1000 pieds de nez avant de partir

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Besoin d’un thérapeute de couple : je ne te comprends plus Benji

Vous allez croire que je lui en veux personnellement alors qu’il n’en est rien , j’ai même au départ eu une sympathie naturelle pour lui … et puis s’est installé entre nous une incompréhension grandissante au fur et à mesure que je découvrais que sous le glaçage des pages de magazines dans lesquels il apparaissait chaque mois davantage se cachait un homme dont les ambitions ne me parlaient plus, dont les projets de soirées communes ne me faisait plus grimper aux rideaux même sous les ors de Garnier, dont les déclarations auxquelles j’avais cru avant la Crise s’avèrent aujourd’hui mensongères ..

Notre couple va mal Benji … et l’annonce de la saison 2016-2017 du ballet de l’Opéra de Paris finit de me convaincre que nous ne parlons pas le même langage et qu’il valait surement mieux que nous nous séparions … Tu m’avais parlé d’une saison classique … aveuglé par ces mots évoquant pointes, tutus, déferlante romantique, prince torturé, histoire dégoulinante de sucre d’orge et de guimauve, acte blanc et brumes artificielles, je t’ai cru et bam … tu me sors la même saison que la précédente … en pire !
Loin de la profusion de grands ballets qui racontent une histoire sur plusieurs actes avec des rôles d’étoile, des rôles de caractère, des pas de trois, de six, de huits, un corps de ballet et un orchestre rutilant (ce qui semble être la vocation d’une compagnie CLASSIQUE), nous voilà à nouveau forcés de subir une saison éminement NEO classique tout au mieux, bien CONTEMPORAINE en tout cas …et pour continuer dans l’absurde entêtement, loin d’ouvrir le répertoire à des tendances RÉELLEMENT nouvelles pour secouer la crasseuse poussière accumulée dans les rideaux de velours de l’Académie Royale de Musique et de Danse (volonté revendiquée par cette direction démissionnaire ), la seconde saison proposée par Benjamin Millepied reprend grosso modo quand ce n’est pas à l’identique la recette de la saison précédente … plus de la moitié de soirées « bill » (compilation plus ou moins heureuse de deux, trois voire quatre ballets de plus ou moins courte durée)
De grands ballets classiques dansés par la compagnie : 2 … sur 15 productions ; 1 de plus avec la venue de l’Américan Ballet Theater (qui n’est surement pas la meilleure compagnie pour promouvoir ce répertoire)

Donc non Benji, je ne suis pas d’accord !! pourquoi me fais tu çà ?!

Dans le détail …

La Belle au bois dormant  (American Ballet Theater) : C’est donc une compagnie étrangère qui ouvre la saison dans un ballet pour lequel l’Opéra de Paris détient la production surement la plus fastueuse et la plus aboutie ; on comprend mal pourquoi faire venir une autre production qui, bien que plus chère encore (6 MILLIONS DE $) , est, pour l’avoir déjà vue, digne de Disney et aussi kitch qu’un bon vieux Bollywood … je m’étais bien ennuyé au Metropolitan Opera où seule ma proche voisine à la créativité capillaire ébouriffante avait réussi à pimenter ma soirée … mais j’y retournerai par acquis de conscience

Seghal, Peck, Pite, Forsythe, Balanchine, Tudor, Millepied occuperont ensuite les 3 mois  suivants … en gros les potes, les maitres et lui même … Tudor et Pite seront à découvrir avec intérêt mais est-ce inspiré de ressortir les ballets de Peck et Forsythe entrés au répertoire quelques mois auparavant et en quelque sorte proposer à des spectateurs déjà repus d’en rependre une louche ?! pas sûr … pas très inspiré en tout cas

Le Lac des cygnes : si vous voulez du tutu plateau allez y c’est votre seule chance d’en voir cette saison ! Pas forcement ma version préférée que cette lecture de Noureev mais la revoir deux ans après une reprise qui avait vu la presse spécialisée s’affoler autour de l’éclosion de nouveaux volatiles (Melle Beaulac par exemple) sera intéressant pour voir l’évolution et la maturation de leur interprétation

Impressing the Czar (Semperoper Dresden) : on avait fini la saison 2016 avec du Forsythe, commencé la saison 2017 avec du Forsythe … quoi de plus naturel et original que de commencer l’année 2017 avec du Forsythe   … Ironie mise à part il semble que ce ballet soit exceptionnel et à voir absolument (source Danse avec la plume) et l’occasion de voir de nouvelles têtes avec cette compagnie invitée ..

Tree of codes (Wayne MC Gregor) : je n’ai pas le recul pour juger mais j’aime assez ce que fait ce chorégraphe et puis un peu de contemporain ne fait pas de mal ! hahaha

Le songe d’une nuit d’été (Balanchine) : l’idée de voir enfin un grand ballet narratif de Balanchine me plait bien et semblait manquer à la compagnie parisienne contrairement à sa collègue new yorkaise bien fournie en ballet de ce genre
A bras le corps (Charmatz) : apéritif chorégraphique de 45 minutes ! sans commentaire .. il faut bien faire travailler les potes avant de partir.. c’est de bonne guerre

Cunningham/Forsythe … pour patienter avant Balanchine 3 le retour, l’incontournable Robbins et le décrié à l’époque mais qui m’avait totalement envouté Boléro de Cherkaoui

Une soirée chorégraphiée par des membres du ballet de l’opéra dont Simon Valastro qui m’avait bouleversé avec sa version intimiste de Madame Bovary sur fond de bassin d’Arcachon et le plaisir de voir une grande maison offrir sa scène aux talents de sa compagnie

La Sylphide : amateurs de tutus longs et d’effets spéciaux comme seul le ballet classique en produit (rien que les danseuses suspendues dans les arbres valent le détour) courez y c’est votre seule occasion de voir ça cette saison

Millepied pour finir la saison, dire au revoir et tant qu’à faire empocher un chèque … Lire l’à propos mentionné sur le site de l’Opéra donne déjà mal à la tête… je n’ose imaginer le contenu de ce ballet mais, joueur, j’y serai !
« On est éminemment fragmenté, et éminemment complexe, avec une structure cellulaire qui prend partout, comme une absence de racines produisant une multiplicité de racines » … si quelqu’un à un Doliprane où une explication rationnelle à ce galimatias je suis preneur

bref , 

je suis déçu et consterné de voir que cette programmation  ne fait que concrétiser ce que j’avais auguré lors de la présentation de la saison précédente … un copier coller d’une saison américaine sauf que Paris n’est pas New York loin s’en faut …

Et toi Aurélie tu parles quelle langue ?… j’attends déjà avec impatience la saison 2017/2018

 

 

 

 

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