflexion sur “Thomas Dolié, finaliste de Top Chef

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s