Un café avec …Marc Emmanuel Zanoli

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Marc Emmanuel Zanoli – Photo Oleg Rogachev

Marc Emmanuel Zanoli a le maintien altier et noble des princes de ballet classique, leur silhouette élancée et leur air ténébreux et inabordable. A le voir arriver emmitouflé dans son manteau et sa grosse écharpe, on croirait presque voir Albrecht, errer dans les brumes hivernales vers la tombe de Giselle  … mais qu’on ne s’y trompe pas, s’il incarne l’élégance du style français made in Paris Opéra il n’en est pas pour autant le dernier à faire le pitre ce qui rend son humour pince sans rire d’autant plus efficace. Lire la suite « Un café avec …Marc Emmanuel Zanoli »

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Chère Elena Sergueievna

Comment créer une psychose « adophobe » en milieu bourgeois vieillissant

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C’est le défi que semble s’être lancé la direction artistique de la saison culturelle d’Arcachon en programmant dans cette paisible station balnéaire, née des wagons de notables tuberculeux venant y soigner leur phtisie mondaine. Le public plutôt jeune sur des évènements théâtraux plus « culturellement corrects » (on attend des bus entiers pour les Fourberies de Scapin à venir dans les prochains mois) avait un peu déserté l’endroit (lisez « n’avait pas été amené ») et c’est un reflet assez caricatural de la population de la petite Deauville qui remplissait la salle :  de la pelisse en vison, du vieux beau venant de garer son bateau, de la bourgeoise étroite d’esprit et d’orifice anal et du patriarche à la rigueur militaire et à l’ouverture d’esprit aussi large que celle d’une coquille  St Jacques en pleine tempête dans la baie de St Brieux … le sujet de la pièce de Ludmilla RAZOUMOVSKAIA allait un peu plomber l’ambiance « accolades polies et sourire POLIDENT du balcon »

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Etoiles : un couple à l’Opéra

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L’Elephant Paname, lieu multi fonctions (on y danse, on y mange, on y expose, on y vend, on y projette, on y débat …) voit ses superbes salles héberger une nouvelle exposition du 29 janvier au 29 mai 2016. Apres un hommage grand luxe à Noella Pontois, l’hôtel particulier de la rue Volney accueille un couple de danseurs : Claire Marie Osta et Nicolas Le Riche , jeunes retraités du ballet de l’Opéra de Paris situé à quelques pâtés de maisons.

Y aller ou pas ?

nicolas_le_richeAmateur de grosse et tapageuse rétrospective passez votre chemin, amateur de dates, de savoir encyclopédique et d’expos hyper-pédagogiques vous y perdrez votre temps … car ici le temps s’arrête. Le savoir fait place à l’indicible et le quotient intellectuel s’efface devant le quotient émotionnel. Il n’est nullement question de revenir sur l’incroyable rayonnement international de ce couple emblématique du ballet de l’Opéra de Paris ni de retracer méticuleusement leur carrière. Lire la suite « Etoiles : un couple à l’Opéra »

Il TROVATORE : du gothique au post moderne

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Un parti pris décrié par les critiques mais finalement efficace

Pour contourner l’affirmation (attribuée à Toscanini par certains et à Caruso par d’autres) des 4 voix d’exception nécessaires à une bonne version de cet opéra de Verdi, crée en 1853 à Rome, il serait juste de préciser qu’il faut surtout un excellent metteur en scène car celui qui décide de monter cette oeuvre à interêt à avoir de l’idée tant le livret est loin des préoccupations de l’homme moderne. Certes pour porter cette partition plutôt lourde pour les chanteurs il faut comme dans 80% des opéras :  une soprano ardente mais capable de légèreté, un ténor amoureux mais qui reste vaillant et combatif et un méchant baryton au timbre assez profond pour illustrer sa noirceur d’âme … dans le cas du Trouvère il faut en plus une mezzo au caractère bien trempé ce qui suppose des graves caverneux et des aigus vigoureux … on imagine déjà le casse tête pour le directeur d’opéra … Lire la suite « Il TROVATORE : du gothique au post moderne »

La Mangerie

Le ballet c’est bien … mais ça donne faim et quoi de mieux que de continuer à défaire le monde culturel autour d’un bon petit brunch et rebondir sur les imagepotins du devenu rituel Brunch dominical d’Il danse et il en Parle . Ce week end était parisien, je vous livre donc une adresse testée aujourd’hui dans le Marais , non loin de l’incontournable Loir dans la théière. A la Mangerie, tout se passe à la cool : le patron vous tutoie d’emblée et vous colle dans les mains un petit rhum arrangé à peine vous énoncez le nom de la réservation (car oui, il faut réserver … et même une semaine à l’avance !)… ça peut surprendre à midi trente et quasi à jeûn mais le nectar est divinement sucré et passe comme une lettre à la poste. Lire la suite « La Mangerie »

Surréaliste voyage

La plus inattendue des rencontres musicales

Comment en plein mois de février, par une noire et tempêtueuse soirée, trois talentueux musiciens baroques peuvent-ils se retrouver, dans une salle des fêtes devant un parterre attentif de 30/40 personnes dont quelques enfants (fait assez rare pour être signalé) ? surement grâce à la passion dont ils feront preuve durant tout le concert ; celle la même qui durant les dernières 24 Heures avait conduit ces membres de l’Ensemble Baroque Atlantique dans les lycées et écoles primaires du secteur pour sensibiliser leur futur public à la musique qu’ils défendent et pour montrer que l’on peut être jeune et jouer d’un instrument aussi étrange que le clavecin ou la viole de gambe. Pour montrer aussi que des compositeurs dont le seul nom aurait tendance faire fuir tant ils évoquent l’ennui, peuvent être aussi bouleversant que la dernière ballade en vogue sur Deezer. 

Comment en plein mois de février, par une noire et tempêtueuse soirée, je me suis retrouvé avec 30/40 personnes dans une salle des fêtes devant trois musiciens baroques ? Par le plus grand des hasards et la plus étonnante des rencontres car la publicité pour cet évènement a été totalement absente …par une certaine passion aussi,  pour les choses du passé, moi qui suis persuadé que le clavecin (un peu moins fan de la viole de gambe) est un instrument capable de véhiculer de belles émotions et que les noms de Bach ou Buxtehude n’ont rien d’effrayants ni de soporifiques loin de là  Lire la suite « Surréaliste voyage »

Récit du naufrage de Simon Boccanegra

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Mauvaise conscience « professionnelle »

Je suis bien obligé d’avouer ici que mon récit de cette pitoyable soirée ne sera que partiel dans la mesure où sentant poindre l’iceberg qui pourfendrait ce soir la frégate « Opéra de Bordeaux  » pourtant bien fièrement menée par un capitaine et toute sa joyeuse bande de mousaillons embarqués depuis de (trop) longues années à bord, j’ai préféré, tel le rat, quitter le navire à l’entracte, épouvanté par le tumultueux ennui qui secouait mon corps manquant à chaque nouvelle scène de me voir basculer par dessus le bastingage …
Cette envie de fuir des productions parfois bâclées, souvent sans fond, à l’habillage régulièrement pénible pour les yeux ou aux choix vocaux plus que contestables devient une fâcheuse habitude au Grand Théatre de Bordeaux … et je crois, hélas, que ma tolérance à l’ennui et mes aptitudes à l’espoir d’une vie meilleure après l’entracte s’effritent avec ma patience Lire la suite « Récit du naufrage de Simon Boccanegra »