44 ème Prix de Lausanne : Finale

Le contexte

Plus de 292 jeunes danseurs et -seuses, agés de 15 à 18 ans se sont inscrits à ce concours de réputation internationale pour décrocher une bourse d’étude dans une prestigieuse  école ou compagnie ; 74 ont été sélectionnés pour les épreuves et ont présenté, devant un jury de professionnels reconnus du monde de la danse, une variation classique et une variation contemporaine choisies dans une liste imposée ; 20 seulement ont atteint la finale et 7 ont été primés.

J’aime beaucoup suivre ce concours car il permet d’une part de replacer dans un certain contexte le mal que se donne un danseur pour exceller dans son art (car non tout ne tombe pas tout cuit comme à la Star Academy) et d’autre part permet de trouver une certaine fraicheur dans des variations archi-connues. Alors certes ce ne sont pas des professionnels, mais cela a ça de bon que de voir que certains commencent à fatiguer au bout de 2minutes ce qui rend encore plus impressionnant la résistance des professionnels capables de s’enquiller deux heures de spectacle sans broncher. Je me pose du coup la question de savoir avec quelle « grille » les jurés font leur évaluation … tous évoluant dans des sphères stratosphériques du ballet on imagine qu’il est aisé pour eux de ne voir que les défauts de ces jeunes talents et de mettre la barre technique à la hauteur des athlètes qu’ils côtoient chaque jour
Quoiqu’il en soit c’est un vrai plaisir de découvrir ces ados plein d’espoir et de passion mais surtout de talent et de pugnacité 

Les chouchous 

La série des 20 variations classiques a été marquée par une avalanche de Bayadères et de Sleeping Beauty avec 8 candidats sur 20 … Cela a l’avantage de permettre la comparaison ! Et en même temps une variation valeur sûre augmente un peu les chances de s’en sortir .. c’est ce que se dira peut être Henson MAKENSIE (Australia) en analysant son choix de la seconde variation des Odalisques du Corsaire où la malheureuse à semblé complètement perdue dans une série de pas sans logique
Si un ou deux participants ont pu me paraitre un peu « jeune techniquement » pour se présenter à ce concours, le niveau m’a paru déjà élevé pour des non professionnels avec de vrais coups de coeur sur lesquels je vais m’attarder 

Leroy Mokagtle (South Africa) 16 ans 

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Arrivé en 8ème position il réveille vraiment la finale avec une variation de la Fille Mal Gardée pleine de vivacité. Ce petit bonhomme est sans nul doute une des stars de demain. Il affiche d’emblée une banane communicative et colle une double tour en l’air et une sissone qui calment tout le monde ! Impressionnant de souplesse, de finesse et canalisant parfaitement toute l’énergie de cette variation vive et rapide , il réalise un quasi sans faute avec un aplomb déconcertant pour son jeune âge
C’est vraiment un nom avec lequel il faudra compter dans l’avenir et c’est en tout cas tout le mal que je lui souhaite 

Yu Hang (Chine) 16 ans

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Une des nombreuses à avoir choisi d’être une ombre de la Bayadère (vous savez celles qui font papier peint dans la production de l’Opéra de Paris … promis c’était le seul jet de venin caustique de cette chronique) et à s’en sortir avec succès. Sa technique est bluffante et sa dernière diagonale sur pointes est quasi-orgasmique. Son travail de bras est loin d’être déplaisant et toute sa variation est d’un très haut niveau et pleine d’une certaine noblesse totalement naturelle

Madison Young (USA) 16 ans

prix-de-lausanne-2016_Madison-Young Et encore une endormie ! mais quelle endormie !! sa variation n’est pas qu’une pièce de concours ; elle y apporte quelque chose, elle raconte quelque chose avec un sens du rythme « métronomique » tout en conservant toute l’élégance qui sied à ce rôle et cette variation de la Belle couronnée.

Elle me fera enlever de ma sélection Laura Fernandez (Suisse) qui dansait une autre variation de la Belle mais avec peut être moins de caractère malgré des lignes assez belles

Joao Pedro De Mattos Menegussi (Brésil) 17 ans  

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Son Prince Désiré n’est techniquement pas parfait (quelques déséquilibres et des réceptions hasardeuses sur ses doubles tours) mais il a dans son exécution une certaine noblesse princière et une belle amplitude … et puis au milieu de toutes ces Sleeping Belle il fallait bien un Prince … à suivre à mon avis 

Vincenzo Di Primo (Italie) 18 ans

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Coup de bluff grâce à un bon choix de variation ou vrai bon danseur c’est la question que je me suis posé … C’est clair que Don Quichotte est fait pour lui, sa variation est pleine de séduction, de gouaille et de juvénile énergie en comparaison de la variation présentée par Kim Seu (Corée) plus carrée, plus parfaite surement mais moins prenante, moins charmante ou charmeuse plutôt car il y a objectivement surement de çà dans le fait que j’ai préféré l’italien … Par acquis de conscience je suis allé voir sa variation contemporaine, histoire de finir de me faire une idée … Grinding the Teeth de Goyo Montero … et c’était habité, fulgurant .. peut être pas assez soutenu sur toute la longueur mais beau , oui vraiment … alors j’ai écarté l’idée du coup de bluff et applaudi à deux mains 

Les autres

N’ont pas démérité bien au contraire :

Carolyne De Freitas Galvao
Junnosuke Nakamure
Laura Fernandez
Kim Seu

 

 

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